‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 372 sur 392 · DU BŒUF, DU BISON, DU ZÉBU ET DU BUFFLE · texte numérisé non relu

DU BŒUF, DU BISON, DU ZÉBU ET DU BUFFLE

m’étant soigneusement informé de ce dernier fait, on m’a écrit d’Angleterre et d’Écosse qu’on n’en avait pas de mémoire. M. Bell, dans son voyage de Russie à la Chine, parle de deux espèces de bœufs qu’il a vus dans les parties septentrionales de l’Asie, dont l’une est l’aurochs ou bœuf sauvage do même race que nos bœufs *, et l’autre dont nous avons donné l’indication, d’après Gmeliii, sous le nom de vache de Tartarie ou vache grognante nous paraît être de la même espèce que le bison. On en trouve la description dans notre ouvrage^; et après avoir comparé cette vache grognante avec le bison, j’ai trouvé qu’elle lui ressemble par tous les caractères, à l’exception du grognement au lieu du mugissement ; mais j’ai présumé que ce grognement n’était pas une affection constante et générale, mais contingente et particulière, semblable à la grosse voix entrecoupée de nos taureaux, qui ne se fait entendre pleinement que dans le temps du rut; d’ailleurs j’ai été informé que le bison, dont j’ai donné la figure, ne faisait jamais retentir sa voix , et que quand même on lui causait quelque douleur vive, il ne se plaignait pas, en sorte que son maître disait qu’il était muet, et on peut penser que sa voix se serait développée de même par un grognement ou par des sons entrecoupés si, jouissant de sa liberté et de la présence d’une femelle, il eût été excité par l’amour.

Au reste, les bœufs sont très-nombreux en Tartarie et en Sibérie. Il y en a une fort grande quantité à Tobolsk, où les vaches courent les rues même en hiver, et dans les campagnes où on en voit un nombre prodigieux en été“. Nous avons dit qu’en Irlande les bœufs et les vaches manquent souvent de cornes; c’est surtout dans les parties méridionales de l’île, où les pâturages ne sont point abondants, et dans les pays maritimes, où les fourrages sont fort rares, que se trouvent ces bœufs et ces vaches sans cornes : nouvelle preuve que ces parties excédantes ne sont produites que par la surabondance de la nourriture. Dans ces endroits voisins de la mer, l’on nourrit les vaches avec du poisson cuit dans l’eau et réduit en bouillia par le feu; ces animaux sont non-seulement accoutumés à cette nourriture, mais ils en sont même très-friands, et leur lait n’en contracte, dit-on, ni mauvaise odeur ni goût désagréable ^

Les bœufs et les vaches de Norwége sont en général fort petits. Ils sont un peu plus grands dans les îles qui bordent les côtes de Norwége : différence qui provient de celle des pâturages, et aussi de la liberté qu’on leur donne de vivre dans ces îles sans contrainte, car on les laisse absolument libres, en prenant seulement la précaution de les faire accompagner de

a. Histoire générale êtes Voyages, t. XVIII, p. 119.

h. Histoire générale des Voyages , t. XVIII, p. 19.

1. V aurochs n’est point notre bœuf sauvage. (Voyez la note 1 de la page 259, et la note 2 de la page 260 du IIU volume. )

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