LA CHARBONNIÈRE
jaune, et même blanche en s’approcliant du bord inférieur du capuchon; elle s’obscurcit au contraire du côté opposé, et se change en un cendré bleu sur le croupion et les couvertures supérieures de la queue; les deux premières pennes de l’aile sont d’un cendré brun sans bordures; le reste des grandes pennes sont bordées de cendré bleu, et les moyennes d’un vert d’olive qui prend une teinte jaune sur les quatre dernières; les ailes ont une raie transversale d’un blanc jaunâtre; tout ce qui paraît des pennes de la queue est d’un cendré bleuâtre, excepté la plus extérieure, qui est bordée de blanc, et la suivante, qui est terminée de la même couleur; le fond des plumes noires est noir, celui des blanches est blanc, celui des jaunes est noirâtre, et celui des olivâtres est cendré : cet oiseau pèse environ une once.
Longueur totale, six pouces; bec, six lignes et demie : les deux pièces égales, la supérieure sans aucune échancrure ; tarse, neuf lignes; ongle postérieur le plus fort de tous; vol, huit pouces et demi; queue, deux pouces et demi , un peu fourchue, composée de douze pennes : dépasse les ailes de dix-huit lignes.
La langue n’est point fixe et immobile comme quelques-uns l’ont cru'^ ; l’oiseau la pousse en avant et l’élève parallèlement à elle-même avec une déclinaison suffisante à droite et à gauche, et par conséquent elle est capable de tous les mouvements composés de ces trois principaux : elle est comme tronquée par le bout, et se termine par trois ou quatre filets M. Frisch croit que la charbonnière s’en sert pour tâter les aliments avant de les manger.
Œsophage, deux pouces et demi, formant une petite poche glanduleuse avant de s’insérer dans le gésier, qui est musculeux, et doublé d’une membrane ridée, sans adhérence : j’y ai trouvé de petites graines noires, mais pas une seule petite pierre; intestins, six pouces quatre lignes; deux vestiges de cæcum; une vésicule du fiel.
Le nom de tête noire {atricapilla, melancoryphos) a été donné à plusieurs oiseaux, tels que la fauvette à tête noire, le bouvreuil, etc.; mais il
a. Voyez Journal de Physique, août 1776.
b. Ms).ay«p'j(po; {atricapilla), Aristote, Ilist. anim-, lib. ix, cap. xv. Ce nom a été donué à la nonoette cendrée , qui a pareillement la tête noire, et qu’on doit regarder comme une variété dans l’espèce de la petite charbonnière, ainsi que nous le verrons bientôt; Ai-yiûaXb; rpiro;. Ibid., lib. VIII , cap. ni. — Atricapilla. Pline, Ilist. nat., lib. x , cap. lx. — Parus ater ; en allemand, Jcohl-meise. Gessner, Aves, p. G41. — Aldrovande, OrnithoL, t. II, p. 723. — Wil-
* Parus ater (Linn. ). — Genre Mésanges, sous-genre Mésanges proprement dites (Guv. ).
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paraît que la tête noire d’Aristote est une mésange, car, suivant ce philosophe, elle pond un grand nombre d’œufs , jusqu’à dix-sept, et même jusqu’à vingt-un ; et de plus elle a toutes les autres propriétés des mésanges, comme de nicher sur les arbres, de se nourrir d’insectes, d’avoir la langue tronquée, etc. : ce que le même auteur ajoute d’après un ouï-dire assez vague, et ce que Pline répété avec trop de confiance, savoir que les œufs de cet oiseau sont toujours en nombre impair, tient un peu du roman et de cette superstition philosophique qui, de tout temps, supposa une ceitaine vertu dans les nombres, surtout dans les nombres impairs, et qui leur attribua je ne sais quelle influence sur les phénomènes de la nature.
La petite charbonnière diffère de la grande , non-seulement par la taille et par son poids, qui est trois ou quatre fois moindre, mais encore par les couleurs du plumage, comme on pourra s’en assurer en comparant les descriptions. M. Frisch dit qu’en Allemagne elle se tient dans les forêts de sapins; mais en Suède c’est sur les aunes qu’elle se plaît, suivant M. Linnæus. Elle est la moins défiante de toutes les mésanges, car non-seulement les jeunes accourent à la voix d’une autre mésange, non-seulement elles se laissent tromper par l’appeau, mais les vieilles mêm.e qui ont été prises plusieurs fois et qui ont eu le bonheur d’échapper se reprennent encore et tout aussi facilement dans les mêmes pièges et par les mêmes ruses; cependant ces oiseaux montrent autant ou plus d’intelligence que les autres dans plusieurs actions qui ont rapport à leur propre conservation ou à celle de la couvée ; et comme d’ailleurs ils sont fort courageux, il semble que c’est le courage qui détruit en eux le sentiment de la défiance comme celui de la crainte: s’ils se souviennent de s’être pris dans le filet, au gluau, ils se
highhy, Ornilhol., p. 175. — Ray, Sijnops. avi., p. 73; en anglais, cole mouse. — Schwenckfeld, Avi. Siles., p. 320; en allemand, kleine kohl-meise. — Parus carhonarius en catalan j carbonné. Barrère, Novum specim., class. 3, gen. 24 , sp. 1. — Jonston, Aves, p. 86, pl. 23. Cet auteur lui donne encore le nom de parus sylvaticus, pl. 24. — Parus sylva tiens ; en allemand, hunds meise. Klein, Ordo avium , p. 8a, n» 2. — Parus carhonarius minor; parus caninus; en allemand, kleine kohl-meise, hunds meise ; en polonais, sikora czarna mnicyssa. Rzaczynski , Auctuar. Polon., p. 404. — Parus minor-, en anglais, the nun. Charleton, Eceercit., p. 96, n° 2. C’est sans doute par quelque méprise que M. Brisson prend la grande mésangecharhonnière de Charleton pour la petite. — Parus minor atrîs traclihus; en allemand, tannen meise ( mésange des sapins ) , wald-meise, mésange des Bois, nom vague et qui convient indifféremment à presque toutes les espèces de mésanges. Frisch, t. I, class. 2 , div. 1, pl. 13. Parus capite nigro , vertice albo , dorso cinereo, occipite pectoreque albo. Linnæus, Fauna Suec., n»® 241, 268 ; et Syst. nat., édit. XIII , gen. 116 , sp. 7. — Kramer, Elenchus ustr. inf., p. 379; en autrichien , speermeise, creuzmeise. — « Parus supernè cinereus,
U mfernè albus cum aliquà rufescentis mixtm'à; capite et collo inferiore nigris; macula infra « oculos candidâ, nigro circumdatà; macula in occipitio albâ; tæniâ duplici in alis transversà M^caudidà; rectrietbus supernè cinereo-fuscis, oris e.xterioribus griseis, infernè cinereis,» Parus atricapillus , la mésange à tète noire. Brisson, t. III, p. 551. — Le petit charbonnier, suivant quelques-uns. Salerne, Hist. nat. des oiseaux, p. 212. — Je lui ai vu donner encore, uns quelques cabinets, le nom de mésange de montagne de Strasbourg.
souviennent aussi qu’ils se sont échappés, et ils se sentent la force ou du moins l’espérance d’échapper encore.
Celte mésange habite les bois, surtout ceux où il y a des sapins et autres arbres toujours verts, les vergers, les jardins; elle grimpe et court sur les arbres comme les autres mésanges, et c’est, après celle à longue queue, la plus petite de toutes ; elle ne pèse que deux gros ; du reste, mêmes allures, même genre de vie; elle a une espèce de coqueluchon noir, terminé de blanc sur le derrière de la tête et marqué sous les yeux de la même couleur ; le dessus du corps cendré , le dessous blanc sale ; deux taches blanches transversales sur les ailes; les pennes de la queue et des ailes cendrébrun, bordées de gris ; le bec noir et les pieds de couleur plombée.
Longueur totale, quatre pouces un quart; bec, quatre lignes deux tiers; tarse, sept lignes; ongle postérieur, le plus fort de tous, les latéraux plus longs à proportion que dans la grosse charbonnière ; vol, six pouces trois quarts; queue, vingt lignes, un peu fourchue, composée de douze pennes, dépasse les ailes de dix lignes.
M. Moehring a observé que dans cette espèce le bout de la langue n’est tronqué que sur les bords, de chacun desquels part un filet, et que la partie intermédiaire est entière et se relève presque verticalement.