On peut diviser les charbons de terre en quatre groupes
Le graphite, qui renferme 93 à 96 pour 100 de carbone, circonstance qui l’a fait considérer comme du carbone natif, et placer à côté du diamant ;
Les anthracites, combustible des terrains de transition ;
Les houilles, combustible du terrain Rouiller ;
Les lignites, combustible des terrains postérieurs à la formation houillère.
« Ces divisions ne sont pas absolues, car on trouve dans les terrains houillers des couches « anthraciteuses ; elles ne sont pas même exactes, les calcaires des Alpes contenant à la fois du « graphite et des anthracites; mais elles sont générales et représentent l’ensemble des caractères « des charbons fossiles. » ( Dufrénoy. )
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de pyrites ou abreuvées de sucs vitrioliqiies, ils sont devenus pyriteux, et dans cet état ils donnent en brîilant une forte odeur de soufre.
En suivant cette décomposition des végétaux sur la terre, nous verrons que les herbes, les roseaux et même les bois légers et tendres, tels que les peupliers, les saules, donnent en se pourrissant un terreau noir tout semblable à la terre que l’on trouve souvent par petits lits très-minces au-dessus des mines de charbon , tandis que les bois solides, tels que le chêne, le hêtre, conservent de la solidité, même en se décomposant, et forment ces couches de bois fossiles qui se trouvent aussi très-souvent au-dessus des mines de charbon ; enfin le terreau, par succession de temps, se change en limon ou terre végétale qui est le dernier résidu de la décomposition de tous les êtres organisés : l’observation m’a encore démontré celte vérité mais tout le terreau dont la décomposition se sera faite lentement, et qui, ne s’étant pas trouvé accumulé en grandes masses, n’aura par conséquent pas perdu la totalité de ses principes combustibles par une prompte fermentation , et le limon, qui n’est que le terreau même seulement plus atténué, aura aussi conservé une partie de ces mêmes principes. Le terreau, en se changeant en limon, de noir devient jaune ou roux par la dissolution du fer qu’il contient 5 il devient aussi onctueux et pétrissable par le développement de son huile végétale: dès lors tout terreau et même tout limon, n’étant que les résidus des substances végétales, ont également retenu plus ou moins de leurs principes combustibles; et ce sont les couches anciennes de ces mêmes bois, terreaux et limons, lesquelles se présentent aujourd’hui sous la forme de tourbe, de bois fossile, de houille et de charbon; car il est encore nécessaire, pour éviter toute confusion, de distinguer ici ces deux dernières matières, quoique la plupart des écrivains aient employé leurs noms comme synonymes ; mais nous n’adopterons, avec M. deGensane, celui de houille * que pour ces terres noires et combustibles qui se trouvent sou-
a. Voyez l’article précédent, qui a pour titre : de la terre végétale.
h. « Les charbons de pierre s’annoncent souvent par des veines d’une tene noire combus- « tible, que nous avons ci-devant désignée par le nom de houille , et qui forme ordinairement « la tète des véritables veines de charbon. » Hist. naturelle du Languedoc , t. I, p. 31. — M. Morand , de l’Académie des Sciences, qui a fait un très-grand et bon ouvrage sur le charbon de terre, a regardé, avec la plupart des minéralogistes, les noms de houille et de charbon de terre comme synonymes; il dit que dans le pays de Liège on distingue les matières combustibles des mines en houille grasse, en houille maigre, en charbons forts et en charbons faibles... Cette houille grasse s’emploie à Liège dans les foyers, elle se colle aisément au feu, elle rend
plus de chaleur que la houille maigre Elle se réduit pour la plus grande partie en cendres
grisâtres, mais plus graveleuses que celles du bois; son feu est trop ardent, et elle est trop grasse pour que les maréchaux puissent s’en servir : le feu de la houille maigre est plus faiJtle, elle est presque généralement en usage pour les feux domestiques... Elle dure plus longtemps au feu, et, lorsque son peu de bitume est consumé, elle se réduit en braise, qu’on allume sans qu'elle donne de l’odeur ni presque de fumée. Les charbons forts sont d'une couleur noire plus décidée et plus frappante que les charbons faibles; ils sont gras au toucher et comme ouctuemx par la grande quantité de bitume qu’ils contiennent ; ces charbons forts sont excellents dans
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vent au-dessus, et quelquefois au-dessous des veines de charbon, el qui sont l’un des plus sûrs indices de la présence de ce fossile; et ces houilles ne sont autre chose que nos terreaux® purs ou mêlés d’une petite quantité de bitume : la vase qui se dépose dans la mer par couches inclinées, suivant la pente du terrain, et s’étend souvent à plusieurs lieues du rivage comme à la Guiane , n’est autre chose que le terreau des arbres ou autres végétaux qui, trop accumulés sur ces terres inhabitées, sont entraînés par les eaux eourantes; et les huiles végétales de eette vase, saisies par les acides de la mer, deviendront avee le temps de véritables houilles bitumineuses, mais toujours légères et friables, comme le terreau dont elles tirent leur origine, tandis que les végétaux eux-mêmes moins décomposés, étant de même entraînés et déposés par les eaux, ont formé les véritables veines de charbon de terre dont les caractères distinctifs et différents de ceux de ia houille se reconnaissent à la pesanteur du charbon, toujours plus compacte que la houille, et au gonflement qu’il prend au feu en s’y boursouflant comme le limon, et en donnant de même une scorie plus ou moins poreuse.
Ainsi je crois pouvoir conclure de ees réflexions et observations, que l’argile n’entre que peu ou point dans la composition du charbon de terre; que le soufre n’y entre que sous la forme de matière pyriteuse qui se eombine avec la substance végétale, de sorte que l’essence du charbon est entièrement de matière végétale, tant sous la forme de bitume que sous celle du végétal même. Les impressions si multipliées des différentes plantes qu’on voit dans tous les sebistes limoneux qui servent de toits aux veines de charbon sont des témoins qu’on ne peut récuser, et qui démontrent que c’est aux végétaux qu’est due la substance combustible que ees sebistes contiennent.
Mais, dira-t-on, ces schistes qui non-seulement couvrent, mais accompagnent et enveloppent de tous côtés et en tous lieux les veines de charbon, sont eux-mêmes des argiles dureies et qui ne laissent pas d’être combustibles : à cela je réponds que la méprise est ici la même; ces schistes com-
tous les cas où il faut un feu d’une grande violence, comme dans les plus grosses forges ; ils pénètrent également les parties du fer, les rendent propres à recevoir toutes sortes d’impressions, réunissent même les parties qui ne seraient pas assez liées; mais, par sa trop grande ardeur, ce cliarbon fort ne convient pas plus aux maréchaux que la houille grasse.
Le charbon faible est toujours un charbon qui se trouve aux extrémités d’une veine; il donne beaucoup moins de chaleur que le charbon fort, et ne peut servir qu’aux cloutiers, aux maréchaux et aux petites forges, pour lesquelles on a besoin d’un feu plus doux.,... Son usage ordinaire est pour les hriquetiers ou tuiliers, et pour les fours à chaux où le feu trop violent des charbons forts pénétrerait trop précipitamment les parties de la terre et de la pierre, les diviserait et les détruirait Les charbons faibles se trouvent aussi dans les veines très-minces, ils
sont toujours menus, et souvent en poussière. Du Charbon de terre, etc., pag. 77 et suiv.
a. « C’est dans une pareille terre que j’ai trouvé, à huit pieds de profondeur, des racines « encore très-reconnaissables, environnées de terreau où l’on aperçoit déjà quelques couches de petits cubes de charbon. » Note communiquée par M. de Morveau.
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bustibles qui accompagnent la veine du charbon sont, comme l’on voit, mêlés delà substance des végétaux dont ils portent les impressions; la même matière végétale qui a fait le fond de la substance du charbon, a dn se mêler aussi avec le schiste voisin, et dès lors ce n’est plus du schiste pur ou de la simple argile durcie, mais un composé de matière végétale et d’argile, un schiste limoneux imprégné de bitume, et qui dès lors a la propriété de brûler. Il en est de même de toutes les autres terres combustibles que l’on pourrait citer, car il ne faut pas perdre de vue le principe général que nous avons établi, savoir, que rien n’est combustible que ce qui provient des corps organisés'.
Après avoir considéré la nature du charbon de terre, recherché son origine, et montré que sa formation est postérieure à la naissance des végétaux^, et même encore postérieure à leur destruction et à leur accumulation dans le sein delà terre, il faut maintenant examiner la direction, la situation et l’étendue des veines de cette matière, qui, quoique originaire de la surface de la terre, ne laisse pas de se trouver enfoncée à de grandes profondeurs: elle occupe même des espaces très-considérables et se rencontre dans toutes les parties du globe Nous sommes assurés, par des observations constantes, que la direction la plus générale des veines de charbon est du levant au couchant**, et que quand cette allure (comme disent les ouvriers) est interrompue par une faille % qu’ils appellent caprice de pierre, la veine, que cet
a. « La trace de cRarboii de terre qui m’est la mieux connue, dit M. Genneté, est celle qui « file d’Aix-la-Chapelle par Liège, Hui, Namur, Charleroi, Mons et Tournai, iusqu’en Angle- « terre, en passant sous l’Océan, et qui d’Aix-la-Chapelle traverse l’Allemagne, la Bohème, la « Hongrie.. .. Cette traînée de veines est d’une lieue et demie à deux lieues de largeur, tantôt « plus et tantôt moins; elle s’étend sous terre dans les plaines comme dans les montagnes. » Connaissance des veines de houille , etc., p. 36.
b. (( Cette loi, quoique assez générale, est sujette à quelques exceptions : la mine de Litry en
« Normandie va du nord-est au sud-est, sur dix heures; celle de Languin en Bretagne marche « sur la même direction; elle s’incline au couchant sur quarante-cinq degrés ; celle de Mon- « trelais, dans la même province, suit la même direction. » Note communiquée par M. de Grignon. — « Celle d’Épinac en Bourgogne va du levant au couchant , inclinant au nord de « trente à trente-cinq degrés. L’épaisseur commune est de sept à huit pieds, souvent de quatre, « et quelquefois de douze et de quinze : la veine principale qu’on exploite est bien réglée et « très-abondante, mais elle est entrecoupée de nerfs. Le charbon est ardoisé et pyriteux, peu « propre par conséquent pour la forge, à cause de l’acide sulfureux qui se dégage des pyrites « dans la combustion, et qui corrode le fer dans les différentes chauffes qu’on lui donne. » Note communiquée par M. de Limare. '
c. « Les houilleurs du pays de Liège appellent faille ou voile un grand banc de pierre qui « passe à travers les veines de houille qu’il rencontre en couvrant les unes, et coupant ou