‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 3)Chapitre 73 sur 495 · LA MÉSANGE BLEUE · texte numérisé non relu

LA MÉSANGE BLEUE

de bleu sur la tête, et ce bleu, ainsi que le jaune du dessous du corps, est moins vif : ce qui est blanc dans l’un et l’autre est jaunâtre dans les petits qui commencent à voler ; ce qui est bleu dans ceux-là est brun-cendré dans ceux-ci, et les pennes des ailes de ces derniers ont les mêmes dimensions relatives que dans les vieux.

Longueur totale, quatre pouces et demi; bec, quatre lignes et demie, les deux pièces égales et sans aucune échancrure; langue tronquée, terminée par plusieurs filets, dont quelques-uns sont cassés pour l’ordinaire ; tarse, six lignes et demie; pieds gros et trapes, dit Belon, ongle postérieur le plus fort de tous; vol, sept pouces; queue, vingt-cinq lignes : dépasse les ailes de douze; chacune de ses moitiés, composée de six pennes, est étagée. Les jeunes, en assez grand nombre, que j’ai disséqués sur la fin de mai, avaient tous le gésier un peu plus petit que leur mère, mais le tube intestinal aussi long; deux légers vestiges de cæcum, point de vésicule du fiel.

Quelques naturalistes ont donné à cet oiseau le nom de barbue; mais comme ce nom a été consacré spécialement à une autre famille d’oiseaux j’ai cru devoir ne le point laisser à celle-ci, afin de prévenir toute confusion.

Je ne sais si cette mésange existe réellement aux Indes, comme le suppose la dénomination adoptée par M. Frisch, mais il paraît qu’elle est fort commune en Danemark, et qu’elle commence à se faire voir en Angleterre. M. Edwards parle de plusieurs de ces oiseaux mâles et femelles qui avaient

a. Parus harlâ nigrâ utrimque ab oculis dependente ; en allemand, spitz hartiger, langschwantz. Klein , Ordo avium , p. 86 , n° 8. — Passer barbatus Indiens ; en allemand , indianischer bart-sperling , moineau barbu des Indes. Friscb, class. 1, div. 2, art. 8. — The bearded tit-mouse, beard-manica front, Juteland , mésange barbue de Jutland. Albin, Hist. nat. des oiseaux , t. I, n° 48. — The least-butcher-bird ; lanius minimus , la petite pie-griècbe. Edwards, pl. 15. — « Parus biarmicus, vertice cano, caudà corpore longiore, capite barbato. » Linnæus, Syst. nat., édit. XIII, p. 342. Cette phrase par laquelle M. Linnæus désigne ici le moustache de M. Brisson, il s’en est servi ailleurs pour désigner la mésange à longne queue. — « Parus supernè rufus, infernè cinereo-albus, cum aliquà ruhedinis mixturà; vertice dilutèo cinereo; pennis utrimque secundùm maxillas nigris, longissimis barbulæ æmulis; rectricibus « ruiis , extimà exteriùs in exortu nigricante , versus apicem griseo-rufescente , intermediis « longissimis (Mas). » — « Parus supernè rufus, maculis longitudinalibus nigricantibus « varias, infernè cinereo-albus; vertice obscurè fusco; rectricibus binis intermediis rufis, « lateralibus nigricantibus, apice albis, intermediis longissimis (Fœmina). » Parus barbatus, la mésange barbue ou le moustache. Brisson , t. III , p. 567. — Parus barbatus , seu passerculus arundinaceus ; en espagnol, parosolino barbato délié paludi. Salerne, Hist. nat. des oiseaux , p. 217. La figure ne s’accorde point avec la description.

b. C’est le genre des barbus de M. Brisson, t. IV, p. 91, oiseaux qui ont comme notre couccu deu.\ doigts en avant et deux en arrière.

* Parus biarmicus (Linn.). — Genre id. , sous-genre Moustaches (Cuv. ).

été tués aux. Guvirons (1g LondrGs, niais cjui y GtaiGiit GiicorG trop pGU connus, dit CGt autour, pour avoir un nom dans 1g pays. Gomma madamo la cointGSSG d’AlbormalG en avait rapporté du Danomark “ uno granda cogo plciiiG, CG sont sans douta qualquas-uns de cas prisonniors échappés qui sg seront multipliés gu Anglotarro Gt qui y auront fondé uno colonio nouvollo; mais d’où vanaiont eaux qu’Albin avait ouï dira qu’on trouvait dans las provinces d’Essex et de Lincoln, et toujours dans les endroits marécageux?

Il serait à désirer que l’on connût plus exactement les mœurs de ces oiseaux; leur histoire pourrait être curieuse, du moins à juger par le peu qu’on en sait : on dit que lorsqu’ils reposent, le mâle a soin de couvrir sa compagne de ses ailes; et cette seule attention, si elle était bien constatée, en supposerait beaucoup d’autres et beaucoup de détails intéressants dans toute la suite des opérations qui ont rapport à la ponte.

Le trait le plus caractérisé de la physionomie du mâle, c’est une plaque noire à peu près triangulaire qu’il a de chaque côté de la tête; la base de ce triangle renversé s’élève un peu au-dessus des yeux, et son sommet, dirigé en en-bas, tombe sur le cou à neuf ou dix lignes de la base : on a trouvé à ces deux plaques noires, dont les plumes sont assez longues, quelque rapport avec une moustache , et de là les noms qui ont été donnés dans tous les pays à cet oiseau. M. Friscb croit qu’il a de l’analogie avec le serin, et que les individus de ces deux espèces pourraient s’apparier avec succès; mais, ajoute-t-il, l’espèce moustache est trop rare pour que l’on puisse multiplier suffisamment les expériences qui seraient nécessaires pour décider la question. Cette opinion de M. Friscb ne peut subsister avec celle de MM. Edwards et Linnæus, qui trouvent à la moustache beaucoup d’affinité avec la pie-grièche : toutefois ces deux opinions, quoique contradictoires, ont un résultat commun, c’est que les trois observateurs ont vu le bec de la moustache plus gros que ne l’est ordinairement celui des mésanges, et que par conséquent cet oiseau pourrait être renvoyé aux demi-fins. D’un autre côté, M. Lottinger m’assure qu’il niche dans des trous d’arbres, et qu’il va souvent de compagnie avec la mésange à longue queue : ce qui , joint à l’air de famille et à d’autres rapports dans la taille, la forme extérieure, la contenance, les habitudes, nous autorise à le laisser parmi les mésanges.

Le mâle a la tête d’un gris de perle, la gorge et le devant du cou d’un blanc argenté ; la poitrine d’un blanc moins pur, teinte de gris dans quelques individus, de couleur de rose dans les autres; le reste du dessous du corps roussâtre; les couvertures inférieures de la queue noires; celles des ailes d’un blanc jaunâtre ; le dessus du corps roux clair ; le bord anterieur des ailes blanc ; les petites couvertures supérieures noirâtres, les grandes

a. Je suis surpris que. cet oiseau étant aussi commun en Danemark, son nom ne se trouve point dans le Zoologiæ Danicœ prodromus de M. Muller.

bordées de roux ; les pennes moyennes de même, bordées intérieurement d’un roux plus clair; les grandes pennes bordées de blanc en dehors, celles de la queue entièrement rousses, excepté la plus extérieure qui est noirâtre à sa base et d’un cendré roux vers son extrémité; l’iris orangé, le bec jaunâtre et les pieds bruns.

Dans la femelle il n’y a aucune teinte rouge sous le corps, ni plaques noires aux côtés de la tête : celle-ci est brune, ainsi que les couvertures inférieures de la queue, dont les pennes latérales sont noirâtres, terminée?, de blanc. La femelle est aussi un peu plus petite que le mâle.

Longueur totale de ce dernier, six pouces un quart; bec, moins de six lignes, le supérieur un peu crochu, mais sans aucune échancrure, dit M. Edwards lui-même, ce qui ne ressemble guère à une pie-grièche; tarse, huit lignes et demie; vol, six pouces et demi; queue, trente-six lignes, composée de douze pennes étagées, en sorte que les deux extérieures n’ont que la moitié de la longueur des deux intermédiaires ; dépasse les ailes de vingt-sept lignes.

LE REMIZ.»*

M. Edwards soupçonne (page et planche 55) que cette mésange, représentée dans l’ouvrage d’ Albin, tome III, planche 57, est la même que la mésange barbue, représentée tome I, planche 48; mais ce soupçon me

a. Parus palustris n'dum suspendens. Monü , Comment. Institut. Bûnon.,%. II, part, n, p. 56. — Parus minimus, quibusdam acanthis Romana ; en allemand, tuelden-meise (mésange des saules) ; en polonais , remez, remis , remiz, remizawy ptak , remicz , remitsch , remisch, romisch { oiseau romain ) ; en russe , remessof ; à Bologne , pendolino. Daniel Titius , dans sa Description , Leipzig, 1755. — Parus nidum suspendens. Rzaczynski, Auctuar. Polor.., p. 402. « Bohemorum maudicek aviculam, non sine restrictione pendul num dixerim. » Idem, Hist. Polon. En quoi, dit Daniel Titius, Rzaczynski me paraît s’ètre trompé , page 38. — Parus Lithuanicus nidum suspendens. Klein, Ordo aOTwm , page 86 ; en allemand , die volhinische beatel-meisse. Klein, cité par Daniel Titius. — Parus montanus ; en anglais, the mountain tiie,or tit-mouse. Albin, Hist. nat. des oiseaux , t. III , pl. 57. — « Parus capite subferrugi- « neo; fascià oculari nigrâ; remigibus rectricibusque fuscis, margine utroque ferrugineo. » Pendulinus. Linnæus, Syst. nat.. édit. XIII, gen. 116, sp. 13, p. 343. —Pendulus; en autrichien, rohrspatz , persianischer spatz, türkischer spatz. Kramer, Etenchus Austr. inferior., p. 373. — Remés. Gmelin, Voyage en Sibérie, t. II, p. 203. — « Parus supernè griseus cum « aliquàin dorso supremo rufescentis mixtui'à, interné albo-rufescens ; collo superiore cinereo; « collo inferiore et pectore albo-cinereis; vertice albido ; sincipite et tænià per oculos nigris; « rectricibus fuscis , albo fimbriatis, » Parus Polonicus sive pendulinus, la mésange de Pologne ou le remiz. Brisson , t. III , p. 565. — Le nom de picus nidum suspendens , qu’Aldrovande a donné au loriot, et qu’il a emprunté de Pline, convient beaucoup mieux au remiz. Quelquesuns ont distingué un remiz de terre et un remiz aquatique , mais probablement celui-ci est l’ortolan de roseaux. Enfin, l’auteur anonyme d’im Mémoire inséré dans le Journal de Physique du mois d'août 1776, donne au remiz le nom de mésange de marais.

* Parus pendulinus ( Linn. ). — Genre id., sous-genre Remiz (Guy.).

gg LE REMIZ,

paraît démenti: 1” par les figures mêmes citées, lesquelles sont différentes et représentent chacune assez fidèlement l’oiseau dont le nom est au bas ;

2° par la taille, puisque, suivant Albin, la mésange barbue pèse plus de neuf gros, et qu’il fait le remiz égal à la mésange bleue qui pèse trois gros seulement • 3° par le plumage, et notamment par la bande noire qu’ont ces deux oiseaux de chaque côté de la tête, mais posée tout autrement dans l’un et dans l’autre • 4“ enfin, par la différence du climat. Albin assignant pour son séiour ordinaire, à ta mésange barbue, quelques provinces d’Angleterre et au remiz l’Allemagne et l’Italie. D’après tout cela, MM. Kramer et Linnæus ne me semblent pas mieux fondés à soupçonner que ces deux mésanges ne diffèrent entre elles que par le sexe; et j’avoue que je n’aperçois pas non plus la grande affinité que M. Edwards et le même M. Linnæus ont cru voir entre ces deux oiseaux d’une part et les pies-grièches de l’autre; à la vérité, ils ont comme les pies-grièches un bandeau noir sur les yeux , et le remiz sait ourdir, comme elles, les matériaux dont il compose son nid ; mais ces matériaux ne sont pas les mêmes, ni la manière d’attacher le nid, non plus que le bec, les serres, la nourriture, la taille, les proportions, la force, les allures, etc. Suivant toute apparence, M. Edwards n’avait point vu le remiz, non plus que les autres naturalistes qui ont adopté son avis ; un seul coup d’œil sur le n“ 618 de nos planches enluminées eut suffi pour les désabuser.

Ce qu’il y a de plus curieux dans l’histoire des remiz, c est 1 art recherché qu’ils apportent à la construction de leur nid; ils y emploient ce duvet léo'er qui se trouve aux aigrettes des fleurs du saule, du peuplier, du tremble, du juncago, des chardons, des pissenlits, de l’herbe aux moucherons, de la masse d’eau, etc.“; ils savent entrelacer avec leur bec cette matière filamenteuse et en former un tissu épais et serré, presque semblable à du drap; ils fortifient le dehors avec des fibres et de petites racines qui pénètrent dans la texture, et font en quelque sorte la charpente du nid ; ils garnissent le dedans du même duvet non ouvré ^ pour que leurs petits y soient mollement; ils le ferment par en haut afin qu’ils y soient chaudement, et ils le suspendent avec du chanvre, de l’ortie, etc., à la bifurcation d une petite branche mobile, donnant sur une eau courante, pour qu’ils soient bercés plus doucement par la liante élasticité de la branche, pour qu’ils se trouvent dans l’abondance, les insectes aquatiques étant leur principale nourriture %

a Comme les saules et les peupliers fleurissent avant la masse d’eau, les remiz emploient le duvet des fleurs de ces deux espèces d’arbres dans la construction du nid ou ils font leur première uonte- et les nids travaillés avec ce duvet sont moins fermes, mais plus blancs que ceux où le duvet de la masse d’eau a été employé : c’est, dit-on, une manière assez sûre de distiniruer une iiremière ponte d’une seconde et d’une troisième. On trouve aussi de ces nids faits de gramen des marais, de poils de castor, de la matière cotonneuse des cliardoris, etc

b. Quelquefois ce duvet, cette matière cotonneuse est pelotonnée en petits globules qui ne

rendent pas l’intéiieur du nid moins mollet ni moins doux. . . x ♦ >

c. M. Monti a trouvé dans l’estomac de ces oiseaux des insectes extrêmement broyés, et n y a

trouvé que cela.

LE REMIZ.

enfin, pour qu’ils soient en sûreté contre les rats, les lézards, les couleuvres et autres ennemis rampants, qui sont toujours les plus dangereux; et ce qui semble prouver que ces intentions ne sont pas ici prêtées gratuitement à ces oiseaux, c est qu’ils sont rusés de leur naturel , et si rusés que, suivant MM. Monti et Titius, 1 on n en prend jamais dans les pièges de même qu on 1 a remarqué des carouges, des cassiques du Nouveau-Monde, des gros-becs d Abyssinie et autres oiseaux qui suspendent aussi leurs nids au bout d’une branche. Celui du remiz ressemble tantôt à un sac, tantôt à une bourse fermée, tantôt à une cornemuse aplatie, etc. il a son entrée dans le flanc, presque toujours tournée du côté de l’eau, et située tantôt plus haut, tantôt plus bas; c’est une petite ouverture à peu près ronde, d’un pouce et demi de diamètre et au-dessous, dont le contour se relève extérieurement en un rebord plus ou moins saillant % et quelquefois elle est sans aucun rebord. La femelle n’y pond que quatre ou cinq œufs, ce qui déroge notablement à la fécondité ordinaire des mésanges, dont les remiz ont d ailleurs le port, le bec, le cri et les principaux attributs. Ces œufs sont blancs comme la neige, la coque en est extrêmement mince ; aussi sont-ils presque transparents. Les remiz font ordinairement deux pontes chaque année : la première en avril ou mai et la seconde au mois d’août; il est plus que douteux qu’ils en fassent une troisième.

On voit des nids de remiz dans les marais des environs de Bologne , dans ceux de la Toscane, sur le lac Trazimène, et ils sont faits précisément

a. On les surprend quelquefois dans le nid, ajoute Titius, au coucher du soleil, ou lorsque le temps est nébuleux et chargé de brouillards.

b Cajetan Monti en a fait dessiner un, et Daniel Titius deux : ces trois nids diffèrent nonseulement entre eux, mais de celui qu’a fait dessiner Bonanni, et pour la grandeur et pour la lorme. Le plus grand de tous (Titius, pl. 2 ) avait sept pouces de longueur et quatre et demi e largeur ; il était suspendu à la fourche d’une petite branche avec du chanvre et du lin ; le plus petit ( planche 1 ) était long de cinq pouces et demi, large de même à sa partie supérieure et se terminait en une pointe obtuse : c’est, selon Titius, la forme la plus ordinaire; celui de Monti était pointu en haut et en bas. Titius soupçonne que les remiz ne font qu’ébaucher leurs nias à la première ponte, et qu’alors les parois en sont minces et le tissu tout à fait lâche, mais qu a chaque nouvelle ponte ils les perfectionnent et les fortifient, et qu’en les défaisant on reconpait ces couches additionnelles toujours plus fermes en dehors, plus mollettes en ded^set de la on déduit aisément les différences de forme et de grandeur qu’on observe entre ces nids’, un a trouve sur la fin de décembre 1691, près de Breslau, une femelle tarin dans un de ces memes nids, avec un petit éclos et trois œufs qui ne l’étaient pas encore : cela prouve que les lüs des remiz subsistent d’une année à l’autre. Titius ajoute qu’on ne doit pas être surpris de ^011 un tarin couvant l’hiver, puisqu’on sait que les becs-croisés font de même.

celui de la mésange à longue

queue, quoiquil sût tres-bien que l’oiseau quiTavait fait s’appelait pendulino. Voyez son Orniflit ^ accolés ensemble : cela rappelle ce que

r v,.l ^ entrée que l’on trouve dans la Pokutie, sur les

■met 17^ Un autour anonyme , dont le mémoire est dans le Journal de Physique ,

san^f. •' 1 ™ qu’Aldrovaude, et, après avoir comparé le remiz et la mé-'

vampï queue, trouve beaucoup d’analogie entre ces deux oiseaux. Cependant, en suinliK cuient sa méthode de comparaison, il eût trouvé que le remiz a le bec et les pieds SS proportion, la queue plus courte, l'envergure aussi, et le plumage différent.

LE REMIZ.

cornm6 ceux d6 Ifi LitliuoniB, de la Yolhinia, d6 la Pologna 6t da 1 Allamagne; las gens simples ont pour eux une vénération superstitieuse ; chaque cabane a un de ces nids suspendu près de la porte : les propriétaires le regardent comme un véritable paratonnerre et le petit architecte qui le construit comme un oiseau sacré. On serait tenté de faire un reproche à la nature de ce qu’elle n’est point assez avare de merveilles, puisque chaque merveille est une source de nouvelles erreurs.

Ces mésanges se trouvent aussi dans la Boheme, la Silesie, 1 Ukraine, la Russie, la Sibérie, partout en un mot où croissent les plantes qui fournissent cette matière cotonneuse dont elles se servent pour construire leur nid mais elles sont rares en Sibérie, selon M. Gmelin ^ et elles ne doivent pas non plus être fort communes aux environs de Bologne, puisque, comme nous l’avons dit plus haut, Aldrovande ne les connaissait pas; cependant, M. Daniel Titius regarde l’Italie comme le vrai pays de leur origine % d’où elles ont passé par l’État de Yenise, la Carinthie et 1 Autriche dans le royaume de Bohême, la Hongrie, la Pologne et les contrées encore plus septentrionales. Partout, ou presque partout, elles se tiennent dans les terrains aquatiques, et savent fort bien se cacher parmi les joncs et les feuillages des arbres qui croissent dans ces sortes de terrains. On assure qu’elles ne changent point de climat aux approches de l’hiver'^. Cela est facile à comprendre pour les pays tempérés où les insectes paraissent toute 1 année ; mais dans les pays plus au nord , je croirais que les remiz changent au moins de position pendant les grands froids, comme font les autres mésanges, et qu’ils se rapprochent alors des lieux habités. M. Kramer nous apprend , en effet, qu’on en voit beaucoup plus l’hiver qu’en toute autre saison aux environs de la ville de Pruck, située sur les confins de 1 Autriche et de la Hongrie, et qu’ils se tiennent toujours de préférence parmi les joncs et les roseaux.

On dit qu’ils ont un ramage; mais ce ramage n’est pas bien connu, et cependant on a élevé pendant quelques années de jeunes remiz pris dans le nid, leur donnant des œufs de fourmi pour toute nourriture H faut donc qu’ils ne chantent pas dans la cage.

Le plumage de cet oiseau est fort vulgaire; il a le sommet de la tête

O. Daniel Titius remarque qu’eu effet U y a beaucoup de marécages et d’arbres ou plantes aquatiques, telles que saules, aunes, peupliers, jacées, asters, hkracium , juncago , etc., dans la Volhinie, la Eolésie, la Lithuanie et autres cantons de la Pologne, que les remiz semblent aimer de préfci ence.

6. Voyage en Sibérie, t. II , p. 203. Le conseiller J.-Ph. de Strahlenberg avait observe ces oiseaux en Sibérie avant .M. Gmelin , selon Daniel Titius.

c. C’est de là que leur sont venus les noms de romisrh , à’acanthides Romanæ, d’oiseaux romains.

d. Cajetin Monti et Daniel Titius.

e. Daniel Titius, pages 24 et 44. 11 dit ailleurs qu’ils chantent mieux que la mésange à longue queue, laquelle chante fort bien . suivant Bclon.

LE REMIZ.

blanchâtre, l’occiput et le dessus du cou cendrés tout le dessus du corps gris, mais teinté de roussâtre dans la partie antérieure ; la gorge et tout le dessous du corps blanc, teinté de gris cendré sur l’avant et de roussâtre sur l’arrière; un bandeau noir sur le front qui s’étend horizontalement de part et d’autre sur les yeux et fort au delà des yeux; les couvertures supérieures des ailes, brunes, bordées d’un roux qui va se dégradant vers leur extrémité; les pennes de la queue et des ailes, brunes aussi, mais bordées de ^blanchâtre; le bec cendré, les pieds cendré rougeâtre.

Il paraît, d’après la description de M. Cajetan Monti, qu’en Italie ces oiseaux ont plus de roux dans leur plumage et une légère teinte de vert sur les couvertures supérieures des ailes, etc., et, d’après celle de M. Gmelin, qu’en Sibérie ils ont le dos brun, la tête blanche et la poitrine teintée de roux; mais ce ne sont que des variétés de climat, ou peut-être de simples variétés de description; car il suffit de regarder de plus près ou dans un autre jour pour voir un peu dilféremment.

La femelle, suivant M. Kramer, n’a pas le bandeau noir comme le mâle; suivant M. Gmelin elle a ce bandeau, et en outre la tête plus grise que le mâle et le dos moins brun; tous deux ont l’iris jaune et la pupille noire, et ils ne sont guère plus gros que le troglodyte, c’est-à-dire qu’ils sont à peu près de la taille de notre mésange bleue.

Longueur totale, quatre pouces et demi; bec, cinq lignes; le supérieur un peu recourbé, l’inférieur plus long dans tes jeunes *; tarse, six lignes et demie; ongles très-aigus, le postérieur le plus fort de tous; vol, sept pouces un tiers; queue, deux pouces, composée de douze pennes, un peu étagées; dépasse les ailes de treize lignes.

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