‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 94 sur 392 · Voyez la note delà page 471 du III« volume · texte numérisé non relu

Voyez la note delà page 471 du III« volume

ADDITIONS

« et Seba , qu’il l’a reçu de Ceylan Laissons au temps à découvrir si le

« paresseux de Seba, qui ressemble si bien à celui des Indes occidentales, « se trouve réellement aussi dans l’île de Ceylan. »

Réponse. Le temps ne découvrira que ce qui est déjà découvert sur cela, c’est-à-dire, que l’unau et l’aï d’Amérique ne se sont point trouvés, et ne se trouveront pas à Ceylan, à moins qu’on ne les y ait transportés. Seba a pu être trompé ou se tromper lui-même sur le climat de l’unau, et je l’ai remarqué très-précisément, puisque j’ai rapporté à^ l’espèce de l’unau ' ces animaux de Seba. Il n’est donc pas douteux que ces animaux de Seba, la mère et le petit, ne soient en effet des unaux d’Amérique; mais il est également certain que l’espèce n’en existe pas à Ceylan, ni dans aucun autre lieu de l’ancien continent, et que très-réellement elle n’existe qu’en Amérique dans son état de nature. Au reste, cette assertion n’est point fondée sur des propositions idéales, comme le dit M. Yosmaër, page 7, puisqu’elle est au contraire établie sur le plus grand fait, le plus général, le plus inconnu à tous les naturalistes avant moi“^ : ce fait est que les animaux des parties méridionales de l’ancien continent ne se trouvent pas dans le nouveau , et que réciproquement ceux de l’Amérique méridionale ne se trouvent point dans l’ancien continent®.

Ce fait général est démontré par un si grand nombre d’exemples qu’il présente une vérité incontestable. C’est donc sans fondement et sans raison que M. Yosmaër parle de ce fait comme d’une supposition idéale, puisque rien n’est plus opposé à une supposition qu’une vérité acquise et confirmée par une aussi grande multitude d’observations. Ce n’est pas que philosophiquement parlant il ne pût y avoir sur cela quelques exceptions ; mais jusqu’à présent l’on n’en connaît aucune, et le paresseux pentadactyle du Bengale, de M. Yosmaër, n’est point du tout de l’espèce ni du genre du paresseux de l’Amérique, c’est-à-dire ni de l’unau ni de l’aï, dont les pieds et les ongles sont conformés très-différemment de ceux de cet animal du Bengale ; il est, je le répète, d’une espèce voisine de celle du loris ■^, dont il ne semble différer que par l’épaisseur du corps. Un coup d’œil de comparaison sur les figures de l’unau et de l’aï d’Amérique, et sur celle de ce prétendu paresseux d’Asie, suffit pour démontrer qu’ils sont d’espèces diU férentes et même très-éloignées. M. Yosmaër avoue lui-même, page 10, qu’au premier coup d’œil son paresseux pentadactyle et le loris de M. de Buffon ne semblent différer que très-peu. J’ai donc toute raison de le donner ici comme une espèce voisine de celle du loris, et quand même il

1. Buffon a rapporté, eu effet, à l’unau le tai digradus ceilonicus catulus, et le tardigradus ccilonicus fœmina de Seba.

2. Buffon a complètement raison. La distinction des animaux des deux continents est un fait, très-général, très-grand, et qui, avant lui, était inconnu à tous les naturalisles.

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