‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 311 sur 392 · L’ÊLAN, LE CARIBOU ET LE RENNE · texte numérisé non relu

L’ÊLAN, LE CARIBOU ET LE RENNE

« de l’argent. On le donnait pour un renne, et c’en était véritablement un. « Il ressemblait fort à ce daim de Groenland, dont M. Edwards nous a conte servé la figure, et que M. de Buffon a pris pour un renne ®. Ces deux ani- « maux ne diffèrent presque qu’en ce que le bois de ce daim est sans empau- « mures ; mais les variétés que M. Daubenton a trouvées entre les bois de « renne qui sont dans le Cabinet du Roi nous prouvent assez que les empau- « mures n’ont rien de constant dans ces animaux, et que tes caractères « distinctifs qu’on en voudrait tirer sont très-équivoques. »

DU RENNE [suite).

(Par M. le professeur Allamand.)

« Le renne qui est représenté dans la planche iv'' était un mâle; la coûte leur de son poil était d’un gris cendré à l’extrémité, mais blanche vers sa tt racine. Tout son corps était couvert d’un duvet fort épais, d’où sortaient tt en divers endroits quelques poils assez raides dont la pointe était brune, tt La partie inférieure de son cou se faisait remarquer par des poils de huit tt à neuf pouces, dont elle était toute couverte, et qui étaient beaucoup tt plus tins que des crins, et d’un beau blanc. Le bout de son museau était tt noir et velu. Chacune des perches de son bois était chargée de trois tt andouillers; ceux qui sortaient de la partie inférieure étaient dirigés en tt avant sur le front; ils se terminaient tous en pointe, et ce n’était qu’a (t l’extrémité supérieure de chaque perche qu’on remarquait des empautt mures; mais vraisemblablement il en aurait paru d’autres si l’animal tt avait vécu plus longtemps : je vois, par un dessin que M. Camper a fait tt de cet animal lorsqu’il était plus âgé de quatre mois, et qu’il a eu la tt bonté de me communiquer, que les empaumures du haut dubois s’étaient * tt élargies, qu’elles commençaient à former de nouveaux andouillers, et tt que ceux qui sont représentés pointus dans notre planche avaient acquis tt plus de largeur.

« Ce renne avait les jambes plus courtes, mais plus fortes et plus grosses tt que celles du cerf. Ses sabots étaient aussi beaucoup plus larges, et par tt là même plus propres à le soutenir sur la neige ; le bout de l’un était tt placé sur l’extrémité de l’autre.

tt Ce renne n’est pas le seul qui ait paru dans nos provinces; M. le prott fesseur Camper en a reçu un qui malheureusement n’a vécu chez lui que tt vingt-quatre heures. Sa prompte mort est une perte pour l’histoire natutt relie ; si cet animal avait pu être observé pendant quelque temps par un

a. Voyez le t. XII de cet ouvrage, p. 46 , éditiou de Hollande. h. Histoire naturelle , t. XV, p. 52, édition de Hollande,

ADDITIONS

« homme aussi exact et pénétrant que M. Camper, nous serions parfaite- « ment instruits de tout ce qui le regarde. Cependant nous avons lieu de « nous féliciter qu’il soit tombé en si bonnes mains. M. Camper l’a anato- « misé avec soin, et il m’en a envoyé une description très-intéressante, « qui le fera connaître mieux qu’il ne nous est connu par tout ce que les « autres en ont dit jusqu’à présent; on la lira ici avec plaisir : la voici « donc telle qu’il a bien voulu me la communiquer.

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