Voyez la note 4 de la page
DE LA PYRITE MARTIALE
aiguilles, etc., car il y a des pyrites de toutes ces formes différentes, selon que les molécules organiques* contenues dans la matière du feu ont par leur mouvement tracé la figure et le plan sur lequel les particules brutes ont été forcées de s’arranger.
La pyrite est donc un minéral de figure régulière et de seconde formation, et qui n’a pu exister avant la naissance des animaux et des végétaux : c’est un produit de leurs détriments plus immédiat que le soufre, qui, quoiqu’il tire sa première origine de ces mêmes détriments des corps organisés, a néanmoins passé par l’état de pyrite^, et n’est devenu soufre que par l’effervescence ou la combustion : or l’acide, en se mêlant avec les huiles grossières des végétaux, les convertit en bitume, et saisissant de même les parties subtiles du feu fixe que ces huiles renfermaient, il en compose les pyrites en s’unissant à la matière ferrugineuse qui lui est plus analogue qu’aucune autre, par l’affinité qu’a le fer avec ces deux principes du soufre; aussi les pyrites se trouvent-elles sur toute la surface de la terre jusqu’à la profondeur où sont parvenus les détriments des corps organisés, et la matière pyriteuse n’est nulle part plus abondante que dans les endroits qui en contiennent les détriments, comme dans les mines de charbon de terre, dans les couches de bois fossiles, et même dans l’argile, parce qu’elle renferme les débris des coquillages et tous les premiers détriments de la nature vivante au fond des mers. On trouve de même des pyrites sous la terre végétale dans les matières calcaires, et dans toutes celles où l’eau pluviale peut déposer la terre limoneuse et les autres détriments des corps organisés.
La force d’affinité qui s’exerce entre les parties constituantes des pyrites est si grande, que chaque pyrite a sa sphère particulière d’attraction ; elles se forment ordinairement en petits morceaux séparés, et on ne les trouve que rarement en grands bancs ni en veines continues®, mais seulement en petits lits, sans être réunies ensemble, quoique à peu près contiguës, et à peu de distance les unes des autres ; et lorsque cette matière pyriteuse se trouve trop mélangée, trop impure pour pouvoir se réunir en masse régulière, elle reste disséminée dans les matières brutes, telles que le schiste ou la pierre calcaire dans lesquelles elle semble exercer encore sa grande force d’attraction ; car elle leur donne un degré de dureté qu’aucun autre mélange ne pourraitleurcommuniquer; les grès même, qui se trouvent pénétrés de la matière pyriteuse, sont communément plus durs que les autres; le charbon pyriteux est aussi le plus dur de tous les charbons de terre ; mais cette
a. Il y a dans le comté d’Alais, en Languedoc, une masse de pyrites de quelques lieues d’étendue, sur laquelle on a établi deux manufactures de vitriol : il y a aussi près de Saint- Dizier, en Champagne, un banc de pyrites martiales dont ou ne connaît pas l’étendue, et ces pyrites en masses continues sont posées sur un banc de grès.