‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 67 sur 105 · Voyez la note 2 de la page 1 du IX« volume · texte numérisé non relu

Voyez la note 2 de la page 1 du IX« volume

2... Ne laisse aucun résidu: au contact de l’air, il se transforme en gras acide sulfureux, sans laisser de résidu, lorsqu’il est pur.

3 (a). Oui, la même chose, c’est-i-dire une pure hypothèse.

DU SOUFRE

feu animé par l’air à&\\Qwi phlo(jislique ; or le feu libre, l’air et l’eau, peuvent également rendre la liberté au feu fixe ' contenu dans les pyrites; et comme au moment qu’il est libre le feu reprend sa volatilité, il emporte avec lui l’acide auquel il est uni, et forme du soufre par la seule condensation de cette vapeur.

On peut faire du soufre par la fusion ou par la sublimation : il faut pour cela choisir les pyrites qu’on a nommées sulfureuses , et qui contiennent la plus grande quantité de feu fixe et d’acide, avec la moindre quantité de fer, de cuivre, ou de toute autre matière fixe; et, selon qu’on veut extraire une grande ou petite quantité de soufre, on emploie différents moyens®, qui néanmoins se réduisent tous à donner du soufre par fusion ou par sublimation.

Cette substance, tirée des pyrites par notre art, est absolument semblable à celle du soufre que la nature produit par l’action de ses feux souterrains: sa couleur est d’un jaune cilrin; son odeur est désagréable, et plus forte lorsqu’il est frotté ou échauffé; il est électrique comme l’ambre ou la résine; sa saveur n’est insipide que parce que le principe aqueux de son acide y étant absorbé par l’excès du feu, il n’a aucune affinité avec la salive, et qu’en général, il n’a pas plus d’action sur les matières aqueuses qu’elles

a. Pour tirer le soufre des pyrites , et particulièrement des pyrites cuivreuses , on forme , à l’air libre, des tas de pyrites qui ont environ vingt pieds en carré et neuf pieds de haut : on arrange ces pyrites sur un lit de bûches et de fagots ; on laisse à ces tas une ouverture qui sert d’évent, ou comme le cendrier sert à un fourneau; on enduit les parois extérieures des tas, qui forment comme des espèces de murs, avec de la pyrite en poudre et en petites particules que l’on mouille; alors on met le feu au bois, et on le laisse brûler pendant plusieurs mois; on forme à la parue supérieure des tas ou de ces massifs des trous ou des creux qui forment comme des bassins dans lesquels le soufre fondu par l’action du feu va se rendre, et d’où on le puise avec des cuillers de fer; mais ce soufre ainsi recueilli n’est point parfaitement pur, il a besoin d’être fondu de nouveau dans des chaudières de fer : alors les parties pierreuses et terreuses qui s’y trouvent mêlées tombent au fond de la ehaudière, et le soufre pur nage à leur surface. Telle est la manière dont on fixe le soufre au Hartz...

Une autre manière, qui est aussi en usage en Allemagne, consiste à faire griller les pyrites ou la mine de cuivre sous un hangar couvert d’un toit qui va en pente ; ce toit oblige la fumée qui part du tas que Ton grille à passer par-dessus une auge remplie d’eau froide ; par ce moyen, cette fumée, qui n'est composée que de soufre, se condense et tombe dans l’auge...

En Suède, on se sert de grandes retortes de fer qu’on remplit au tiers de pyrites, et on obtient le soufre par distillation; on ne met qu’un tiers de pyrites, parce que le feu les fait gonfler considérablement : il passe une partie du soufre qui suiute au travers des retortes et qui est fort pur, on le débite pour de la fleur de soufre; quant au reste du soufre, il est reçu dans des récipients remplis d’eau ; on enlève ce soufre des récipients, on le porte dans des chaudières de fer, où ou le fait fondre, afin qu’il dépose les matières étrangères dont il était mêlé ; lorsque les pyrites ont été dégagées du soufre qu’elles contenaient, on les jette dans un tas à l’air libre; après qu’elles ont été exposées aux injures de Tair, ces tas sont sujets à s’enflammer d’euxmêmes, après quoi le soufre en est totalement dégagé; mais, pour prévenir l’inflammation, ou lave ces pyrites calcinées, et l’on en tire du vitriol, qu’elles ne donneraient point si on les avait laissé s’embraser; après qu’il a été purifié, on le fond de nouveau, on le prend avec des cuillers

1... Rendre la liberté au feu fixe. Nous dirions aujourd’hui, en ajoutant un peu aux idées de Buffon : rendre libre le calorique latent.

DU SOUFRE

n’en ont sur lui: sa densité est à peu près égale à celle de la pierre calcaire il est cassant, presque friable, et se pulvérise aisément, il ne s’altère pas par l’impression des éléments humides, et même l’action du feu ne le décompose pas lorsqu’il est en vaisseaux clos, et privé de l’air nécessaire à toute inflammation. Il se sublime sous sa même forme, au haut du vaisseau clos, en petits cristaux auxquels on a donné le nom de fleurs de soufre: celui qu’on obtient par la fusion, se cristallise de même en le laissant refroidir très-lentement; ces cristaux sont ordinairement en aiguilles, et cette forme aiguillée, propre au soufre, se voit dans les pyrites et dans presque tous les minéraux où le feu fixe et l’acide se trouvent combinés en grande quantité avec le métal; il se cristallise aussi en octaèdres, dans les grands soupiraux des volcans.

Le degré de chaleur nécessaire pour fondre le soufre ne suffit pas pour l’enflammer; il faut pour qu’il s’allume porter de la flamme à sa surface, et dès qu’il aura reçu l’inflammation il continuera de brûler. Sa flamme est légère et bleuâtre, et ne peut même communiquer l’inflammation aux autres matières combustibles, que quand on donne plus d'activité à la combustion du soufre en augmentant le degré de feu; alors sa flamme devient plus lumineuse, plus intense, et peut enflammer les matières sèches et combustibles celte flamme du soufre, quelque intense qu’ellepuisseêtre, n’en est pas moins pure; elle est ardente dans toute sa substance, elle n’est accompagnée d’aucune fumée et ne produit point de suie : mais elle répand une vapeur suffocante qui n’est que celle de l’acide encore combiné avec le feu fixe, et à laquelle on a donné le nom d’acide sulfureux' : au reste, plus ten-

de fer, et oq le verse dans des moules qui lui donnent la forme de bâtons arrondis. C’est ce qu’on appelle soufre en canons...

Aux environs du mont Vésuve et dans d’autres endroits de l’Italie, où il se trouve du soufre, on met les terres qui sont imprégnées de cette substance dans des pots de terre, de la forme d’un pain de sucre ou d’un cône fermé par la base, et qui ont une ouverture au sommet : on arrange ces pots dans un grand fourneau destiné à cet usage, en observant de les coucher horizontalement; on donne un feu modéré qui suffise pour faire fondre le soufre, qui découle par l’orifice qui est à la pointe des pots, et qui est reçu dans d’autres pots dans lesquels on a mis de l’eau froide où le soufre se fige.

Après toutes ces purifications, le soufre renferme encore souvent des substances qui en rendraient l’usage dangereux, et il faut, pour le séparer de ces substances, le sublimer. ( Enc;vclopcdie, article Soufre.) — Voyez à peu près les mêmes procédés pour l’extraction du soufre des pyrites dans le pays de Liège, Collection académique, partie étrangère, tome II, page 10; et dans le Journal de Physique, mai 1781, page 366, quelques vues utiles sur cette exploitation en général, et en particulier sur celle que l’on pourrait faire en Languedoc.

a. Le soufre volatil pèse environ cent quarante-deux livres le pied cube, et le soufre en canon cent trente-neuf à cent quarante livres. Voyez la Table de M. Brisson.

b. Si l’on ne donne au soufre que le petit degré de feu nécessaire pour commencer à le faire brûler, sa flamme bleuâtre ne se voit que dans l’obscurité, et ne peut pas allumer les corps les plus combustibles. M. Baumé a fait ainsi brûler tout le soufre qui est dans la poudre à tirer, sans Tenflammer. Dictionnaire de Chimie, par M. Macquer, article Soufre.

Page 1