DU CHAMEAU ET DU DROMADAIRE
Nous n’avons presque rien à ajouter à ce que nous avons dit des chameaux et des dromadaires j nous rapporterons seulement ici ce qu’en a écrit M. Niebiihr dans sa description de l’Arabie, page 144.
« La plupart des chameaux du pays d’Iman sont de taille médiocre et « d’un brun clair ; cependant on en voit aussi de grands et lourds et d’un « brun foncé. Lorsque les chameaux veulent s’accoupler, la femelle se « couche sur les jambes j on lui lie les pieds de devant pour qu’elle ne « puisse se relever. Le mâle, assis derrière eomme un ehien, touche la terre « de ses deux pieds de devant; il paraît froid pendant l’accouplement et « plus indolent qu’aucun animal ; il faut le chatouiller quelqiietois longa temps avant de pouvoir l’exciter; l’accouplement étant achevé, on rec( couvre le mâle, on fait lever promptement la femelle en la frappant d’une « pantoufle au derrière, tandis qu’une autre personne la fait marcher. Il « en est de même, dit-on, en Mésopotamie, en Natolie, et probablement « partout. »
J’ai dit qu’on avait transporté des chameaux et des dromadaires aux îles Canaries, aux Antilles, au Pérou, et qu’ils n’avaient réussi nulle part dans le nouveau continent. Le docteur Browne, dans son histoire de la Jamaïque, assure y avoir vu des dromadaires que les Anglais y ont amenés en assez grand nombre dans ces derniers temps, et que, quoiqu’ils y subsistent, ils y sont néanmoins de peu de service, parce qu’on ne sait pas les nourrir et les soigner convenablement. Ils ont néanmoins multiplié dans tous ces climats, et je ne doute pas qu’ils ne pussent même produire en FranceU On peut voir dans la Gazelle du 9 juin 1775 que M. Brinkenof, ayant fait accoupler des chameaux dans ses terres, près de Berlin, a obtenu, le 24 mars de cette année 1775, après douze mois révolus, un petit chameau qui se porte bien; ce fait confirme celui que j’ai cité de la production des cha-
* Voyez la nomenclature de la page 231 du IID volume. 1. Voyez la note de la page 234 du Ill« volume.