LE GRAND MARTINET A VENTRE BLANC
gnent les hautes montagnes ; que leur vol est encore plus élevé que celui de nos martinets noirs, et que l’époque de leur départ est moins fixe que celle de leur arrivée, et dépend davantage du froid et du chaud, du beau et du mauvais temps® : enfin, M. de Piolenc ajoute qu’ils vivent de scarabées, de mouches et de moucherons, d’araignées, etc. ; qu’ils sont difficiles à tirer; que la chair des adultes n’est rien moins qu’un bon morceau ^ et que l’espèce en est peu nombreuse.
Il est vraisemblable que ces martinets nichent aussi dans les rochers escarpés qui bordent la mer, et qu’on doit leur appliquer, comme aux martinets noirs, ce que Pline a dit de certains apodes qui se voyaient souvent en pleine mer, à toutes distances des côtes, jouant et voltigeant autour des vaisseaux. Leur cri est à peu près le même que celui de notre martinet.
Ils ont le dessus de la tête et toute la partie supérieure gris-brun, plus foncé sur la queue et les ailes, avec des reflets rougeâtres et verdâtres; la gorge, la poitrine et le ventre blancs ; sur le cou un collier gris brun, varié de noirâtre; les flancs variés de cette dernière couleur et de blanc; le basventre et les couvertures inférieures de la queue du même brun que le dos; le bec noir; les pieds couleur de chair, garnis de duvet sur le devant et le côté intérieur ; le fond des plumes était brun sous le corps et gris clair dessus ; presque toutes les plumes blanches avaient la côte noire, et les brunes étaient bordées finement de blanchâtre par le bout. Un mâle, que j’ai observé, avait les plumes de la tête plus rembrunies que deux autres individus avec lesquels je le comparai : il pesait deux onces cinq gros.
Longueur totale, huit pouces et demi ; bec, un pouce, un peu crochu ; langue, quatre lignes, de forme triangulaire; iris brun; paupières nues; tarse, cinq lignes et demie; ongles forts; l’intérieur le plus court; vol, vingt pouces et plus; les ailes composées de dix-huit pennes; queue, trois pouces et demi, composée de dix pennes inégales, fourchue de huit à neuf lignes , dépassée par les ailes de deux pouces au moins.
Gésier peu musculeux, très-gros, doublé d’une membrane sans adhérence, contenait des débris d’insectes et des insectes tout entiers, entre autres un dont les ailes membraneuses avaient plus de deux pouces de long; tube intestinal, neuf à dix pouces; l’œsophage formait à sa partie inférieure une poche glanduleuse ; point de cæcum ; je n’ai pas aperçu de vésicule du fiel ; testicules très-allongés et très-petits (18 juin) : il m’a semblé que le mésentère était plus fort, la peau plus épaisse, les muscles plus élastiques, et que le cerveau avait plus de consistance que dans les autres oiseaux ; tout annonçait la force dans celui-ci, et l’extrême vitesse du vol en suppose en effet beaucoup.
a. Dans le pays de Genève ils restent moins longtemps que le martinet noir.
b. Les chasseurs disent ordinairement que ces oiseaux sont très-durs, soit à tuer, soit à manger.