Voyez les notes précédentes sur le prétendu feu fixe
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leur et donnent une flamme trop passagère , et il paraît que la parfaite qualité du charbon vient de la parfaite union du bitume avec la base terreuse, qui ne permet que successivement les progrès et le développement du feu.
Or les matières végétales se sont accumulées en masses, en couches, en veines, en filons, ou se sont dispersées en petits volumes, suivant les différentes circonstances; et lorsque ces grandes masses, composées de végétaux et de bitume, se sont trouvées voisines de quelques feux souterrains, elles ont produit, par une espèce de distillation naturelle, les sources de pétrole, d’asphalte et des autres bitumes liquides que l’on voit couler quelquefois à la surface de la terre, mais plus ordinairement à de certaines profondeurs dans son intérieur, et même au fond des lacs®
« brillante, comme fait le charbon de bois, est réputé de la meilleure espèce Si, au con-
« traire, le charbon de terre se décompose ou se désunit facilement, s’il se consume aussi aisé- « ment qu’il prend flamme, il est d’une qualité inférieure.
« Une des propriétés du charbon de terre est de s’étendre en s’enflammant comme l'huile, le « suif, la cire, la poix, le soufre, le bois et autres matières inflammables : on doit en général « juger avantageusement d’un charbon qui au feu se déforme d’abord en se grillant, et qui « acquiert ensuite de la solidité; les uns, et ce sont les meilleurs, comme la houille grasse, le « charbon dit maréchal, flambent, se liquéfient plus ou moins eu brûlant comme la poix, se « gonflent, se collent ensemble dans les vaisseaux fermés, ils se réduisent entièrement en « liquescence. On remarque que cette espèce ne se dissout ni dans l’eau, ni dans les huiles, ni « dans l’esprit-de-vin; les autres enfin s’embrasent sans donner ces phénomènes. » — Il serait à désirer que M. Morand eût indiqué où se trouvent ces charbons qui se réduisent entièrement en liquescence dans les vaisseaux fermés; nous n’en connaissons point de cette espèce ; j’observerai de plus qu’il n’y a point de charbon de terre que l’esprit-de-vin n’attaque plus ou moins.
« Le charbon de terre est encore de bonne espèce quand il donne peu de fumée, ou lorsque « la fumée qu’il répand est noire, quand son exhalaison est plutôt résineuse que sulfureuse, « et qu’elle n’est point incommode.
« Toutes ces circonstances, tant dans la manière dont il brûle que dans les phénomènes « résultants au feu surtout, dépendent, comme de raison, de la quaUté plus ou moins bitu- « mineuse ou plus ou moins pyriteuse du charbon.
« Un charbon qui est en grande partie ou en totalité bitumineux brûle fort vite en donnant « une odeur de naphte; celui qui l’est peu ne se soutient pas facilement en masse quand le feu « l’attaque à un certain degré : il en est qui est d’assez bonne durée, mais le feu dissipant « promptement la portion de graisse qui y était alliée, les petites alvéoles ou loges dans les- « quelles elle était renfermée se désunissent, se séparent par petites parcelles, quelquefois assez
« grandes Ces sortes de charbons ne peuvent tenir au soufflet , le vent les enlève, et ils sont
« très-peu profitables au feu ; d’autres au contraire, qui étaient friables, sont d’un bon usage, « leurs parties se réunissant et se collant au feu.
« De même que le bitume est dans quelques charbons le seul principe inflammable, il s’en « trouve d’autres qui doivent à la pyrite presque seule leur inflammabilité. » — Je ne sais si cette assertion est bien fondée, car tous les charbons de terre que nous connaissons donnent du bitume ou ne brûlent pas. « C’est ainsi que les charbons, selon qu’ils sont plus ou moias « chargés de pyrites, se consument plus ou moins lentement ; celui de Newcastle est long à se « consumer; mais celui de Suritherland, au comté de Durham, qui est très-pyriteux, brûle plus « longtemps encore jusqu’à ce qu’il se réduise en cendres. » Du Charbon de terre, etc., par M. Morand, pag. 1152 et 1153.
a. L’asphalte est en très-grande quantité dans la mer morte de Judée, à laquelle on a même donné le nom de lac Asphaltique: ce bitume s’élève à la surrace de l’eau, et les voyageurs ont
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et (le quelques plages de la mer Ainsi toutes les huiles qu’on appelle terrestres, et qu’on regarde vulgairement comme des huiles minérales, sont des bitumes qui tirent leur origine des corps organisés et qui appartiennent encore au règne végétal ou animal : leur inflammabilité, la constance et la durée de leur flamme, la quantité très-petite de cendres, ou plutôt de matière charbonneuse qu’ils laissent après la combustion, démontrent assez que ce ne sont que des huiles plus ou moins dénaturées par les sels de la terre, ([ui leur donnent en même temps la propriété de se durcir et de faire ciment dans la plupart des matières où ils se trouvent incorporés.
Mais pour nous en tenir à la seule considération du charbon de terre dans son état de nature, nous observerons d’abord qu’on peut passer par degrés, de la tourbe récente et sans mélange de bitume, à des tourbes plus anciennes devenues bitumineuses , du bois charbonnifié aux véritables charbons de terre, et que par conséquent on ne peut guère douter, indépendamment des preuves rapportées ci-devant, que ces charbons ne soient de véritables végétaux que le bitume a conservés. Ce qui me fait insister sur ce point, c’est qu’il y a des observateurs qui donnent à ces charbons une tout autre origine : par exemple, M. Genneté prétend que le charbon de terre est produit par un certain roc ou grès auquel il donne le nom iïagas^’, et M. de Gensane, l’un de nos plus savants minéralogistes, veut que la substance de ce charbon ne soit que de l’argile. La première opinion n’est fondée que sur ce que M. Genneté a vu des veines de charbon sous des bancs de grès ou d’agas , lesquelles veines paraissent s’augmenter ou se régénérer dans les endroits vides dont on a tiré le charbon quelques années auparavant : il dit positivement que le roc [agas] est la matrice du charbon*^; que, dans le pays de Liège, la masse de ce roc est à celle du charbon comme 25 sont à 1 ; en sorte qu’il y a vingt-cinq pieds cubiques de roc pour un pied cube de charbon, et qu’il est étonnant que ces vingt- cinq pieds de roc suffisent pour fournir le suc nécessaire à la formation d’un pied
remarqué dans les plaints voisines de ce lac plusieurs pierres et mottes de terre bitumineuses. Voyage de Pietro délia Vallc, t. II , p. 76.
а. FlacourL dit avoir vu entre le cap Vert et cap de Bonne-Espérance un espace de mer qui avait une teinture jaune, comme d’une huile ou bitume qui surnageait, et qui, venant à se figer par succession de temps, durcit ainsi que l’ambre jaune ou succiia. Voyage à Madagascar, t. 1, p. 237.
б. « La m Urice dans laquelle s’arrangent les veines de houille est une sorte de grès dur comme du fer, dans l’intérieur de la terre, mais qui se réduit eu poussière lorsqu’il est exposé à l’air : les bouilleurs nomment cette pierre agas. » Genneté, Connaissance des veines de houille, etc., p. 24. — J’ai vu de ces pierres pyriteuses qui sont en effet très-dures dans l’interieur de la terre, et dont on ne peut percer les bancs qu’à force de poudre, et qui se décomposfnt à l’air; elles se trouvent assez souvent au-dessus des veines de charbon.
c. Connaissance des veines de houille, etc., p. 23.
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cube de charbon “ : il assure qu’il se reproduit dans ces mêmes veines trente ou quarante ans après qu’elles ont été vidées, et que ce charbon nouvellement produit les remplit dans ce même espace de temps**. «On « voit, ajoute-t-il, que la houille est formée d’un suc bitumineux qui distille « du roc, s’y arrange en veines d’une grande régularité, s’y durcit comme « la pierre; et voilà aussi sans doute pourquoi elle se reproduit. Mais pen- « dant mille ans qu’une veine de houille demeure entre les bancs de roc « qui la soutiennent et la couvrent, sans aucun vide, et sans que cette « veine augmente en épaisseur, non plus qu’en long et en large, et encore « sans qu’elle fasse dépôt ailleurs, autant qu’on sache , que devient donc « le suc bitumineux qui, dans quarante ans, peut reproduire et produit en « effet une semblable veine? Je ne sais, continue-t-il, s’il est possible de « dévoiler ce mystères »
M. Genneté est peut-être de tous nos minéralogistes celui qui a donné les meilleurs renseignements pour l’exploitation des mines de charbon, et je rends bien volontiers justice au mérite de cet habile homme, qui a joint à une excellente pratique de très-bonnes remarques; mais sa théorie, que je viens d’exposer, ne me paraît tirée que d’un fait particulier dont il ne fallait pas faire un principe général ; il est certain, et je l’ai vu moi-même, qu’il se forme, dans quelques circonstances, des charbons nouveaux par la stillation des eaux, de la môme manière qu’il se forme de nouvelles pierres, des albâtres et des marbres nouveaux dans tous les endroits vides qui se trouvent au-dessous des matières de même espèce; ainsi dans une veine de charbon, tranchée verticalement et abandonnée depuis du temps, on voit, sur les parois et entre les petits lits de l’ancien charbon, une concrétion ordinairement brune et quelquefois blanchâtre, qui n’est qu’une véritable stalactite ou concrétion de la même nature que le charbon dont elle lire son origine par la filtration de l’eau. Ces incrustations charbonneuses peuvent augmenter avec le temps, et peut-être remplir dans une longue succession d’années une fente de quelques pouces, ou si l’on veut de quelques pieds de largeur; mais, pour que cet effet soit proluit, il est nécessaire qu’il y ait au-dessus ou autour de la fente ou cavité qui se remplit, une masse de charbon, laquelle puisse fournir non-seulement le bitume, mais encore les autres parties composantes de ce charbon qui se forme, c’est-à-dire la partie végétale, sans quoi ce nouveau charbon ne ressemblerait pas à l’autre; et s’il ne découlait que du bitume, la stillation ne formerait que du bitume pur et non pas du charbon : or, M. Genneté convient et même affirme que les veines anciennement vidées se remplissent, en quarante ans, de charbon tout semblable à celui qu’elles contenaient, et que cela ne se
a. Connaissance des veines de houille , etc., p. 23.
b. Idem , p. 123 .
c. Idem , p. 124.
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fait que par le suintement du bitume fourni par le roc voisin de cette veine : dès lors, il faut qu’il convienne aussi que cette veine ne pourrait par ce moyen être remplie d'autre chose que de bitume et non pas de charbon ; il faut de même qu’il fasse attention à une chose très-naturelle et très-possible, c’est qu’il y a certaines pierres, agas ou autres, qui non-seulement sont bitumineuses, mais encore mélangées par lits ou par filons de vraie matière de charbon, et que très-probablement les veines qu’il dit s'être remplies de nouveau, étaient environnées et couvertes de cette espèce de roche à demi charbonneuse, et dès lors ce mystère, qu’il ne croit pas possible de dévoiler, est un effet très-simple et très-ordinaire dans la nature. 11 me semble qu’il n’est pas nécessaire d’en dire davantage pour qu’on soit bien convaincu que jamais ni le grès, ni l’agas, ni aucune autre roche, n’ont été les matrices d’aucun charbon de terre, à moins qu’ils n’en soient eux-mêmes mélangés en très-grande quantité.
L’opinion de M. de Gensane est beaucoup mieux appuyée, et ne me paraît s’éloigner de la vérité que par un point sur lequel il était assez facile de se méprendre : c’est de regarder l’argile et le limon, ou pour mieux dire la terre argileuse et la terre limoneuse, comme n’étant qu’une seule et même chose. Le charbon de terre, selon M. de Gensane, est une terre argileuse, mêlée d’assez de bitume et de soufre pour qu’elle soit combustible. « A la vérité, dit-il , ce charbon , dans son état naturel , ne contient aucun « soufre formé, mais il en renferme tous les principes, qui , dans le mo- K ment de la combustion, se développent, se combinent ensemble, et font « un véritable soufre®. »
Il me semble que ce savant auteur n’aurait pas dû faire entrer le soufre dans sa définition du charbon de terre, puisqu’il avoue que le soufre ne se forme que dans sa combustion; il ne fait donc pas partie réelle de la composition naturelle du charbon, et en effet l’on connaît plusieurs de ces charbons qui ne donnent point de soufre à la combustion : ainsi l’on ne doit point compter le soufre dans les matières dont tout charbon de terre est essentiellement composé, ni dire avecM. de Gensane qu’on doit regarder les veines de charbon de terre comme de vraies mines de soufre**. « Et ce « qui prouve évidemment que dans le charbon pur il n’y a point de soufre « formé, c’est qu’en raffinant le cuivre, le plomb et l’argent avec du char- « bon pur, on n’observe pas la moindre décomposition du métal : point de (( matte, point de plackmall, même après plusieurs heures de chauffe®. » Mais un autre point bien plus important, c’est l’assertion positive que le fond du charbon de terre n’est que de l’argile en sorte que, suivant ce
a. Hist. naturelle du Languedoc, par II. deGensaue, t. I , p. 12.
b. Idem, ibidem, p. 13.
c. Note communiquée par M. le Camus de Limare, le 5 juillet 1780.
d. Hist. naturelle du Languedoc, par M. de Gensane, t. I , p. 23.
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physicien, tons les naturalistes se sont trompés lorsqu’ils ont dit que ces charbons étaient des déhris de forêts et d’autres végétaux ensevelis par des bouleversements quelconques®. « 11 est vrai, continue-t-il, que la mer Bal- « tique charrie tous les printemps une quantité de bois qu'elle amène du « Nord , et qu’elle arrange par couches sur les côtes de la Prusse, qui sont « successivement recouvertes parles sables; mais ces bois ne deviendraient « jamais charbon de terre, s’il n’y survenait pas une substance hitumi- « neuse qui se combine avec eux pour leur donner cette qualité: sans cette « combinaison, ils se pourriront et deviendront terre. » Ceci m’arrête une seconde fois; car l’auteur convenant que le charbon de terre peut se former de bois et de bitume, pourquoi veut-il que tous les charbons soient composés de terre argileuse? et ne suffit-il pas de dire que, partout où les bois et autres débris de végétaux se seront bituminisés par le mélange de l’acide, ils seront devenus charbons de terre? Et pourquoi composer cette matière combustible d’une matière qui ne peut brûler? N’y a-t-il pas nombre de charbons qui brûlent en entier, et ne laissent après la combustion que des cendres même encore plus douces et plus fines que celles du bois*'? Il est donc très-certain que ces charbons qui brûlent en entier ne contiennent pas plus d’argile que le bois; et ceux qui se boursouflent dans la combustion, et laissent une sorte de scorie semblable à du mâchefer léger, u’offrent ce résidu que parce qu’ils sont en effet mêlés, non pas d’argile, mais de limon, c’est-à-dire de terre végétale, dans laquelle toutes les parties fixes du bois se sont rassemblées : or, j’ai démontré en plusieurs endroits de cet ouvrage, et surtout dans les Mémoires de la partie expérimentale , que l’origine du mâchefer ne doit point être attribuée au fer, puisqu’on trouve le même mâchefer dans le feu de l’orfévre comme dans celui du forgeron, et que j’ai fait moi-même du mâchefer en grande quantité avec du charbon de bois seul et sans addition d’aucun minéral; dès lors le charbon de terre doit en produire comme le charbon de bois, et lorsqu’il en donne en plus grande quantité , c’est que sous le même volume il contient plus de parties fixes que le charbon de bois. J’ai encore prouvé, dans ces mêmes Mémoires et dans l’article précédent, que le limon ou la terre végétale est le dernier résidu des végétaux décomposés, qui d’abord
a. Hist. naturelle du Languedoc, par M. de Geasane, t. I, p. 24.
h. U A Birnaingtiam, on emploie dans les cheminées une autre espèce de charbon qui est (f plus cher que le charbon de terre ordinaire; on l’appelle flew-eoal: la mine est située à sept « milles au nord de Birmingham, à Wedghonj hear Warsal in Staffordshire ; on le tire par « gros marceauK qui ont beaucoup de consistance, et il se vend trois pence and penny le cent,
« du poids de cent douze livres, faisant à peu près un quintal poids de marc. Ce charbon s’al- « lume avec du papier, comme dubois de sapin; sa flamme est blanche et claire, son feu très- « ardent; il est d’ailleurs sans odeur, et il se réduit en une cendre blanche aussi légère que « celle du bois. » — Cette espèce de charbon n’a point été décrite dans M. Morand, ni dans aucun autre ouvrage de ma connaissance. (Note communiquée par M. le Camus deLimare, le a juillet 1780. )
se réduisent en terreau et par succession de temps en limon : j’ai de môme averti qu’il ne fallait pas confondre cette terre végétale ou limoneuse avec l’argile, dont l’origine et les qualités sont toutes différentes, même à l’égard des effets du feu , puisque l’argile s’y resserre et que le limon se boursoufle; et cela seul prouverait qu’il n’y a jamais d’argile, du moins en quantité sensible, dans le charbon de terre, et que dans ceux qui laissent, après la combustion, une scorie boursouflée, il y a toujours une quantité considérable de ce limon formé des parties fixes des végétaux : ainsi, tout charbon de terre pur n’est réellement composé que de matières provenant plus ou moins immédiatement des végétaux.
Pour mieux entendre la génération primitive du charbon de terre et développer sa composition ‘ , il faut se rappeler tous les degrés, et même tâcher de suivre les nuances de la décomposition des végétaux , soit à l’air, soit dans l’eau : les feuilles, les herbes et les bois abandonnés et gisants sur la terre commencent par fermenter; et, s’ils sont accumulés en masses, celle effervescence est assez forte pour les échauffer au point qu’ils brûlent ou s’enflamment d’eux-mêmes ; l’effervescence développe donc toutes les parties du feu fixe que les végétaux contiennent, et ces parties ignées étant une fois enlevées, le terreau produit par la décomposition de ces végétaux n’est qu'une espèce de terre qui n’est plus combustible, parce qu’elle a perdu, et pour ainsi dire exhalé dans l’air, les principes de sa combustibilité. Dans l’eau, la décomposition est infiniment plus lente, l’effervescence insensible, et ces mêmes végétaux conservent très-longtemps, et peut-être à jamais, les principes combustibles qu’ils auraient en très-peu de temps perdus dans l’air ; les tourbes nous représentent cette première décomposition des végétaux dans l’eau ; la plupart ne contiennent pas de bitume et ne laissent pas de brûler. Il en est de même de tous ces bois fossiles noirs et luisants, qui sont décomposés au point de ne pouvoir en reconnaître les espèces, et qui cependant ont conservé assez de leurs principes inflammables pour brûler, et qui ne donnent en brûlant aucune odeur de bitume ; mais lorsque ces bois ont été longtemps enfouis ou submergés, ils se sont bjtuminisés d’eux-mêmes par le mélange de leur huile avec les acides ; et quand ces mêmes bois se. sont trouvés sous des couches de terres mêlées