Tome II, page
ADDITIONS
« que c’était le premier qu’on y eût vu vivant. Cependant il en a envoyé un « autre l’année passée, qui vit encore; et en 1757 il en avait envoyé une c( peau dont on n’a pu conserver que la tête : ce qui semble indiquer que « ces animaux ne sont pas rares dans leur pays natal. Je ne sais si c’est « d’eux que Kolbe a voulu parler, quand il dit “ « on ne voit que rarement « des cochons sauvages dans les contrées qu’occupent les Hollandais : « comme il n’y a que peu de bois, qui sont leurs retraites ordinaires, ils ne « sont pas tentés d’y venir. D’ailleurs les lions, les tigres et autres animaux « de proie les détruisent si bien qu’ils ne sauraient beaucoup multiplier. »
c( Comme il n’ajoute à cela aucune description , on n’en peut rien con- « dure ; et ensuite il range au nombre des cochons du Cap le grand four- « millier ou le tamandua, qui est un animal d’Amérique qui ne ressemble « en rien au cochon. Quel cas peut-on faire de ce que dit un auteur aussi « mal instruit?
« Notre sanglier africain ressemble à celui d’Europe par le corps, mais il « en diffère par la tête, qui est d’une grosseur monstrueuse; ce qui frappe « d’abord les yeux, ce sont deux énormes défenses qui sortent de chaque « côté de la mâchoire supérieure, et qui sont dirigées presque perpendicu- « lairement en haut. Elles ont près de sept pouces de longueur et se termi- « nent en une pointe émoussée. Deux semblables dents, mais plus petites, ff et surtout plus minces dans leur côté intérieur, sortent de la mâchoire « inférieure et s’appliquent exactement au côté extérieur des défenses « supérieures quand la gueule est fermée : ce sont là de puissantes armes « dont il peut se servir utilement dans le pays qu’il habite , où il est « vraisemblablement exposé souvent aux attaques des bêtes carnassières.
« Sa tête est fort large et plate par devant ; elle se termine en un ample « boutoir d’un diamètre presque égal à la largeur de la tête, et d’une dureté « qui approche de celle de la corne ; il s’en sert comme nos cochons pour « creuser la terre ; ses yeux sont petits et placés sur le devant de la tête, « de façon qu’il ne peut guère voir de côté, mais seulement devant soi; ils « sont moins distants l’un de l’autre et des oreilles que dans le sanglier « européen : au-dessous est un enfoncement de la peau qui forme une c< espèce de sac très-ridé ; ses oreilles sont fort garnies de poil en dedans. « Un peu plus bas, presque à côté des yeux, la peau s’élève et forme deux « excroissances qui, vues d’une certaine distance, ressemblent tout à fait à « deux oreilles; elles en ont la figure et la grandeur, et, sans être fort « mobiles, elles forment presque un même plan avec le devant de la tête; « au-dessous, entre ces excroissances et les défenses, il y a une grosse « verrue à chaque côté de la tête ; on comprend aisément qu’une telle con- « tiguration doit donner à cet animal une physionomie très -singulière.
U. Voyez sa Description du cap de Bonne-Espérance, t. III, p. 43.