Voyez la note 1 de la page
DES MATIÈRES VOLCANIQUES
soufre et à quelques autres minéraux qui n’existent qu’en vertu de cette seconde action du feu. Les volcans ont formé des verres de toutes couleurs dont quelques-uns sont d’un beau bleu céleste, et ressemblent à une scorie ferrugineuse d’autres verres aussi fusibles que le feldspath; des basaltes ressemblants aux porphyres; des laves vitreuses presque aussi dures que l’agate, et auxquelles on a donné, quoique très-improprement, le nom ùi’ arjate noire d’Islande; d’autres laves qui renferment des grenats blancs, des schorls et des chrysolithes , etc. On trouve donc un grand nombre de substances anciennes et nouvelles, pures ou dénaturées, dans les basaltes, dans les laves, et même dans la pouzzolane et dans les cendres des volcans. « Le monte Berico près de Yicence, dit M. Ferber, est une colline entière- « ment formée de cendres de volcan d’un brun noirâtre, dans lesquelles se « trouve une très-grande quantité de cailloux de calcédoine ou opale ; les « uns formant des druses dont les parois peuvent avoir l’épaisseur d’un c( brin de paille, les autres ayant la figure de petits cailloux elliptiques, « creux intérieurement, et quelquefois remplis d’eau; la grandeur de ces « derniers varie depuis le diamètre d’un petit pois jusqu’à un demi-pouce... « Ces cailloux ressemblent assez aux calcédoines et aux opales : les boules « de calcédoine et de zéolithe de Féroé et d’Islande se trouvent nichées « dans une terre d’un brun noirâtre, de la même manière que les cailloux « dont il est ici question ^ »
Mais, quoiqu’on trouve dans les produits ou dans les éjections des volcans presque toutes les matières brutes ou minérales du globe, il ne faut pas s’imaginer que le feu volcanique les ait toutes produites à beaucoup près; et je crois qu’il est toujours possible de distinguer, soit par un examen exact, soit par le rapport des circonstances, une matière, produite par le feu secondaire des volcans*, de toutes lesautres qui ont été précédemment formées par l’action du feu primitif ou par l’intermède de l’eau. De la même manière que nous pouvons imiter dans nos fourneaux toutes les pierres pré-
a Je vis à Venise, chez M. Morosini, l’agate noire d'Islande [cronstedt minéral, § 293), et un verre bleu céleste, qui ressemblait si fort à une espèce de scorie de fer bleu que je ne pouvais me persuader que ce fût autre chose; mais différents connaisseurs dignes de foi m’assurèrent unanimement qu’on trouvait en abondance de ces verres bleus et noirs parmi les matières volcaniques du Véronais, du Vicentin et d’Azulano, dans l’État vénitien. Lettres deM. Ferber, pag. 33 et 34. — Je dois observer que ces verres bleus, auxquels M. Ferber et M. le baron de Dietrich semblent donner une attention particulière , ne la méritent pas, car rien n’est si commun que des verres bleus dans les laitiers de nos fourneaux où l’on fond les mines de fer: ainsi ces mêmes verres se doivent trouver dans les produits des volcans.