‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 347 sur 392 · Voyez la note de la page 333 du lll® volume · texte numérisé non relu

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additions.

« ainsi on peut pénétrer au milieu d’une troupe et choisir celui sur lequel « on veut tirer sans courir le moindre danger. Leur chair est une excel- « lente venaison; on casse leurs os pour en tirer la moelle, qu’on fait rôtir « sous la cendre; elle a un bon goût, et on peut la manger même sans « pain ; leur peau est très-ferme, on s’en sert pour faire des ceintures et « des courroies ; les poils qui sont sur la tête des mâles ont une forte odeur « d’urine qu’ils contractent, dit-on, en léchant les femelles. Celles-ci ne « font jamais qu’un petit à la fois.

« Comme ces animaux ne sont point méchants, M. Gordon croit qu’on « pourrait aisément les rendre domestiques, les faire tirer au chariot et les « employer comme des bêtes de somme, ce qui serait une acquisition très- « importante pour la colonie du Cap.

« M. Pallas a vu dans le Cabinet de Ms'^ le prince d’Orange le squelette « d’un canna, et il l’a reconnu pour être l’élan de Kolbe. Il l’a rangé dans « la classe des antilopes, sous la dénomination d'antilope oryx : je n’exa- « minerai pas les raisons qu’il a eues pour lui donner cette dernière épî- « thète; je me contenterai de remarquer qu’il me paraît douteux que le (( canna se trouve dans les parties septentrionales de l’Afrique ; au moins « aucun voyageur ne le dit. S’il est particulier aux contrées méridionales « de cette partie du monde, il n’est pas apparent que ce soit Yoryx des (! anciens* ; d’ailleurs, suivant le témoignage de Pline, l’oryx était une chèvre « sauvage, et il est peu vraisemblable que Pline, qui ne s’était pas formé « un système de nomenclature comme nous autres modernes, ait donné le « nom de chèvre à un aussi gros animal que le canna. »

Avant d’avoir reçu ces remarques très-judicieuses de M. Allamand , j’avais fait à peu près les mêmes réflexions, et voici ce que j’en avais écrit et même livré à l’impression :

M. Pallas appelle cet animal oryx, et le met au nombre de ses antilopes ; mais ce nom me paraît mal appliqué : je l’aurais néanmoins adopté si j’eusse pu penser que cet animal du cap de Bonne-Espérance fût Poryx des anciens; mais cela n’est ni vrai ni même vraisemblable. M. Pallas croit que l’élan d’Afrique, indiqué par Kolbe, est le même animal que celui-ci, et je ne suis pas fort éloigné de ce sentiment, quoique j’aie rapporté ^ l’élan d’Afrique de Kolbe au bubale; mais soit qu’il appartienne en etfet au bubale ou au canna, il est certain que le nom d’élan lui a été très-mal appliqué, puisque l’élan a des bois solides qui tombent tous les ans comme ceux du cerf, au lieu que l’animal dont il est ici question porte des cornes creuses et permanentes comme celles des bœufs et des chèvres.

Et ce qui me fait dire que le nom d’oryx a été mat appliqué à cet animal parM, Pallas, et qu’il n’est pas l’oryx des anciens, c’est qu’ils ne connais-

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