Voyez la note de la page 331 du III® volume
DU RENNE
« cornichons que ceux que ces mêmes rennes portent présentement. Il faut « aussi remarquer que le graveur a fait une faute en donnant à la barbe « pendante du renne la figure d’une crinière qu’on dirait descendre du côté « opposé. Si je puis, Monsieur, vous faire plaisir par des miniatures peintes « en couleur d’après nature de ces animaux, que j’ai faites avec beaucoup
c( de soin, je vous les enverrai avec bien de la satisfaction S. A. R.
« monseigneur le maregrave de Brandebourg-Schwetz Frédéric-Henri, cou- « sin du roi de Prusse, en a fait venir de la Suède et de la Russie, et m’a « donné la permission de les dessiner, de les mesurer et de les observer. « J’ai publié dans les mémoires de la Société de Berlin, en allemand, les « observations que j’ai faites, et j’ai l’honneur de vous en communiquer « la substance. Il y a , comme vous le remarquez , monsieur le comte , « deux espèces, ou plutôt deux variétés, l’une beaucoup plus grande que « l’autre, du renne; je les connais toutes les deux. La différence entre ces « deux espèces est aussi remarquable qu’entre le cerf et le daim. Les « grands rennes qui sont de la taille de nos cerfs furent envoyés de la pro - « vince Mezeu , dans le gouvernement d’x^rchangel, province renommée « pour avoir les plus beaux et les plus grands rennes de toute la Russie : « ce sont deux mâles et deux femelles. Deux femelles et un mâle vinrent « de la Suède, qui n’étaient guère plus grands que nos daims, c’est-à-dire « les rennes femelles, car le mâle n’est pas parvenu jusqu’ici, étant mort « sur le vaisseau. Voici quelques dimensions principales qui vous feront « voir d’un coup d’œil combien les rennes de Russie surpassent en grandeur « ceux de Suède.