‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 51 sur 105 · Voyez la note 2 de la page · texte numérisé non relu

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DU CHARBON DE TERRE

général qu'aucune substance dans la nature n’est combustible ' qu’en raison de la quantité de matière végétale ou animale qu’elle contient, puisque avant la naissance des animaux et des végétaux , la terre entière a non-seulement été brûlée, mais fondue et liquéfiée par le feu ; en sorte que toute matière purement brute ne peut brûler une seconde fois

Et l’on aurait tort de confondre ici le soufre avec les bitumes, par la raison qu’ils se trouvent souvent ensemble dans le charbon de terre : le soufre ne provient que de la combustion des pyrites formées elles mêmes de l’acide et du feu fixe ^ contenus dans les substances organisées , au lieu que les bitumes ne sont que leurs huiles grossières imprégnées d’acide : aussi les bitumes ne contiennent point de soufre , et les soufres ne contiennent point de bitume ; ces deux combinaisons opposées dans des matières qui toutes deux proviennent du détriment des corps organisés, indiquent assez que les moyens employés par la nature pour les former sont diflerents l’un de l’autre , puisque ces deux produits ne se réunissent ni ne se rencontrent ensemble. En effet le soufre est formé par l’action du feu, et le bitume par celle de l’acide sur l’huile; le soufre se produit par la combinaison du feu fixe contenu dans les substances organisées lorsqu’il est saisi par l’acide vitriolique ; les bitumes, au contraire , ne sont que les huiles mêmes des végétaux décomposés par l’eau et mêlés avec les acides : aussi l’odeur du soufre et celle du bitume sont-elles très-différentes dans la combustion ; et l’un des plus grands défauts que puisse avoir le charbon de terre, surtout pour les usages de la métallurgie , c’est d’être trop mêlé de matière pyriteuse, parce que dans la combustion, les pyrites donnent une grande quantité de soufre; l’excellente qualité du charbon vient au contraire de la pureté de la matière végétale et de l’intimité de son union avec le bitume^; néanmoins les charbons trop bitumineux ont peu de cha-

а. Si l’on objecte qu’il ?c produit du soufre non-seulement par le feu , mais sans feu , et par ce que Ton appelle la voie humide, comme dans les voiries et les fosses d’aisances, je répondrai que ce passage ou changement ne se fait que par une effervescence accompagnée d’une chaleur qui fait ici le même effet que le feu.

б. « Les charbons de terre brûlent d’autant plus longtemps qu’ils prennent difficilement le « feu; ils se consument d’autant plus promptement qu’ils s’enflamment plus aisément ; ces « circonst nces sont pins ou moins marquées, selon que les charbons sont purs, bitumineux et « compactes; ainsi, celui qui s’allume difficilement en donnant une belle flamme claire et

1 .N’est comiustible. Le soufre est très-combushble , et ne contient pourtant aucune

matière végétale ni animale (voyez la note 4 de la page 16 ).

2 Brûler une seconde fois : toute matière brute peut brûler, c’est-à-dire être liquéfiée et

fondue par le feu, une seconde fois. A la chaleur de la pile, toutes les matières sont fusibles. (Voyez les notes l et 2 de la page 36 du IX« volume. )

3. Les pyrites sont des sulfures métalliques (voyez la note 2 de la page 87). Le soufre, pris en soi, ne provient pas des pyrites : c’est, au contraire, le soufre, qui, uni aux métaux, donne les pyrites.

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