‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 267 sur 392 · Voyez la note de la page 310 du III' volume · texte numérisé non relu

Voyez la note de la page 310 du III' volume

DE L’HIPPOPOTAME

« légère et plus facile à être transportée; c’est par cette raison que je n’ai « trouvé la peau, vers l’épine du dos, épaisse que d’un pouce en y passant « un poinçon.

« Les doigts étaient garnis d’ongles; la peau entre les doigts était fort «ample, et je crois que les pieds de cet animal , lorsqu’il était vivant, « étaient plutôt plats qu’arrondis. Le talon, qui se retire en arrière et en « liant, paraît très-propre à nager; le sabot, quoique épais et durillonné, (S est néanmoins flexible,

« On m’a dit que cet hippopotame était fort avancé dans les terres du « Cap, et même près de l’endroit nommé les montagnes de neige, lorsqu’il a « été tiré par un paysan nommé Charles Marais, d’extraction française. Ce ; « paysan en a fait tenir les peaux à M, de Plettenberg, gouverneur du Cap,

« qui les a envoyées à S, A, S, Ce rapport m’a été fait par un neveu de « C, Marais, qui se trouve à Amsterdam, Suivant le dire de cet homme, « qui assure le tenir de la bouche de Marais même, l’hippopotame est fort « agile à la course, tant dans la boue et la fange que sur la terre ferme; et , « il court si vite que les paysans, quoique bons chasseurs, n’osent tirer sur

j « lui lorsqu’il se trouve hors de l’eau. Mais ils l’épient au soleil couchant :

« alors cet animal élève la partie supérieure de la tête hors de l’eau, tient « ses petites oreilles dans une continuelle agitation pour écouter s’il n’en- « tend aucun bruit. Lorsque quelque objet qui peut lui servir de proie se I « fait voir sur l’eau, il s’élance sur lui, et part comme une flèche de l’arc, « pour s’en rendre maître. Tandis que l’hippopotame est occupé de cette « manière à écouter en nageant ou flottant sur l’eau, on cherche à le tirer « à la tête. Celui que j’ai empaillé avait été tiré entre l’œil et l’oreille droite; « et le jeune, qui estplacé de même au cabinet de S, A, S,, avait été tiré ou « harponné dans la poitrine, comme on pouvait le voir facilement, L’hip- , « popotame, lorsqu’il se sent blessé, plonge sous l’eau, et marche ou nage

i « jusqu’à ce qu’il perde le mouvement avec la vie. Alors, par le moyen de

« vingt hœufs, plus ou moins, on le tire sur le rivage où on le dissèque. Un j « hippopotame qui a toute sa croissance donne ordinairement deux mille « livres de lard, qu’on sale et qu’on envoie au Cap, où il se vend fort cher,

I « On assure que ce lard est fort bon, et qu’il surpasse toutes les autres « graisses pour le goût, 11 ne cause jamais d’aigreurs, et quand il est ex- ; « primé, il fournit une huile douce et blanche, comme de la crème : on

! « recommande même ce lard en Afrique comme un remède souverain

« contre les maladies de poitrine,

I « Par la quantité indiquée de lard qu’on tire ordinairement de l’hippopo-

« tame qui a atteint toute sa croissance, on est confirmé dans la remarque « qu’on a déjà dû faire, savoir, que c’est un animal d’une grandeur et d’une « pesanteur surprenantes.

« Quelques soins que je me sois donnés pour rendre cette pièce aussi

Page 1