‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 5)Chapitre 150 sur 240 · V. — le marail · texte numérisé non relu

V. — le marail

Les auteurs ne nous disent rien de la femelle de l’yacou, excepté M. Edwards, qui conjecture qu’elle n’a point de huppe '' : d’après cette indication unique, et d’après la comparaison des figures les plus exactes, et des oiseaux eux-mêmes conservés, je soupçonne que celui que nous avons fait représenter sous le nom de faisan verdâtre de Cayenne, et qu’on appelle communément marail dans cette île, pourrait être la femelle, ou du moins une variété de l’espèce de l’yacou, car j’y retrouve plusieurs rapports

а. Marcgrave dit positivement crura longa , à l’endroit cité.

б. Oeuli nigrescentes, dit Marcgrave; Of a dark dirty orange colour, dit M. Ed-'vards.

c. Voyez Ray, Synopsis avium, p. 57.

d. Edwards, Hist. nat. des oiseaux rares, p. 13.

’ Penelope marail (Linn.). — Ordre, genre, et sous-genre id.

LES HOCCOS

marqués avec le giian de M. Edwards (pl. xiii), dans la grosseur, la couleur du plumage, la forme totale, à la huppe près, que la fèmelle ne doit point avoir, dans le port du corps, la longueur de la queue, le cercle de peau rousse autour des yeux®, l’espace rouge et nu sous la gorge, la conformation des pieds et du bec, etc. J’avoue que j’y ai aussi aperçu quelques différences * les pennes de la queue sont en tuyaux d’orgue comme dans le faisan, et non point toutes égales comme dans le guan d’Edwards, et les ouvertures des narines ne sont pas si près de l’origine du bec ; mais on ne serait pas embarrassé de citer nombre d’espèces où la femelle diffère encore plus du mâle, et où il y a des variétés encore plus éloignées les unes des autres.

M. Aublet, qui a vu cet oiseau dans son pays natal, m’assure qu’il s’apprivoise très-aisément, et que sa chair est délicate et meilleure que celle du faisan, en ce qu’elle est plus succulente : il ajoute que c’est un véritable dindon, mais seulement plus petit que celui qui s’est naturalisé en Europe, et c’est un trait de conformité de plus qu’il a avec l’yacou d’avoir été pris pour un dindon.

Cet oiseau se trouve non-seulement à Cayenne, mais encore dans les pays qu’arrose la rivière des Amazones, du moins à en juger par l’identité de nom; car M. Barrère parle d’un marail des Amazones comme d’un oiseau dont le plumage est noir, le bec vert, et qui n’a point de queue ^ Nous avons déjà vu dans l’histoire du hocco proprement dit, et du pierre de Cayenne, qu’il y avait dans ces espèces des individus sans queue, qu’on avait pris pour des femelles : cela serait-il vrai aussi des marails? Sur la plupart de ces oiseaux étrangers et si peu connus, on ne peut, si l’on est de bonne foi, parler qu’en hésitant et par conjecture.

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