Voyez la note de la page 8, et la note 4 de la page
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Les laves, comme les autres matières vitreuses ou calcaires, doivent avoir leurs stalactites propres et produites par l’intermède de l’eau ; mais il ne faut pas confondre ces stalactites avec les cristaux que le feu peut avoir
« resserablaient à une espèce de verre de Moscovie; sous celte croûte, qui avait un pouce « d’épaisseur ou davantage, le verre était transparent, quoique fort obscurci, et devenu d’un a gros bleu, d’un vert foncé qu’il était. On trouvait sur ce verre plusieurs cristaux blancs opa- « ques, qui avaient généralement la forme d’un solide vu de côté... Leur surface se termine « par des lignes plutôt elliptiques que circulaires, disposées de manière qu’une section trans- « versale du cristal est un hexagone... On voit au milieu de chaque base du cristal une cavité « conique... La grandeur des cristaux contigus ou voisins les uns des autres ne différait pas « beaucoup, quoique celle de ceux qui se trouvaient à différentes profondeurs du même pot le « fût considérablement : leur plus grand diamètre était d’environ un vingtième de pouce... Ils « ne sont pas tous exactement configurés ; mais la plupart ont une régularité si frappante, qu’on « ne peut douter que la cristallisation ne soit parfaite.
« Le verre marqué n® 2 offre une autre espèce de cristallisation : je Tai pris au fond d’un « pot qui avait été tiré du fourneau pendant que le verre était rouge. Il y a deux sortes de « cristaux : les uns sont des colonnes hautes d’en-vûron un huitième de pouce, larges d’un cin- « quièmede leur hauteur, et irrégulièrement cannelées ou sillonnées derainm'es; les autres...
« ont leurs bases presque du même diamètre que les précédents, mais leur hauteur est beau- « coup moindre, et ne fait qu’environ un sixième de leur largeur. Leurs bases se terminent par t( des lignes qui paraissent déchirées et irrégulières ; mais plusieurs tendent à une forme hexa- « gone dont la régularité peut avoir été troublée par le mouvement du verre fondu, qui , en « tirant le pot du fourneau, aura forcé et plié ces cristaux très-minces pendant qu’ils étaient « chauds et flexibles.
« Les échantillons n° 3 sortent d’un pot de verrerie, sur le côté duquel avait coulé un peu de « verre fondu, qui y adhéra assez longtemps pour former différentes sortes de cristaux : l’inté- « rieur de ces échantillons est aussi couvert d’un verre différemment cristallisé. Quelques cris- « taux semblent des demi-colonnes.... d’autres paraissent composés de plusieurs demi-colonnes « réunies sur un même plan, autourdu centre commun, comme les rayons d’une roue. Plusieurs « de ces rayons semblent s’étrécir en approchant du centre de la roue, et ressemblent par « conséquent plus à des segments de morceaux de cônes coupés suivant leur axe qu’à des « cylindres...
« L’échantillon de verre n® 4 avait coulé par la fente d’un pot, et adhéra assez longtemps aux « harres de la grille du fourneau pour cristalliser. Quelques cristaux paraissent ohlongs comme « des aiguilles, d’autres globulaires ou d’une fignre approchante ; plusieurs de ceux qui sont « en aiguilles se joignent à un centre commun; et quoique le trop prompt refroidissement du « verre les ait problablement empêchés de s’unir en assez grand nombre pour former des cris- « taux globulaires complets, ils montrent assez comment ceux qui le sont ont pu le devenir.
« Toutes les cristallisations que je viens de décrire ont été observées sur un verre à vitre d’un « vert noir qui se coule à Stourbridge. Il est composé de sable, de terre calcaire et de cendres « de végétaux lessivées.
« Il y a encore souvent des cristallisations dans le verre des bouteilles ordinaires, dont les « matériaux sont presque les mêmes que ceux dont je viens de parler, sauf des scories de fer « qu’on y ajoute quelquefois. Je mets ici l’échantillon n® 5 : les cristaux n’y sont pas enfouis « dans un verre transparent non cristallisé, mais saillant à la surface de la masse qui en est « toute opaque et cristallisée. Ils semblent une lame d’épée à deux faces, tronquée par la pointe.
« Je n’ai vu de cristaux si parfaits que dans ces deux sortes de verre : c’est qu’étant plus « fluides et moins tenaces que tout autre quand on les fond, les particules qui constituent les « cristaux se joignent plus aisément, et s’appliquent les unes aux autres avec moins de résis- « tance de la part du milieu...
« La cristallisation change considérablement quelques propriétés du verre : elle détruit sa « transparence et lui donne une blancheur opaque ou demi-opaque ; elle augmente sa densité, « car celle d’un morceau de verre cristallisé était à celle de Teau comme 2676 à 1000, au lieu « que la densité d’un morceau non cristallisé, pris à côté du premier, conséquemment fait des
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formés®: il en est de même de la lave noire scori forme qui se trouve dans la bouche du Yésuve en grappes branchues comme des coraux, et que M. Ferber dit être une stalactite de laves, puisqu’il convient lui-même que ces prétendues stalactites sont des portions de la même matière qui ont souffert un feu plus violent ou plus long que le reste de la lave*'. Et quant aux véritables stalactites produites dans les laves par l’infdtration de l’eau, le même M, Ferber nous en fournit des exemples dans ces cristallisations en aiguilles qu’il a vues attachées à la surface intérieure des cavités de la lave, et qui s’y forment comme les cristaux de roche dans les cailloux creux. La grande dureté de ces cristallisations concourt encore à prouver qu’elles ont été produites par l’eau ; car les cristaux du genre vitreux, tels que le cristal de roche', qui sont formés par la voie des éléments humides, sont plus durs que ceux qui sont produits par le feu.
Dans l’énumération détaillée et très-nombreuse que cet habile minéralogiste fait de toutes les laves du Yésuve, il observe que les micas qui se trouvent dans quelques laves pourraient bien n’être que les exfoliations des schorls contenus dans ces laves : cette idée semble être d’autant plus juste, que c’est de cette manière et par exfoliation que se forment tous les micas des verres artificiels et naturels, et les premiers micas ne sont, comme nous l’avons dit, que les exfoliations en lames minces qui se sont séparées de la surface des verres primitifs. Il peut donc exister des micas volcaniques
« mêmes matériau.x. et exposé à la même chaleur et aux autres circoustances, était à celle de « Teau comme 2662 à 1000 : la cristallisation diminue encore la fragilité du verre, car celui qui « est cristallisé ne se fêle pas si tôt en passant du chaud au froid.
« La cristallisation est toujours accompagnée ou précédée de l’évaporation des parties les « plus légères et les plus fluides du verre : un morceau transparent, exposé jusqu’à ce qu’il fût « entièrement cristallisé, perdit un cinquante-huitième de son poids; et d’autres expériences « me donnent à croire que le verre trop chargé de flux salins se cristallise plus difficilement « que les autres verres plus durs, jusqu’à ce qu’il en ait perdu le superflu par l’évaporation... « La description de mes cristaux vitreux montre des cristallisations fort variées dans la même « espèce de matière soumise à différentes circonstances : elles varient même souvent dans le « même morceau de verre, comme j e l’ai fait voir, quoique les circonstances n’aient pas changé. » Journal de Physique, septembre 1779, pag. 187 et suiv.
а. « Dans l’intérieur de quelques morceaux de lave qu’on avait rompue, il y avait de petites « cavités de la grandeur d’une noix , dont les parois étaient revêtues de cristaux blancs, demi- « transparents, en rayons allongés, pyramidaux, pointus ou plats; quelques-uns avaient une « légère teinte d’améthyste : c’est justement de la même manière que les boules d’agate et les « géodes sont garnies intérieurement de cristaux de quartz. Il était impossible de découvrir sur « toute la circonférence intérieure la plus petite fente dans la lave. Ces cristaux étaient de la « nature du schorl, mais très-durs; je leur donnerais aussi volontiers le nom de quartz; « il y avait un peu de terre brune fine et légère comme de la cendre, qui leur était attenante.
« J’ai conservé un de ces morceaux, parce qu’il me parait une preuve très-convaincante de la « possibilité de la cristallisation produite par le feu, et je pense que c’est pendant le refroi- « dissement que se forment le grand nombre de cristaux de schorl blanc en forme de grenats, « qu’on voit en si grand nombre dons les laves d’Italie. » Le! très sur la Minéralogie , par M. Ferber, pag. 286 et 287.
б. Lettres sur la Minéralogie , par M. Ferber, p. 239
i. ’Foyez la note 1 de la page 36.
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comme des micas de nature, parce qu’en effet le feu des volcans a fait des verres comme le feu primitif. Dès lors on doit trouver parmi les laves des masses mêlées de mica : aussi M. Ferber fait mention d’une lave grise compacte avec quantité de lames de mica et de schorl en petits points dispersés, qui ressemble si fort à quelques espèces de granités gris à petits grains qu’à la vue il serait très-facile de les confondre.
Le soufre se sublime en flocons et s’attache en grande quantité aux cavités et aux faîtes de la bouche des volcans. La plus grande partie du soufre du Vésuve est en forme irrégulière et en petits grains. On voit aussi de l’arsenic mêlé de soufre dans les ouvertures intérieures de ce volcan, mais l’arsenic se disperse irrégulièrement sur la lave et en petite quantité : il y a de même dans les crevasses et cavités de certaines laves une plus ou moins grande quantité de sel ammoniac blanc ; ce sel se sublime quelque temps après l’écoulement de la lave, et l’on en voit beaucoup dans le cratère de la plupart des volcans®. Dans quelques morceaux de lave de l’Etna, il se trouve quantité de matière charbonneuse végétale mêlée d’une substance saline, ce qui prouve que c’est un véritable natron, une espèce de soude formée par les feux volcaniques, et que c’est à la combustion des végétaux que cette substance saline est due**; et à l’égard du vitriol, de l’alun et des autres sels qu’on rencontre aussi dans les matières volcaniques, nous ne les regarderons pas comme des produits immédiats du feu, parce que leur production varie suivant les circonstances, et que leur formation dépend plus de l’eau que du feu.
Mais, avant de terminer cette énumération des matières produites par le feu des volcans, il faut rapporter, comme nous l’avons promis, les observations qui prouvent qu’il se forme par les feux volcaniques des substances assez semblables au granité et au porphyre, i’où résulte une nouvelle preuve de la formation des granités et porphyres de nature par le feu primitif ; il faut seulement nous défier des noms qui font ici, comme partout ailleurs, plus d’embarras que les choses. M. Ferber a quelque raison de dire « qu’en général il y a très-peu de différence essentielle entre le « schorl, le spath dur (feldspath) , le quartz et les grenats des laves »
a. M. le baron de Dietrich observe, avec sa sagacité ordinaire, que la formation du sel ammoniac est une preuve de plus delà communication de la mer avec le Vésuve, et que l’acide marin qui le compose ne provient que du sel contenu dans les eaux de la mer qui pénètrent dans les entrailles de ce volcan. Lettres sur la Minéralogie , par M. Ferber, note de la page 217 . — Nous ajouterons que ta production du sel ammoniac, supposant la sublimation de l’alcali volatil, est une preuve incontestable de la présence des matières animales et végétales enfouies sous les soupiraux des volcans; et, quant à la communication de la mer avec leurs foyers, s’il fallait un fait de plus pour la prouver, l’éruption du Vésuve de 1631 nous le fournirait, au rapport de Braccini ( Descm. dell’ erult. del Vesuvio, p. 100). Le volcan, dans cette éruption, vomit, avec son eau, des coquilles marines. (Remarques de M. l’abbé Bexon. )
h. Recherches sur les volcans éteints, par M. Faujas de Saint-Fond, in-fol., pag. 70 et suiv.
c. Lettres sur la Minéralogie , p. 338.
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Cela est vrai peur le schorl et le feldspath, et je suis comme persuadé qu’originairement ces deux matières n’en font qu’une, à laquelle on pourrait encore réunir, sans se méprendre, les cristaux volcaniques en forme de grenats; mais le quartz diffère de tous trois par son infusibilité' et par ses autres qualités primordiales, tandis que le feldspath, le schorl, soit en feuilles, soit en grains ou grenats, sont des verres également fusibles, et qui peuvent aussi avoir été produits également par le feu primitif et par celui des volcans : les exemples suivants confirmeront cette idée, que je crois bien fondée.
Les schorls noirs en petits rayons, que l’on aperçoit quelquefois dans le porphyre rouge et presque toujours dans les porphyres verts, sont de la même nature que le feldspath, à la couleur près.
Une lave noire de la Toscane, dans laquelle le schorl est en grandes taches blanches et parallélipipèdes , a quelque ressemblance avec le porphyre appelé serpentine noire antique : le verre de la lave remplace ici la matière du jaspe, et le schorl celle du feldspath.
La lave rouge des montagnes de Bergame, contenant de petits grenats blancs, ressemble au vrai porphyre rouge
Les granités gris à petits grains, et qu’on appelle granitelli, contiennent moins de feldspath que les granités rouges; et ce feldspath, au lieu d’y être en gros cristaux rhomboïdaux, n’y paraît ordinairement qu’en petites molécules sans forme déterminée. Néanmoins on connaît une espèce de granité gris à grandes taches blanches parallélipipèdes, et la matière de ces taches,
a. « On trouve le long de l’Adige, sur la chaussée de Vérone à Newinarck, grand nomhre « de pierres roulées, telles 1® que du porphyre rouge tacheté de hlanc, pareil à celui que j’ai « vu en morceaux détachés entre Bergame, Brescia et Vérone, qui forme dans le Bergamasque « des montagnes entières, et qu’on y nomme sarrès ; je ne puis prendre cette pierre que pour « une lave rouge qui ressemble au porphyre ; 2° une espèce de porphyre noir avec des taches « blanches oblongues, semblable, à la couleur près, au serpentine verd’ antico ; 3® du granité « gris granitello; 4» entre San-Michele et Newmarch, il y a beaucoup de morceaux détachés « d’un porphyre qui compose les montagnes qui sont au delà deNewmark, et que je vais « décrire.
« Immédiatement après Newmarck, il y a, à main droite, des montagnes de porphyre con- « tiguës, qui occupent une étendue considérable ; elles sont formées : 1® de porphyre noir avec « des taches blanches, transparentes, rondes, de la nature du schorl; 2® de porphyre avec des « taches de spath dur rougeâtre; 3® de porphyre rouge avec des taches blanches : il y en a d’un « rouge clair, d’un rouge foncé et de couleur de foie; 4® le rouge est tout à fait pareil à la « pierre qu’on nomme sarrès dans le Bergamasque, avec la différence seulement que, dans les « morceaux détachés du sarrès, les taches de spath dur sont devenues opaques et couleur de « lait par l’action de l’air, tandis que, dans les montagnes de porphyre rouge, ces taches sont « en partie du spath dur couleur de chair, et en partie une espèce de schorl vitreux, transpa- « rent, pareil à celui des cristaux en forme de grenats des laves du Vésuve; mais le schorl du « porphyre n’a point adopté de figure régulière : même les taches transparentes blanches, qui « sont dans le porphyre noir du n® 1, sont un schorl vitreux , et leur forme est ou oblongue ou « indéterminée. En général, la ressemblance de ces espèces de porphyre avec les différentes « laves du Vésuve, etc., est si grande, que l’œil le plus habitué ne saurait les distinguer, et je
t. Voyez la note 2 de la page 11.
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dit M. Ferber tient le milieu entre le schorl et le spath dur (feldspath). Il y a aussi des granités gris qui renferment, au lieu de mica ordinaire, du mica de schorl.
Nous devons observer ici que le granité noir et blanc qui n’a que peu ou point de particules de feldspath , mais de grandes taches noires oblongues de la nature du schorl , ne serait pas un véritable granité si le feldspath y manque, et si, comme le croit M. Ferber, ces taches de schorl noir remplacent le mica; d’autant que les rayons de schorl noir « y sont, dit-il, « en telle abondance, si grands, si serrés... qu’ils paraissent faire le fond « de la pierre. » Et à l’égard du granité vert de M. Ferber, dont le fond est blanc verdâtre avec de grandes taches noires oblongues, et qu’il dit être de la même nature du schorl, et des prétendus porphyres à fond vert de la nature du trapp dont nous avons parlé d’après lui \ nous présumons qu’on doit plutôt les regarder comme des productions volcaniques que comme de vrais granités ou de vrais porphyres de nature.
Les basaltes qu’on appelle antiques, et les basaltes modernes, ont également été produits par le feu des volcans, puisqu’on trouve dans les basaltes égyptiens les mêmes cristaux de schorl en grenats blancs et de schorl noir en rayons et feuillets, que dans les laves ou basaltes modernes et récents; que, de plus, le basalte noir, qu’on nomme mal h T^vo]\Oi basalte oriental , est mêlé de petites écailles blanches de la nature du schorl, et que sa fracture est absolument pareille à celle de la lave du Monte Albano; qu’un autre basalte noir antique, dont on a des statues , est rempli de petits cristaux en forme de grenats, et présente quelques feuilles brillantes de schorl noir ; qu’un autre basalte noir antique est mêlé de petites parties de quartz , de feldspath et de mica, et serait par conséquent un vrai granité si ces trois
« n’hésite plus d’avancer que les montagnes de porphyre qui sont derrière Newmarck sont de « Auaies laves, sans cependant vouloir tirer de là une conclusion générale sur la formation des « porphyres : une circonstance que j’aurais presque oubliée m’en donne de nouvelles preuves. « Toutes ces montagnes de porphyre sont composées de colonnes quadrangulaires, pour la plu- « part rhomboïdales, détachées, ou encore attenantes les unes aux autres ; ce porphyre a donc « la qualité d’adopter .cette figure en se fendant et se rompant, comme différentes laves ont la « propriété de se cristalliser eu colonnes de basalte. Ces hautes montagnes de porphyre de « différente couleur s’étendent jusqu’à Bandrol, d’abord à main droite seulement, ensuite des « deux côtés du chemin. Ce porphyre s’est partout séparé en grandes ou petites colonnes, géné- « râlement quadrangulaires, à sommet tronqué et uni ; les faces qui touchent d’autres colonnes « sont lisses; leur figure enfin est si régulière et si exacte, que personne ne saurait la regarder « comme accidentelle : il faut nécessairement convenir que ces colonnes sont dues à une cris- « tallisation; les angles des sommets tronqués sont pour la plupart inclinés, ou le diamètre des « colonnes est communément rhombo'idal; mais quelques-unes ont la figure de vrais paralléli- « pipèdes rectangles, de la longueur d’un doigt jusqu’à celle d’une aune et demie de Suède, « et d’un quart d’aune et plus de diamètre. Il y a beaucoup de ces grandes colonnes plantées « sur la chaussée, comme la lave en colonne ou le basalte l’est aux environs de Bolzano. » Lettres de M. Ferber, pag. 487 et suiv.
a. Lettres sur la Minéralogie 346 et 481.
b. Voyez l’article du porphyre.
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substances y étaient réunies comme dans le granité de nature, et non pas nichées séparément comme elles le sont dans ce basalte; qu’enfin on trouve dans un autre basalte antique, brun ou noirâtre, des bandes ou larges raies de granité rouge à petits grains Ainsi le vrai basalte antique n’est point une pierre particulière, ni ditlerente des autres basaltes, et tous ont été produits, comme les laves, par le feu des volcans. Et à l’égard des bandes de granité observées dans le dernier basalte, comme elles paraissent être de vrai granité, on doit présumer qu’elles ont été enveloppées par la lave en fusion et incrustées dans son épaisseur.
Puisque le feu primitif a formé une si grande quantité de granités, on ne doit pas être étonné que le feu des volcans produise quelquefois des matières qui leur ressemblent; mais comme au contraire il me paraît certain que c’est par la voie humide que les cristaux de roche ' et toutes les pierres précieuses ont été formées, je pense qu’on doit regarder comme des corps étrangers toutes les chrysolithes, hyacinthes, topazes, calcédoines, opales, etc., qui se trouvent dans les différentes matières fondues par le feu des volcans, et que toutes ces pierres ou cristaux ont été saisis et enveloppés par les laves et basaltes lorsqu’ils coulaient en fusion sur la surface des rochers vitreux , dont ces cristaux ne sont que des stalactites, que l’ardeur du feu n’a pas dénaturées. Et quant aux autres cristallisations qui se trouvent formées dans les cavités des laves, elles ont été produites par l’infdtration de l’eau après le refroidissement de ces mêmes laves.
Aux observations de M. Ferber et de M. le baron de Dietrich sur les matières volcaniques et volcanisées, nous ajouterons celles de MM. Desmarest, Faujas de Saint-Fond et de Gensane, qui ont examiné les volcans éteints de l’Auvergne, du Velay, du Vivarais et du Languedoc; et, quoique j’aie déjà fait mention de la plupart de ces volcans éteints **, il est bon de recueillir et de présenter ici les différentes substances que ces observateurs ont reconnues aux environs de ces mômes volcans, et qu’ils ont jugé avoir été produites par leurs anciennes éruptions.
M. de Gensane parle d’un volcan dont la bouche se trouve au sommet de la montagne qui est entre Limas et Lodève, et qui a dù être considérable, à
a. « Ces bandes, dit M. Ferber, sont unies à la pierre sans aueune séparation, non comme « les cailloux dans les brèches, ni comme si c’était d’anciennes fentes refermées par du gra- « nite, mais exactement comme si le basalte et le granité avaient été mous en meme temps, et « s’étaient incorporés ainsi l’un dans l’autre en s’endurcissant... Ce basalte diffère du précédent « en ce que les particules qui constituent le granité y sont réunies, et que par là elles forment « un véritable granité; au lieu que, dans l’espèce précédente, ces parties du granité sont dis- « persées et placées chacune séparément dans le basalte... Plusieurs savants italiens sont dans « l’opinion que le granité même peut aussi être formé par le feu. » Le.ltres sur la Minéralogie, pkge 3b0.
h. 'Voyez Histoire naturelle , t. p. 398.