‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 263 sur 392 · DU DAMAN-ISRAEL · texte numérisé non relu

DU DAMAN-ISRAEL

dernier fait du passage de Prosper Alpin , qu’il cite au reste en entier. Il faut donc rectifier ce que j’en ai dit moi-même, et rendre à Prosper Alpin la justice d’avoir indiqué le premier le daman-Israël, et de lui avoir donné ses véritables caractères.

Au reste, il ne paraît pas douteux que ce daman ou agneau d’Israël ne soit le saphan de l’Écriture-Sainte*. M. le chevalier Bruce dit qu’il l’a vu, non-seulement dans les différentes parties de l’Asie, mais jusqu’en Abyssinie; mais il existe dans les terres du cap de Bonne-Espérance une autre espèce de daman que M. Sonnerat nous a rapporté, et dont nous donnons ici la description. Ce daman du Cap diffère du daman-Israël'^ par plus de rondeur dans la taille, et aussi parce qu’il n’a pas autant de poils saillants ni aussi longs que ceux du daman-Israël ; il a de plus un grand ongle courbe et creusé en gouttière au doigt intérieur du pied de derrière, ce qui ne se trouve pas dans les pieds du daman-Israël. Ces caractères nous paraissent suffisants pour faire une espèce distincte de ce daman du Cap, et le séparer, comme nous le faisons ici, de celle du daman de Syrie, avec lequel néanmoins il a la plus grande ressemblance par la grandeur et la conformation, par le nombre des doigls et par le manque de queue.

Au reste, nous devons ajouter ici qu’à l’inspection seule de ce daman du Cap, nous l’avons reconnu pour le même animal que celui dont nous avons donné la description sous le nom de Marmotte du Cap, en avertissant en même temps que je n’adoptais cette dénomination que provisionnellement^ et en attendant que je fusse mieux informé de la nature et du vrai nom de cet animal ; et comme la description que j’en ai donnée est incomplète, on doit consulter de préférence celle que je donne ici; ainsi il faut rapporter à ce daman du Cap ce que nous avons dit de cette prétendue marmotte, et encore tout ce que nous donne M. Allamand, d’après M. Klockner, sur ce même animal, sous la dénomination de Jdipdaas ou blaireau de roches, en observant que par la seule conformation de ses pieds il ne doit pas être mis dans le genre des blaireaux, et que c’est mal à propos qu’on lui en a appliqué le nom. Voici ce qu’en dit ce savant naturaliste dans ses additions à mon ouvrage :

« MM. Pallas et Wosmaër croient que cet animal se creuse des trous en « terre comme notre marmotte ou notre blaireau, et cela , disent-ils, parce « que ses pieds sont propres à cette opération ; mais à en juger par ces « mêmes pieds, on serait porté à croire qu’il ne s’en sert jamais pour un c( pareil usage, car ils ne paraissent point propres à creuser; ils sont cou-

1. « Shaw et Bruce ont bien prouvé que c’est le saphan de l’Ancien Testament, que l’on a « mal à propos traduit par lapin; car il est dit du saphan qu’il habite dans les rochers, ce qui U est vrai du daman et non pas du lupin.» (Cuvier.)

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