Voyez la note de la page
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tous deux sans avoir avalé une seule pierre. M. Redi en trouva bien quelques-unes dans leur gésier, mais c’était de celles qu’ils avaient avalées précédemment
Les organes servant à la respiration consistent en un poumon semblable à celui des animaux terrestres, et dix cellules aériennes, dont il y en a huit dans la poitrine qui communiquent immédiatement avec le poumon , et deux plus grandes dans le bas-ventre, qui communiquent avec les huit précédentes ; lorsque dans l’inspiration le thorax est dilaté, l’air entre par le larynx dans le poumon, passe du poumon dans les huit cellules aériennes supérieures, qui attirent aussi, en se dilatant, celui des deux cellules du basventre, et celles-ci s’affaissent à proportion ; lorsque au contraire le poumon et les cellules supérieures, s’affaissant dans l’expiration, pressent l’air contenu dans leur cavité, cet air sort en partie par le larynx, et repasse en partie des huit cellules de la poitrine dans les deux cellules du bas-ventre, lesquelles se dilatent alors par une mécanique assez analogue à celle d’un soultlet à deux âmes : mais ce n’est point ici le lieu de développer tous les ressorts de cette mécanique; il suffira de remarquer que, dans les oiseaux qui ne volent point, comme l’autruche, le casoar , et dans ceux qui volent pesamment, tels que les gallinacés , la quatrième cellule de chaque côté est plus petite
Toutes ces différences d’organisation en entraînent nécessairement beaucoup d’autres, sans parler des hanches membraneuses observées dans quelques oiseaux. M. Duverney a fait voir, sur un coq vivant , que la voix , dans ces oiseaux, ne se formait pas vers le larynx comme dans les quadrupèdes, mais au bas de la trachée-artère, vers la bifurcation “ où M. Perrault a vu un larynx interne. Outre cela, M. Hérissant a observé dans les principales bronches du poumon des membranes semi-lunaires posées transversalement les unes au-dessus des autres, de façon qu’elles n’occupent que la moitié de la cavité de ces bronches, laissant à l’air un libre cours par l’autre demi-cavité; et il a jugé, avec raison, que ces membranes devaient concourir à la formation de la voix des oiseaux , mais moins essentiellement encore que la membrane de l’os de la lunette, laquelle termine une cavité assez considérable, qui se trouve au-dessus de la partie supérieure et interne de la poitrine, et qui a aussi quelque communication avec les cellules aériennes supérieures ; cet anatomiste dit s’être assuré, par des expériences réitérées, que lorsque cette membrane est percée, la voix se perd
a. Redi, des Animaux vivants qui se trouvent dans les animaux vivants.
b. Mém. pour servir à l’hist. des animaux, partie ii , p. 142 et 164.
c. Anciens Mém. de l’Acad. royale des Sciences, t. XI, p. 7.
1. Voyez la note de la p. 20. — Cuvier a, sur ce point, complété Duverney. Il a coupé la trachée-artère sur un merle, sur une pie , sur une cane, etc.; et ces animaux ont continué à crier. La voix des oiseaux se forme donc dans leur larynx inférieur.
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aussi , et que pour la faire entendre de nouveau il faut boucher exactement l’ouverture de la membrane, et empêcher que l’air ne puisse sortir®
D’après de si grandes différences observées dans l’appareil des organes de la voix, ne paraîtra-t-il pas singulier que les oiseaux, avec leur langue cartilagineuse et leurs lèvres de corne, aient plus de facilité à imiter nos chants et même notre parole, que ceux d’entre les quadrupèdes qui ressemblent le plus à l’iiomme? tant il est difficile de juger de l’usage des parties par leur simple structure, et tant il est vrai que la modification de la voix et des sons dépend presque en entier de la sensibilité de l’ouïe!
Le tube intestinal est fort long dans les gallinacés, et surpasse environ cinq fois la longueur de l’animal, prise de l’extrémité du bec jusqu’à l’anus; on y trouve deux cæcums d’environ six pouces, qui prennent naissance à l’endroit où le colon se joint à l’iléon; le rectum s’élargit à son extrémité , et forme un réceptacle commun, qu’on a appelé cloaque, où se rendent séparément les excréments solides et liquides, et d’où ils sortent à la fois sans être néanmoins entièrement mêlés. Les parties caractéristiques des sexes s’y trouvent aussi, savoir : dans les poules, la vulve ou l’orifice de \' oviductus ; , dans les coqs, les deux verges, c’est-à-dire les mamelons
des deux vaisseaux spermatiques; la vulve est placée, comme nous l’avons dit plus haut, au-dessus de l’anus, et par conséquent tout au rebours de ce qu’elle est dans les quadrupèdes
On savait, dès le temps d’Aristote, que tout oiseau mâle avait des testicules, et qu’ils étaient cachés dans l’intérieur du corps; on attribuait même à cette situation la véhémence de l'appétit du mâle pour la femelle, qui a, disait-on, moins d’ardeur, parce que l’ovaire est plus près du diaphragme, et par conséquent plus à portée d’être rafraîchi par l’air de la respiration ; au reste, les testicules ne sont pas tellement propres au mâle, que l’on n’en trouve aussi dans la femelle de quelques espèces d’oiseaux, comme dans la canepetière et peut-être l’outarde Quelquefois les mâles n’en ont qu’un, mais le plus souvent ils en ont deux; et il s’en faut beaucoup que la grosseur de ces espèces de glandes soit proportionnée à celle de l’oiseau. L’aigle les a comme des pois, et un poulet de quatre mois les a déjà comme des olives; en général leur grosseur varie non-seulement d’une espèce à l’autre,
а. Mém. de l’Acad. royale des Sciences, ann. 1733, p. 291.
б. Ai'istot., de Parlibus Animalium, lib. iv, cap. v.
c. Hist. de l’Acad. royale des Sciences, ann. 1756, p. 44.
1. On a beaucoup appris et beaucoup écrit, dans ces derniers temps, sur la formation de la voix. Voyez, sous le rapport des faits anatomiques. Cuvier, et, sous le rapport des faits physiques, Savart.