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DU SOUFRE
tement on fait brûler le soufre, plus la vapeur est suffocante, et plus l’acide qu’elle contient devient pénétrant; c’est, comme l’on sait, avec cet acide sulfureux qu’on blanchit les étoffes, les plumes et les autres substances animales
L’acide que le feu libre emporte ne s’élève avec lui qu’à une certaine hauteur; car dès qu’il est frappé par l’humidité de l’air, qui se combine avec l’acide, le feu est forcé de fuir, il quitte l’acide et s’exhale tout seul , cet acide dégagé dans la combustion du soufre est du pur acide vitriolique * : « Si l’on veut le recueillir au moment que le feu l’abandonne, il ne faut que (( placer un chapiteau au-dessus du vase, avec la précaution de le tenir « assez éloigné pour permettre l’action de l’air qui doit entretenir la com- « bustion, et de porter dans l’intérieur du chapiteau une certaine humidité « par la vapeur de l’eau chaude; on trouvera dans le récipient, ajusté au «bec du chapiteau, l’acide vitriolique, connu sous le nom à'esprit de « vitriol, c’est-à-dire un acide peu concentré et considérablement affaibli « par l’eau^ On concentre cet acide et on le rend plus pnr en le distillant : « l’eau, comme plus volatile, s’élève la première et emporte un peu d’a- « eide; plus on réitère la distillation, plus il y a de déchet, mais aussi plus « l’acide qui reste se concentre, et ce n’est que par ce moyen qu’on peut « lui donner toute sa force et le rendre tout à fait pur L » Au reste, on a imaginé depuis peu le moyen d’effectuer dans des vaisseaux clos la combustion du soufre: il suffit pour cela d’y joindre un peu de nitre - qui fournit l’air nécessaire à cette combustion, et d’après ce principe on a construit des appareils de vaisseaux clos pour tirer l’esprit de vitriol en grand, sans danger et sans perte; c’est ainsi qu’on y procède actuellement dans plusieurs manufactures et spécialement dans la belle fabrique de sels minéraux, établie à Javelle, sous le nom et les auspices de monseigneur le comte d’Artois.
a. L’acide sulfureux volatil a la propriété de détruire et de décomposer les couleurs ; il blanchit les laines et les soies; sa vapeur s’attache si fortement à ces sortes d’étoffes, que l’on ne peut plus leur faire prendre de couleur, à moins de les bouillir dans de l’eau de savon ou dans une dissolution d’alcali fixe; mais il faut prendre garde de laisser ces étoffes trop longtemps exposées à la vapeur du soufre, parce qu’elle pourrait les endommager et les rendre cassantes. Encyclopédie, article Soufre.
b. Éléments de Chimie, par M. de Morveau, t. II , P; 22.
c. Idem, ibidem.
j d. C’est à Rouen où l’on a commencé à faire de l’huile de vitriol en grand par le soufre; il s’en fait annuellement dans cette ville et dans les environs quatorze cents milliers : on en fait à jhyon sans intermède du salpêtre. ( Note communiquée par M. de Grignon. )
1... Du pur acide vitriolique. Le soufre, en brûlant dans l’air libre, produit seulement de IVacide sulfureux, et non pas de Vacide sulfurique (vitriolique). La formation de l’acide ' sulfurique est plus compliquée. On le produit en faisant rencontrer ensemble, dans de vastes chambres de plomb, de V acide sulfureux, de l’air, des vapeurs aqueuses et nitreuses. « La « théorie de la fabrication de Vacide sulfurique peut être résumée ainsi : c’est Vacide azotique « qui transforme presque toujours l'acide sulfureux en acide sulfurique. » (Pelouze et Fremy.t