‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 40 sur 105 · Molasse : grés plus ou moins argileux et calcaire · texte numérisé non relu

Molasse : grés plus ou moins argileux et calcaire

ET DE SUBSTANCES CALCAIRES

lesquelles la matière schisteuse se reconnaît à des caractères non équivoques, et paraît avoir été ou déposée par entassements successifs, et alternativement avec la matière calcaire, ou introduite en petite quantité dans les scissures et les fentes de ces mêmes matières calcaires ; 3“ que les mélanges les plus grossiers et les moins intimes de l’argile et de la matière calcaire nous sont représentés par 1a pierre molasse et même par la marne; et nous pouvons aisément concevoir dans combien de circonstances ces mélanges de schiste ou d’argile et de substance calcaire, plus ou moins grossiers, ou plus ou moins intimes, ont dû avoir lieu, puisque les eaux n’ont cessé, tant qu’elles ont couvert le globe, comme elles ne cessent encore au fond des mers, de travailler, porter et transporter ces matières , et par conséquent de les mélanger dans tous les lieux où les lits d’argile se sont trouvés voisins des couches calcaires, et où ces dernières n’auraient pas encore recouvert les premières.

Cependant ces éléments ne sont pas les seuls que la nature emploie pour le mélange et l’union de la plupart des mixtes : indépendamment des détriments vitreux et calcaires, elle emploie aussi la terre végétale qu’on doit distinguer des terres calcaires ou vitreuses , puisqu’elle est produite en grande partie parla décomposition des végétaux et des animaux terrestres, dont les détriments contiennent non-seulement les éléments vitreux et calcaires qui forment la base des parties solides de leur corps, mais encore tous les principes actifs des êtres organisés, et surtout une portion de ce feu qui les rendait vivants ou végétants. Ces molécules actives ‘ tendent sans cesse à former des combinaisons nouvelles dans la terre végétale; et nous ferons voir dans la suite que les plus brillantes comme les plus utiles des productions du règne minéral appartiennent à cette terre qu’on n’a pas jusqu’ici considérée d’assez près.

DE LA TERRE VÉGÉTALE. 2

La terre purement brute, la terre élémentaire, n’est que le verre primitif^ d’abord réduit en poudre et ensuite atténué, ramolli et converti en argile par l’impression des éléments humides ; une autre terre, un peu moins brute, est la matière calcaire produite originairement parles dépouilles des

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