‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 322 sur 392 · DU CHEVREUIL · texte numérisé non relu

DU CHEVREUIL

J’ai dit, en plusieurs endroits de mon ouvrage, que dans les animaux libres le fauve, le brun et le gris sont les couleurs ordinaires, et que c’est l’état de domesticité qui a produit les daims blancs, les lapins blancs, etc. Cependant la nature seule produit aussi quelquefois ce même effet dans les animaux sauvages. M. l’abbé de la Yillette m’a écrit qu’un particulier des terres de M. son frère, situées près d’Orgelet, en Franche-Comté, venait de lui apporter deux clievrillards, dont l’un était de la couleur ordinaire, et l’autre, qui était femelle, était d’un blanc de lait et n’avait de noirâtre que l’extrémité du nez et les ongles “.

Dans toute l’Amérique septentrionale, on trouve des chevreuils semblables à ceux d’Europe J ils sont seulement plus grands et d’autant plus que le climat devient plus tempéré. Les chevreuils de la Louisiane sont ordinairement du double plus gros que ceux de France**. M. de Fontenette, qui m’a assuré ce fait, ajoute qu’ils s’apprivoisent aisément. M. Kalm dit la même chose; il cite un chevreuil qui allait pendant le jour prendre sa nourriture au bois et revenait le soir à la maison®; mais dans les terres de l’Amérique méridionale, il ne laisse pas d’y avoir d’assez grandes variétés dans cette espèce'. M. de la Borde, médecin du roi à Cayenne, dit :

« Qu’on y connaît quatre espèces de cerfs qui portent indistinctement,

a. Extrait d’une lettre écrite par M. l’abbé de la Villette à M. de Buffon, datée à Lons-le- Saunier, le 17 juin 1773.

b. Extrait d’une lettre écrite à M. de Buffon par M. de Fontenette , médecin du Roi à la Nouvelle-Orléans, 20 octobre 1750.

c. Voyage de Pierre Kalm. Gotting., 1737, t. II, page 350.

• Voyez la nomenclature de la page 331 du U® volume.

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