U ü’est pas besoin de dire que le gnou rrmiine
ADDITIONS
« je pouvais dire qu’il hennit; mais c’est ce dont je n’ai pas pu être instruit. « Jusqu’à présent personne n’a entendu sa voix. Ne serait-ce point aussi le « même animal dont a parlé le moine Cosmas? Voici ce qu’il en dit “ :
« Le taureau-cerf. Cet animal se trouve en Éthiopie et dans les Indes; il «est privé; les Indiens s’en servent pour voiturer leurs marchandises, « principalement le poivre qu’ils transportent d’un pays à un autre dans « des sacs faits en forme de besaces. Ils tirent du lait de ces animaux et en « font du heurre; nous en mangions aussi la chair après les avoir égorgés, « comme font les chrétiens; pour les païens , ils les assomment. Celte même « hête dans l’Éthiopie est sauvage et ne s’apprivoise pas.
« Ce taureau-cerf ne serait-il point le cheval cornu et à pieds fendus de « Loho? Ils se trouvent l’un et l’autre dans l’Éthiopie; tous les deux res- « semblent, à divers égards, au cheval , au taureau et au cerf, c’est-à-dire «au gnou. Il est vrai que, quoique les animaux des Indes soient assez « connus, jusqu’à présent personne n’a dit qu’il y en eût qui ressemblassent « à celui dont il est question ici, et qui doit cependant y être , si c’est le « même dont parle Cosmas. Mais dans un pays aussi habité que l’Inde, la « race ne pourrait-elle pas y avoir été éteinte par le nombre des chasseurs « qui ont travaillé à les prendre ou à les tuer, soit pour les faire servir de « hête de somme , soit pour les manger? D’ailleurs est-il bien certain que « cet animal ne s’y trouve plus , ou qu’il ne se soit pas retiré dans des lieux « éloignés et solitaires, afin d’y être plus en sûreté? Il y a dans les déserts « de la province de la Chine nommée Chensi, un animal qu’on appelle « cheval-cerf , que Du Ilaldes dit n’être qu’une espèce de cerf *’ , guère « moins haut que les petits chevaux des ^vo'i'mcQsse-Tchuen et de yun-Nane : « j’ai peine à croire que la taille seule ait suffi pour faire donner à un cheval « le surnom de cerf. Le gnou ressemblant par sa tête et par ses cornes au « taureau, par sa crinière et par sa queue au cheval , et par tout le reste « de son corps au cerf, il réunit tous les caractères qui peuvent l’avoir fait « nommer taureau-cerf Cosmas et cheval-cerf les Chinois*.
« Je serais même tenté de croire que l’hippélaphe ^ d’Aristote était notre « gnou ^ si je n’avais pas contre moi l’autorité de M. de Buffon , qui , « fondé sur de bonnes raisons, a prouvé que c’est le même animal que le « cerf des Ardennes, et le tragélaphe de Pline Je dirai cependant celles « qui ont fait d’abord impression sur moi.
a. Voyez dans les relations de divers voyageurs curieux, par Thévenot, première partie, la description des animaux et des plantes des Indes , par Cosmas le solitaire.
h. Voyez la Description de la Chine y t. I, p. 33, édition de Hollande
1. Le taureau-cerf de Cosmas, le cfteuai-cer/' des Chinois est le nylgau. Le gnou est d’Afrique.
2. Uhippélaphe d'Aristote est le cerf à crinière de l’Inde. (Voy.la note 2 de la p. 288 du III« vol.)
3. Ce n’est pas ïhippélaphe d’Aristote, c’est le catoblepas des anciens qui était notre gnou. ( Voyez la nomenclature de la page 622.)