Nouveau voyage autour du monde, t. III , p
L Voyez la note 2. de la page 282.
LA PEINTADE.
domestiques et qu’elles avaient été transportées d’Afrique en Asie, de même qu’on en a transporté en Amérique et en Europe; mais comme ces oiseaux étaient accoutumés à un climat très-chaud, ils n’ont pu s’habituer dans les pays glacés qui bordent la mer Baltique : aussi n’en est-il pas question dans la Fauna siiecicade M. Linnæus. M. Klein paraît n’en parler que sur le rapport d’autrui, et nous voyons même qu’au commencement du siècle ils étaient encore fort rares en Angleterre Yarron nous apprend que de son temps les poules africaines (c’est ainsi (ju’il appelle les peintades), se vendaient fort cher à Rome à cause de leur rareté'’; elles étaient beaucoup plus communes en Grèce du temps de Pausanias, puisque cet auteur dit positivement que la méléagride était, avec l’oie commune, l’offrande ordinaire des personnes peu aisées dans les mystères solennels d’Isis” : malgré cela, on ne doit point se persuader que les peintades fusent naturelles à la Grèce, puisque, selon Athénée, les Etoliens passaient pour être les premiers des Grecs qui eussent eu de ces oiseaux dans leur pays. D’un autre côté, j’aperçois quelque trace de migration régulière dans les combats que ces oiseaux venaient se livrer tous les ans, enBéotie, sur le tombeau de Méléagre et qui ne sont pas moins cités par les naturalistes que par les mythologistes : c’est de là que leur est venu le nom de méléagrides®, comme celui de peintades leur a été donné, moins à cause de la beauté que de l’agréable distribution des couleurs dont leur plumage est peint.