‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 5)Chapitre 149 sur 240 · Des planches enluminées de Buffon · texte numérisé non relu

Des planches enluminées de Buffon

2. et On le trouve à la Guiane , perché le long des lieux inondés , où il vit des feuilles et des « graines d’une espèce d’arum. Sa chair a une forte odeur de castoréum, et ne s’emploie que « comme appât pour certains poissons. » (Cuvier. )

LES HOCCOS

qu’il paraît en automne, ce qui ferait soupçonner que c’est un oiseau de passage

M. Aublet m’assure que cet oiseau, qu’il a reconnu facilement sur notre planche enluminée, n“ 337, s’apprivoise, qu’on en voit parfois de domestiques chez les Indiens, et que les Français les appellent des paons : ils nourrissent leurs petits de fourmis, de vers et d’autres insectes.

lY. — l’yacou. *

Cet oiseau s’est nommé lui-même; car son cri, selon Marcgrave, est yacou, d’où lui est venu le nom A’iacupema : pour moi , j’ai préféré celui d’yacou, comme plus propre à le faire reconnaître toutes les fois qu’on pourra le voir et l’entendre.

Marcgrave est le premier qui ait parlé de cet oiseau ; quelques naturalistes, d’après lui, l’ont mis au nombre des faisans®; et d’autres, tels que MM. Brisson'^et Edwards®, l’ont rangé parmi les dindons; mais il n’est ni l’im ni l’autre. Il n’est point un dindon, quoiqu’il ait une peau rouge sous le cou, car il en diffère à beaucoup d’autres égards, et par sa taille, qui est à peine égale à celle d’une poule ordinaire, et par sa tête, qui est en partie revêtue de plumes, et par sa huppe, qui approche beaucoup plus de celle des hoccos que de celle du dindon huppé, et par ses pieds, qui n’ont point d’éperons; d’ailleurs, on ne lui voit pas au bas du cou ce bouquet de crins durs, ni sur le bec cette caroncule musculeuse qu’a le coq d’Inde, et il ne fait point la roue en relevant les plumes de sa queue : d’autre part, il n’est point un faisan, car il a le bec grêle et allongé, la huppe des hoccos , le cou menu, une membrane charnue sous la gorge, les pennes de la queue

a. Voyez Hernandez, lib. ix, cap. x, page 320. — Fernandez parle d’un autre oiseau auquel il donne le nom d’hoazin, quoique par son récit même il soit très-différent de celui dont nous venons de parler; car outre qu’il est plus petit, son chant est fort agréable, et ressemble quelquefois, à l’éclat de rire d’un homme, et même à un rire moqueur ; et l’on mange sa chair, quoiqu’elle ne soit ni tendre ni de bon goût : au reste, c’est im oiseau qui ne s’apprivoise point. Voyez Hist. Avi. nov. Hisp., cap. lxi, pag. 27. *

Je retrouverais bien plutôt l’hoazin dans un autre oiseau dont parle le même auteur au chapitre ccxxiii, p. 57, à la suite du pauxi; voici ses termes : « Alia avis pauxi annectenda.....

« Ciconiæ magnitudine, colore cinereo, cristà octo uncias longà e multis aggeratà plumis

« in amplitudinem orbicularum præcipuè circa summum dilatatis. » Voilà bien la huppe de l’hoazin, et sa taille.

b. Voyez Marcgrave , Uistoria Avium Brasil., lib. v, cap. v, pag. 198.

c. Klein, Ordo Avium, pag. 114, n» 2. — Ray, Synops. Avi., pag. 56, etc.

d. Brisson, Ornithologie, 1. 1, p. 162.

e. Edwards , Hist. nat. des oiseaux rares, pl. xiii.

* Penelope cristata (Linn. ). Ordre id., genre Guans ou Yacous (Cuv.). — « Guan et yacou « sont les noms de ces oiseaux à la Guiane et au Brésil. Celui de Pénélope , qui leur a été « imposé par Merrem, désignait, chez les Grecs, une espèce de canard qui, disait-on, avait « sauvé des eaux la femme d’Ulysse, dans son enfance. » (Cuvier. )

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toutes égales, et le naturel doux et tranquille, tous attributs par lesquels il diffère des faisans; et il diffère par son cri du faisan et du dindon. Mais que sera-t-il donc? il sera un yacou qui aura quelques rapports avec le dindon (la membrane charnue sous la gorge, et la queue composée de pennes toutes égales), avec les faisans (l’œil entouré d’une peau noire, les ailes courtes et la queue longue) , avec les hoccos (cette longue queue, la huppe et le naturel doux); mais qui s’éloignera de tous par des différences assez caractérisées, et en assez grand nombre pour constituer une espèce à part, et empêcher qu’on ne puisse le confondre avec aucun autre oiseau.

On ne peut douter que le guan ou le qmn de M. Edwards (pl. xiii ), ainsi appelé, selon lui, dans les Indes occidentales apparemment par quelque autre tribu de sauvages, ne soit au moins une variété dans l’espèce de notre yacou, dont il ne diffère que parce qu’il est moins haut monté ®, et que ses yeux sont d’une autre couleur''; mais on sait que ces petites différences peuvent avoir lieu dans la même espèce, et surtout parmi les races diverses d’une espèce apprivoisée.

Le noir mêlé de brun est la couleur principale du plumage, avec différents reflets et quelques mouchetures blanches sur le cou, la poitrine, le ventre, etc. ; les pieds sont d’un rouge assez vif.

La chair de l’yacou est bonne à manger : tout ce que l’on sait de ses autres propriétés se trouve indiqué dans l’exposé que j’ai fait , au commencement de cet article, des différences qui le distinguent des oiseaux auxquels on a voulu le comparer.

M. Ray le regarde comme étant de la même espèce que le coxolilli de Fernandez®; cependant celui-ci est beaucoup plus gros, et il n’a point sous la gorge celte membrane charnue qui caractérise l’yacou : c’est pourquoi je l’ai laissé avec les hoccos proprement dits.

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