Simple variété du précédent
3. Corvus calvus { Linn. ). — C’est un gymnocéphale. (Voyez, un peu plus loin, la nomenclature du corvus calvus. )
LES CHOUCAS
abandonné Le mâle et la femelle une fois appariés, ils restent longtemps fidèles, attachés Tun à l’autre j et par une suite de cet attachement personnel, chaque fois que le retour de la belle saison donne aux êtres vivants le signal d’une génération nouvelle, on les voit se rechercher avec empressement et se parler sans cesse; car alors le cri des animaux est un véritable langage, toujours bien parlé, toujours bien compris; on les voit se caresser fe mille manières, joindre leurs becs comme pour se baiser, essayer toutes les façons de s’unir avant de se livrer à la dernière union, et se préparer à remplir le but de la nature par tous les degrés du désir, par toutes les nuances de la tendresse. Ils ne manquent jamais à ces préliminaires, non pas même dans l’état de captivité ^ : la femelle étant fécondée par le mâle, pond cinq ou six œufs marqués de quelques taches brunes sur un fond verdâtre, et lorsque ses petits sont éclos, elle les soigne, les nourrit, les élève avec une affection que le mâle s’empresse de partager. Tout cela ressemble assez aux corneilles, et même à bien des égards au grand corbeau; mais Charleton et Scliwenckfeld assurent que les choucas font deux couvées par an % ce qui n’a jamais été dit du corbeau ni des corneilles, mais qui d’ailleurs s’accorde très-bien avec l’ordre de la nature, selon lequel les espèces les plus petites sont aussi les plus fécondes.
Les choucas sont oiseaux de passage, non pas autant que le freux et la corneille mantelée, car il en reste toujours un assez bon nombre dans le pays pendant l’été : les tours de Yincennes en sont peuplées en tout temps, ainsi que tous les vieux édifices qui leur offrent la même sûreté et les mêmes commodités; mais on en voit toujours moins en France l’été que l’hiver. Ceux qui voyagent se réunissent en grandes bandes comme la frayonne et la mantelée; quelquefois même ils ne font qu’une seule bande avec elles, et ils ne cessent de crier en volant ; mais ils n’observent pas les mêmes temps en France et en Allemagne; car ils quittent l’Allemagne en automne avec leurs petits, et n’y reparaissent qu’au printemps après avoir passé l’hiver chez nous; et Frisch a raison d’assurer qu’ils ne couvent point pendant leur absence, et qu’à leur retour ils ne ramènent point de petits avec eux, car les choucas ont cela de commun avec tous les autres oiseaux, qu’ils ne font point leur ponte en hiver.
A l’égard des parties internes, je remarquerai seulement qu’ils ont le ventricule musculeux, et près de son orifice supérieur une dilatation de l’œsophage qui leur tient lieu de jabot, comme dans les corneilles, mais que la vésicule du fiel est plus allongée.
а. Voyez Belon, l^ature des oiseaux, p. 287. Aldrov., loco citato. Willughby, Ornithologia, p. 85; ils nichent plus volontiers dans des trous d’arbres que sur les branches.
б. Voyez Aristot., De generatione , lib. m, cap. vi.
c. « Bis in anno pullificant. » Aviarium Silesiæ, p. 305. Charleton, Exercitationes , etc., pag. 75.
LES CHOUCAS
Du reste, on les prive facilement, on leur apprend à parler sans peine, ils semblent se plaire dans l’état de domesticité ; mais ce sont des domestiques infidèles qui , cachant la nourriture superflue qu’ils ne peuvent consommer, et emportant des pièces de monnaie et des bijoux qui ne leur sont d’aucun usage, appauvrissent le maître sans s’enrichir eux-mêmes.
Pour achever l’histoire des choucas, il ne s’agit plus que de comparer ensemble les deux races du pays, et d’ajouter à la suite, selon notre usage, les variétés et les espèces étrangères.
Le choucas K Nous n’avons en France que deux choucas : l’un, à qui je conserve le nom de choucas proprement dit “, est de la grosseur d’un pigeon; il a l’iris blanchâtre, quelques traits blancs sous la gorge, quelques points de même couleur autour des narines, du cendré sur la partie postérieure de la tête et du cou ; tout le reste est noir, mais cette couleur est plus foncée sur les parties supérieures, avec des reflets tantôt violets , et tantôt verts.
Le chouc L’autre espèce du pays à laquelle je donne le nom de chouc , d’après son nom anglais**, ne diffère du précédent qu’en ce qu’il est un peu plus petit, et peut-être moins commun, qu’il a l’iris bleuâtre comme le freux, que la couleur dominante de son plumage est le noir, sans aucun mélange de cendré, et qu’on lui remarque des points blancs autour des yeux. Du reste, ce sont les mêmes mœurs, les mêmes habitudes, même port, même conformation, même cri, mêmes pieds, même bec; et l’on ne peut guère douter que ces deux races n’appartiennent à la même espèce, et qu’elles ne fussent en état de se mêler avec succès, et de produire ensemble des individus féconds.
On sera peu surpris qu’une espèce, qui a tant de rapports avec celle des corbeaux et des corneilles, présente à peu près les mêmes variétés. Aldrovande a vu en Italie un choucas qui avait un collier blanc* ; c’est apparemment celui qui se trouve dans quelques endroits de la Suisse** et que par cette raison les Anglais nomment choucas de Suisse®.
Schwenckfeld a eu occasion de voir un choucas blanc qui avait le bec JaunâtreL Ces choucas blancs sont plus communs en Norwége et dans les pays froids?; quelquefois même dans des climats tempérés, tels que la
a. C’est le choucas de M. Brisson, et son sixième corbeau , t. II, p. 24.
b. C’est le choucas noir ou septième corbeau de M. Brisson, t. II, p. 28. Les Anglais l’ap~ lent chough.
c. Ornithologia , pag. 774.
d. Gessner, de Avihus , pag. 522.
e. Charleton , Exercit., pag. 75.
f. Aviarium Silesiæ, pag. 305.
g. Gessner, page 523.
1. Corvus monedula (Linn. ). — Le choucas ou petite corneille des clochers (Cuv.).