‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 5)Chapitre 147 sur 240 · II. — LE PAUXI ou LE PIERRE · texte numérisé non relu

II. — LE PAUXI ou LE PIERRE

Nous avons fait représenter cet oiseau dans nos planches enluminées ‘ sous le nom de pierre de Cayenne; et c’est en effet le nom qu’il portait à la ménagerie du Roi, où nous l’avons fait dessiner d’après le vivant : mais

a. Fernandez, Hist. Âvi. nov. Hispaniœ, cap. ci.

b. Idem, ibidem.

c. Ibidem.

d. Voyez Barrère, France équinoxiale , p. 139.

e. Fernandez, Maregrave, et les autres.

f. Hans Sloane, Hist. nat. de la Jamaïque, t. Il, p. 302.

g. Edwards, Glanures, p. 182.

h. Aldrovande, Ornithologia , t. II, pag. 332.

i. Barrère, Novum Ornithol- specimen, pag. 82.

* Crax pauxi {Linn. ). — Pierre ou plutôt oiseau à pierre. — Ordre id., genre id,, sous genre Pauxi ou Ourax (Cuv.).

i. Planche 78 des planches enluminées de Buffon,

LES HOCCOS

comme il porte dans son pays, qui est le Mexique, le nom de pauxi, selon Fernandez ", nous avons cru devoir l’indiquer sous ces deux noms; c’est le quatorzième faisan de M. Brisson, qu’il appelle hocco du Mexique.

Cet oiseau ressemble à plusieurs égards au hocco précédent, mais il en diffère aussi en plusieurs points ; il n’a point, comme lui, la tête surmontée d’une huppe, le tubercule qu’il a sur le bec est plus gros, fait en forme de poire et de couleur bleue. Fernandez dit que ce tubercule a la dureté de la j)ierre, et je soupçonne que c’est de là qu’est venu au pauxi le nom d’oiseau à pierre, ensuite celui de pierre, comme il a pris le nom de cusco ou de eusiiew Mrd, et celui de poule numidique de ce même tubercule, à qui les uns ont trouvé de la ressemblance avec la noix d’Amérique appelée cusco ou cushew et d’autres avec le casque de la peintade ^

Quoi qu’il en soit, ce ne sont pas là les seules différences qui distinguent le pauxi des hoccos précédents : il est plus petit de taille, son bec est plus fort, plus courbé et presque autant que celui d’un perroquet ; d’ailleurs, il nous est beaucoup plus rarement apporté que le hocco; M. Edwards, qui a vu ce dernier dans presque toutes les ménageries, n’a jamais rencontré qu’un seul cusco ou pauxi dans le cours de ses recherches Le beau noir de son plumage a des reflets bleus et couleur de pourpre, qui ne paraissent ni ne pourraient guère paraître dans la figure.

Cet oiseau se perche sur les arbres; mais il pond à terre comme les faisans, mène ses petits et les rappelle de même ; les petits vivent d’abord d’insectes, et ensuite, quand ils sont grands, de fruits, de grains et de tout ce qui convient à la volaille

Le pauxi est aussi doux, et si l’on veut aussi stupide que les autres hoccos, car il se laissera tirer jusqu’à six coups de fusil sans se sauver : avec cela il ne se laisse ni prendre ni toucher, selon Fernandez/’ ; et M. Aublel m’assure qu’il ne se trouve que dans les lieux inhabités; c’est probablement l’une des causes de sa rareté en Europe.

M. Brisson dit que la femelle ne diffère du mâle que par les couleurs, ayant du brun partout où celui-ci a du noir, et qu’elle lui est semblable dans tout le rester. Mais Aldrovande, en reconnaissant que le fond de son plumage est brun, remarque qu’elle a du cendré aux ailes et au cou, le bec moins crochu et point de queue ce qui serait un trait de conformité avec le hocco des Amazones de Barrère, dont la femelle, comme nous l’avons

a. Fernandez, Hisf. Avi. nov. Hispaniæ, cap. ccxxu.

h. Voyez Edwards, planche ccxxv.

c. Voyez Aldrovande, Ornithologia, t. II, pag. 234.

d. Voyez Edwards, Histoire naturelle des oiseaux rares, pl. ccxcv.

e. M. Auhlet. — Fernandez, p. 56.

f. Fernandez, ibidem.

g. Brisson, Ornithologie , t. I, p. 303.

h Voyez Aldrovande, Ornithologia, t. II, pag. 334.

LES HOCCOS

VU, a la queue beaucoup moins longue que le mâle®; et ce ne sont pas les seuls oiseaux d’Amérique qui n’aient point de queue : il y a même tel canton de ce continent où les poules, transportées d’Europe, ne peuvent vivre longtemps sans perdre leur queue et même leur croupion, comme nous l’avons vu dans l’histoire du coq.

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