‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 71 sur 392 · Voyez la note 2 de la page 639 du II« volume · texte numérisé non relu

Voyez la note 2 de la page 639 du II« volume

2. « Selon M. Harlan, notre tawpe existe aussi dans l’Amérique septentrionale. » (Cuvier.)

3. Nous connaissons aujourd’hui deux taylrs d’Amérique, et un troisième de l’Inde. (Voyez la nomenclature de la page 291 du III« volume.) — Les espèces que Buffon appelle isolées, cessent de l’ètre à mesure que le nombre des espèces connues s’accroît. Une seule espèce est , de sa nature , isolée , unique : l’espece de l’homme.

DE LA DÉGÉNÉRATION DES ANIMAUX

posé de sept ou huit espèces; 9® les fourmilliers, deux ou trois espèces; et 10® les paresseux, dont nous connaissons deux espèces, savoir ; l’unau et l’aï.

Or ces dix genres et ces quatre espèces isolées, auxquels on peut réduire les cinquante espèces d’animaux* qui sont particuliers au Nouveau-Monde, quoique toutes différentes de celles de l’ancien continent, ont cependant des rapports éloignés qui paraissent indiquer quelque chose de commun dans leur formation, et qui nous conduisent à remonter à des causes de dégénération plus grandes et peut-être plus anciennes que toutes les autres^. Nous avons dit qu’en général tous les animaux du Nouveau-Monde étaient beaucoup plus petits que ceux de l’ancien continent; cette grande diminution dans la grandeur, quelle qu’en soit la cause , est une première sorte de dégénération qui n’a pu se faire sans beaucoup influer sur la forme, et il ne faut pas perdre de vue ce premier effet dans les comparaisons que l’on voudra faire de tous ces animaux.

Le plus grand est le tapir ^ qui, quoiqu’il ne soit que de la taille d’un âne, ne peut cependant être comparé qu’à l’éléphant, au rhinocéros et à l’hippopotame; il est dans son continent le premier pour la grandeur, comme l’éléphant l’est dans le sien; il a, comme le rhinocéros, la lèvre supérieure musculeuse et avancée, et comme l’hippopotame il se tient souvent dans l’eau. Seul, il les représente tous trois à ces petits égards, et sa forme, qui en tout tient plus de celle de l’âne que d’aucune autre, semble être aussi dégradée que sa taille est diminuée. Le cheval, l’âne, le zèbre, l’éléphant, le rhinocéros et l’hippopotame n’existaient point en Amérique, et n’y avaient même aucun représentant, c’est-à-dire qu’il n’y avait dans ce nouveau monde aucun animal qu’on pût leur comparer, ni pour la grandeur ni pour la forme; le tapir est celui dont la nature semblerait être la moins éloignée de tous; mais en même temps elle paraît si mêlée et elle approche si peu de chacun en particulier, qu’il n’est pas possible d’en attribuer l’origine à la dégénération de telle ou telle espèce; et que malgré les petits rapports que cet animal se trouve avoir avec le rhinocéros, l’hippopotame et l’âne,

1. Je n’ai pas besoin de dire que le nombre des animaux du Nouveau-Monde, qui nous sont aujourd’hui connus, est beaucoup plus grand.

2. Voici une des idées principales de ce Discours. Buffon suppose que tous les animaux ont été créés dans l’ancien continent. Plusieurs ont passé de l’ancien dans le nouveau monde , et ils y ont dégénéré. La dégénération , pour quelques-uns, est même allée si loin qu’ils forment aujourd’hui des espèces nouvelles, distinctes et séparées des espèces primitives dont ils sont issus.

.11 y a, dans cette idée, du vrai et du faux. Certains animaux sont communs aux parties septentrionales des deux continents, et par conséquent peuvent avoir passé de l’un dans l’autre. Sauf ces espèces-là, dont le nombre est même assez petit (voyez le III® volume, p. 38 et suiv. ), chaque continent a ses espèces propres : celles du nouveau ne viennent pas de celles de l’ancien ; elles n’y ont donc pas dégénéré; elles n’y ont pas formé des espèces nouvelles par dégénération. 11 ne se forme pas des espèces nouvelles, et aucune espèce ne s’est jamais formée comme l’entend ici Buffon.

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