DU DAMAN-ISRAEL
« dans le même endroit, et leur urine dépose cette substance, qui, séchée « avec le temps, prend de la consistance; cela est assez vraisemblable; « celui qui est à Amsterdam lâche presque toujours son urine dans le môme « coin de la loge où il est renfermé.
« Sa tête est petite à proportion de son corps ; ses yeux n’ont guère que « la moitié de la grandeur de ceux du lapin; sa mâchoire inférieure est un « peu plus courte que celle de dessus; ses oreilles sont rondes et peu éle- « vées; elles sont bordées de poils très-fins, mais qui deviennent plus longs « à mesure qu’ils approchent de ceux de la tête; son cou est plus haut que « large, et il en est de même de tout le corps; ses pieds de devant sont c( sans poils en dessous et partagés en lobes; en dessus ils sont couverts de « poils jusqu’à la racine des ongles. M. Wosmaër dit que ses pieds sont « nus, cela ne doit s’entendre que de la partie inférieure; quand il court « les jambes de derrière ne paraissent guère plus longues que celles de « devant; leurs pieds n’ont que trois doigts, dont deux sont toujours appli- « qués contre terre quand ils marchent; mais le troisième, ou l’intérieur, « est plus court et séparé des deux autres; quelque mouvement que l’ani- « mal fasse, il le tient toujours élevé; ce doigt est armé d’un ongle dont la « construction est singulière. M. AVosmaër se contente de dire qu’il a un « ongle courbe®; M. Pallas n’en dit pas davantage, et la figure qu’il en a « donnée ne le fait pas mieux connaître*. Cet ongle forme une gouttière «dont les bords sont fort minces; ils se rapprochent à leur origine, et « s’éloignent en avançant au devant , puis ils se recourbent en dessous et ils « se réunissent en se terminant en une petite pointe qui s’étend dans la « cavité de la gouttière presque jusqu’à son milieu. Ces ongles sont situés « de façon que la cavité de celui du pied droit est en partie tournée vers « celle du pied gauche, et en partie vers en bas; placés au bout du doigt « que l’animal tient toujours élevé, ils ne louchent jamais le sol sur lequel « il marche; il ne paraît pas vraisemblable qu’ils servent à jeter en arrière « la terre, comme M. Pallas l’a soupçonné; ils sont trop tendres pour cela. « M. Klocknera mieux vu quel était leur usage; l’animal s’en sert pour se « gratter le corps et se délivrer des insectes ou des ordures qui se trouvent « sur lui; ses autres ongles, vu leur figure, lui seraient inutiles pour cela. « Le Créateur n’a pas voulu qu’aucun des animaux qu’il a formés man- « quât de ce qui lui était nécessaire pour se délivrer de tout ce qui pour- « rait l’incommoder.
« On voit sur le corps de notre klip-das quelques poils noirs parsemés, « un peu plus longs que les autres; c’est une singularité qui mérite d’être « remarquée; cependant je ne voudrais pas conclure avec M. Pallas que
a. Celui quia traduit ce passage pour M. de Buffon, s’est trompé en disant que c’est le doigt du milieu qui a cet ongle ; il aurait dû dire le doigt intérieur, comme il y a dans le texte hollandais.
b. Voyez ses Spicilegia zoologica. Fascic. ii, tab. ni, fig. 4.
ADDITIONS
« ces poils peuvent être comparés aux épines du porc-épic; ils ne leur « ressemblent en rien.
« La longueur du corps de cet animal, que M. Klockner a observé à « Amsterdam, est, depuis le museau jusqu’à l’anus, de onze pouces trois « quarts; celui que j’ai placé au cabinet de notre Académie n’a que dix « pouces ; mais celui qui a été décrit par M. Pallas était long d’un pied « trois pouces trois lignes; et la longueur de sa tête égalait trois pouces « quatre lignes; celle de l’individu d’Amsterdam n’était que de trois pouces « et demi.
«Les femelles de ces animaux n’ont que quatre mamelles, deux de « chaque côté , et si elles font plusieurs petits à la fois, comme il est très- « vraisemblable , c’est une nouvelle confirmation de ce qu’a dit M. de « Buffon; savoir, que le nombre des mamelles n’est point relatif, dans « chaque espèce d’animal, au nombre des petits que la femelle doit produire « et allaiter. »
LA MARMOTTE DU CAP DE BONNE ESPÉRANCE [suite).
Nous avions donné à cet animal le nom de marmotte du Cap , d’après Kolbe et M. Wosmaér, parce qu’en elM il a quelque ressemblance avec la marmotte; cependant il n’est point du genre des marmottes, et n’en a pas les habitudes; mais M. Allamand nous a informés qu’on appelait klipdas ce même animal, auquel on donnait aussi le nom de blaireau des rochers. Nous l’avons fait dessiner de nouveau d’après la figure qui nous a été envoyée par ce célèbre naturaliste, et nous avons adopté le nom de klipdas *, parce qu’en effet il n’est ni du genre des marmottes, ni de celui des blaireaux.
M. le comte de Mellin, que nous avons déjà eu occasion de citer avec éloge, m’a envoyé la gravure faite d’après le dessin qu’il a fait lui-même de cet animal vivant, et il a eu la bonté d’y ajouter plusieurs observations intéressantes sur ses habitudes naturelles. Voici l’extrait de la lettre qu’il m’a écrite à ce sujet.
« Monsieur le comte a donné l’histoire d’un petit animal auquel il donne « le nom de marmotte du cap de Bonne-Espérance. Permettez-moi, mon- « sieur le comte, de vous dire que cet animal n’a dans ses mœurs aucune « ressemblance avec la marmotte. J’en ai reçu une femelle du cap de Bonne- « Espérance qui vit encore et que j'ai donnée à ma sœur, la comtesse Borke, « qui l’a présentement depuis quatre ans. Je l’ai peinte d’après nature, et « j’ai l’honneur de vous envoyer une gravure faite d’après cette peinture, « et qui représente ce petit animal très au naturel. Celle qui est dans votre
I . Ce klipdas est encore le daman ; et, s’il y a plusieurs espèces de damans ( voyez la nomenclature de la page 452) , c’est le daman du Cap [hyrax capensis).