‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 310 sur 392 · Voyez volume III, page · texte numérisé non relu

Voyez volume III, page

ADDITIONS

« prend que ces dimensions sont plus petites que dans l’animal vivant.

« M. de Buffon est aussi dans l’idée que le caribou de l’Amérique est le « renne de Laponie S et l’on ne peut pas refuser de se rendre aux raisons « par lesquelles il appuie son sentiment. J’ai donné une planche du renne « qui ne se trouve point dans l’édition de Paris, c’est la onzième du dou- « zième tome; elle est une copie de celle qui a été publiée par le fameux « peintre et graveur Ridinger, quia dessiné l’animal d’après nature. Ici je « crois devoir ajouter une autre planche qui représente le caribou d’Amé- « rique. C’est encore au duc de Richement que j’en suis redevable®. Cet c( animal lui a été envoyé du Canada et il a vécu assez longtemps dans son « parc; son bois ne faisait que commencer à pousser quand il a été dessiné. « Quoique je ne puisse rien dire pour l’éclaircissement de cette planche, je « suis persuadé qu’on la verra avec plaisir; c’est la seule qui représente au « vrai le caribou. En la comparant avec celle du renne, il paraîtra d’abord « qu’il y a une assez grande différence entre les deux animaux qui y sont « représentés; mais l’absence des cornes dans le caribou change beaucoup « sa physionomie. La différence entre ce caribou et le renne paraîtra encore « plus marquée si l’on jette les yeux sur la planche lv^ Elle représente un « animal qui a été vu en 1769 à la foire d’Amsterdam. S’il en faut croire « les matelots qui le faisaient voir, il avait été pris dans la mer du Nord, à «76 degrés de latitude et environ à cinquante lieues de terre. Le capitaine « Bré, de Schiedam, qui commandait un vaisseau destiné à la pêche de la « baleine, vit quatre de ces animaux nageant en pleine mer; il fit mettre « d’abord quelques hommes dans la chaloupe, qui les suivirent à force de « rames pendant près de trois heures sans pouvoir les atteindre; enfin, ils « en attrapèrent deux qui étaient jeunes : l’un est mort avant que d’arriver « en Hollande, et l’autre est celui dont je donne la figure et qui a été mon- « tré à Amsterdam. Voilà l’histoire de la prise de cet animal, telle quelle a « été racontée par des matelots qui disaient en avoir été les témoins. On ne « sera pas fort disposé à la croire : la circonstance de ces animaux nageant « à cinquante lieues de toute terre est plus que suspecte. Le capitaine Bré « aurait pu me donner là-dessus des informations plus sûres; aussi ai-je « voulu m’adresser à lui pour lui en demander; mais j’ai appris qu’il était « parti pour un nouveau voyage dont il n’est pas encore de retour.

« Quoi qu’il en soit de cette histoire, cet animal venait sûrement d’un « pays très-froid; la moindre chaleur l’incommodait, et, pour le rafraîchir, « on lui jetait souvent des seaux d’eau sur le corps, sans que son poil en « parût mouillé ; il n’y eut pas moyen de le conserver longtemps en vie; il « mourut au bout de quatre mois à Groningue, où on le faisait voir pour

a. Planche ni , t. XV, édition de Hollande.

b. Volume XV, édition de Hollande.

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