BU
ADDITIONS
c’est que, dans les terres du cap de Bonne-Espérance qui paraissent être le pays naturel et la vraie patrie du zèbre, on a remarqué avec quelque étonnement qu’il y a des chevaux tachetés, sur le dos et sous le ventre, de jaune, de noir, de rouge et d’azur*, et cette raison particulière est encore appuyée sur un fait général qui est que, dans tous les climats, les chevaux varient beaucoup plus que les ânes par la couleur du poil. Néanmoins, nous ne déciderons pas si le zèbre est plus près de l’espèce du cheval que de celle de l’âne; nous espérons seulement qu’on ne tardera pas à le savoir. Comme les Hollandais ont fait venir dans ces dernières années un assez grand nombre de ces beaux animaux , et qu’ils en ont même fait des attelages pour le prince Stathouder, il est probable que nous serons bientôt mieux informés de tout ce qui peut avoir rapport à leur nature. Sans doute on n’aura pas manqué d’essayer de les unir entre eux, et probablement avec les chevaux et les ânes pour en tirer une race directe ou des races bâtardes. Il y a en Hollande plusieurs personnes habiles qui cultivent l’histoire naturelle avec succès, ils réussiront peut-être mieux que nous à tirer du produit de ces animaux, sur lesquels on n’a fait qu’un essai à la ménagerie de Versailles en 1761. Le zèbre mâle, âgé de quatre ans, qui y (Tait alors , ayant dédaigné toutes les ânesses en chaleur , n’a pas été présenté à des juments : peut-être aussi était-il trop jeune; d’ailleurs il lui manquait d’être habitué avec les femelles qu’on lui présentait, préliminaire d’autant plus nécessaire pour le succès de l’union des espèces diverses, (lue la nature semble même l’exiger dans l’union des individus de même espèce L
Le mulet fécond de Tartarie, que l’on y appelle czigithai, et dont nous avons parlé, pourrait bien être un animal de la même espèce, ou tout au moins de l’espèce la plus voisine de celle du zèbre^, car il n’en diffère évidemment que par les couleurs du poil. Or, l’on sait que la différence de la couleur du poil ou des plumes est de toutes les différences la plus légère et la plus dépendante de l’impression du climat. Le czigithai se trouve dans la Sibérie méridionale, au Thibet, dans la Daourie et en Tartarie. Gerbillon dit qu’on trouve ces animaux dans le pays des Mongoux et des Kakas, qu’ils durèrent des mulets domestiques, et qu’on ne peut les accoutumer à porter des fardeaux \ Muller et Graelin assurent qu’ils se trouvent en grand nombre chez les Tunguses, où on les chasse comme d’autre gibier; qu’en Sibérie, vers Borsja, dans les années sèches, on en voit un grand nombre, et ils ajoutent qu’ils sont comparables pour la figure, la grosseur et la couleur à un cheval bai-clair, excepté la queue, qui est comme celle d’une vache,
a. Voyage du capitaine Robert, t. I, 94.
l. Histoire générale des Voyages, t. VI, p. 601.