‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 3)Chapitre 100 sur 495 · QUI ONT RAPPORT AUX GRIMPEREAUX · texte numérisé non relu

QUI ONT RAPPORT AUX GRIMPEREAUX

Je donnerai à ces oiseaux le nom de soui-mangas que porte à Madagascar une assez belle espèce par laquelle je vais commencer I histoire de cette tribu. Je ferai ensuite un article séparé des oiseaux étrangers du nouveau continent qui ont quelque rapport à nos grimpereaux, mais auxquels ce nom de grimpereaux ne peut convenir, puisqu’on sait que la plupart ne grimpent point sur les arbres et qu’ils ont des mœurs, des allures et un

a. Belon nomme celui-ci pic de muraille, et les rapports du grimpereau précédent avec les pics ne lui avaient point échappé.

120 OISEAUX ÉTRANGERS DE L’ANCIEN CONTINENT

ré<-ime fort différents. Je les distinguerai donc et de nos grimpereaux d’Lrope et des soui-mangas d’Afrique et d’Asie par le nom àe guit-gmt, nom que les sauvages, nos maîtres en nomenclature, ont impose a une tresbelle espèce de ce genre qui se trouve au Brésil. J’appelle les sauvages nos maîtres en nomenclature , et j’en pourrais dire autant des enfants, parce que les uns et les autres désignent les êtres par des noms d apres nature qui ont rapport à leurs qualités sensibles, souvent même à la plus frappante, et qui par conséquent les représentent à l’imagination et les rappellent a esprit beaucoup mieux que nos noms abstraits, adoucis, polis, défigurés, et qui la

plupart ne ressemblent à rien. , x

En "énéral , les grimpereaux et les soui-mangas ont le bec plus lon^ a proportion que les guit-guits, et leur plumage est pour le moins aussi beau, aussi beau même que celui des brillants colibris; ce sont les couleurs les plus riches, les plus éclatantes, les plus moelleuses, toutes les nuances de vert, de bleu, d’orangé, de rouge, de pourpre, relevées encore par 1 opposition des différentes teintes de brun et de noir veloute qui leur serven d’ombre. On ne peut s’empêcher d’admirer l’éclat de ces couleurs, leur jeu pétillant, leur inépuisahle variété, même dans les peaux desséchées de ces oiseaux qui ornent nos cabinets. On croirait que la nature a employé la ' matière des pierres précieuses, telles que le rubis, l’émeraude, 1 amethiste, l’aigue-marine, la topaze, pour en composer les barbes de leurs plumes. Que serait-ce donc si nous pouvions contempler dans toute leur beaute ces oiseaux eux-mêmes et non leurs cadavres ou leurs mannequins . Si nous pouvions voir l’émail de leur plumage dans toute sa fraîcheur, anime par e souffle de vie, emhelli par tout ce que la magie du prisme a de plus eb ouïssant, variant ses reflets à chaque mouvement de l’oiseau qui se meut sans cesse , et faisant jaillir sans cesse de nouvelles couleurs ou plutôt de nou- Dans le petit comme dans le grand, il faut, pour bien connaître la nature, l’étudier chez elle-même, il faut la voir agir en pleine hherte, ou du moins il faut tâcher d’ observer les résultats de son action dans toute leur purete e

avant que riiomme y ait mis la main. , n i i

11 y a beaucoup de soui-mangas vivants chez les oiseleurs hollandais du cap de Bonne-Espérance; ces oiseleurs ne leur donnent pour toute nourriture que de l’eau sucrée; les mouches qui abondent dans ce climat, et qui «;oiit le fléau de la propreté hollandaise, suppléent au reste. Les soui-mangas sont fort a.lroüs à cette chasse : ils attrapent toutes celles qui entrent dans la volière ou (jui en approchent , et ce (jui prouve que ce supplément de subsistance leur est très-nécessaire, c’est qu’ils meurent peu de temps apres avoir été transportés sur les vaisseaux où il y a beaucoup moins d insectes. M. le vicomte de Querhoént,à qui nous devons ces remarques, n’cn a jamais pu conserver au delà de trois semaines.

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