‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 384 sur 392 · ADDITIONS DU BUFFLE · texte numérisé non relu

ADDITIONS DU BUFFLE

anciens tout ce qui peut avoir rapport à cet animal , donnent tant de poids à sa critique que j’y souscris avec plaisir.

D’autre part, les occasions fréquentes qu’a eues M. Gaëlani de voir, d’observer et d’examiner de près un très-grand nombre de buffles dans les terres de sa très-illustre maison, l’ont mis à portée de faire l’histoire de leurs habitudes naturelles beaucoup mieux que moi , qui n’avais jamais vu de ces animaux que dans mon voyage en Italie et à la ménagerie de Versailles, où j’en ai fait la description. Je suis donc persuadé que mes lecteurs me sauront gré d’avoir inséré dans ce supplément le mémoire de M. Gaëtani, et que lui-même ne sera point fâché de paraître dans notre langue avec son propre style, auquel je n’ai presque rien changé parce qu’il est très-bon, et que nous avons beaucoup d’auteurs français qui n’écrivent pas si bien dans leur langue que ce savant étranger écrit dans la nôtre.

Au reste, j’ai déjà dit qu’il serait fort à désirer que l’on pût naturaliser en France cette espèce d’animaux aussi puissants qu’utiles ; je suis persuadé que leur multiplication réussirait dans nos provinces où il se trouve des marais et des marécages, comme dans le Bourbonnais, en Champagne, dans le Bassigny, en Alsace, et même dans les plaines le long de la Saône, aussi bien que dans les endroits marécageux du pays d’Arles et des Landes de Bordeaux. L’impératrice de Russie en a fait venir d’Italie et les a fait placer dans quelques-unes de ses provinces méridionales; ils se sont déjà fort multipliés dans le gouvernement d’Astracan et dans la Nouvelle- Russie. M. Guldenstaedt dit'* que le climat et les pâturages se sont trouvés très-favorables à ces animaux, qui sont plus robustes et plus forts au travail que les bœufs. Cet exemple peut suffire pour nous encourager à faire l’acquisition de cette espèce utile, qui remplacerait celle des bœufs à tous égards, et surtout dans les temps où la grande mortalité de ces animaux fait un si grand tort à la culture de nos terres.

a. Discours sur les produclions de la Russie, page 21.

Les Additions de Baffon n’étaient, comme je l’ai dit dans ma note de la page 243, que de simples matériaux : tout s’y trouvait confondu; j’ai cru être utile en les distribuant dans un ordre méthodique.

C’est ce qu’aurait fait Buffon, en y retranchant sans doute bien des détails, si d’autres travaux et l’àge le lui eussent permis. Trente ans d’études assidues en avaient fait un naturaliste, méthodiste et pratique, et, comme je l’ai déjà remarqué (note 2 de la page 13S) , c’est de son grand ouvrage que datent les premiers modèles de la vraie méthode en zoologie.

En m’occupant de la classification des Additions, trois ou quatre articles m’ont d’abord échappé ; et par conséquent trois ou quatre espèces ne se trouvent pas à leur place :

1» Le rat de Madagascar ou galago, page 370 , aurait dù venir après les loris ;

2» Le perouasca, page 347, aurait dû être placé parmi les putois;

3“ L’animal anonyme ou fennec, page 370 , aurait dû être placé parmi les chiens.

Avec ce IVc volume de notre édition se terminent les XV premiers volumes de l’édition in-4“ de l’Iniprimerie royale et les IV volumes des Suppléments relatifs à l’homme et aux quadrupèdes.

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