QUI ONT RAPPORT AUX AIGLES ET BALBUZARDS
V. — L'oiseau des Antilles appelé le pêcheur \}diV le P. du Tertre®, et qui est très-vraisemblablement le même que celui qui nous est indiqué par Catesby sous le nom de fishing-hawk ^ épervier-pêcheur de la Caroline Il est, dit-il, de la grosseur d’un autour, avec le corps plus allongé : ses ailes, lorsqu’elles sont pliées, s’étendent un peu au delà de l’extrémité de la queue. Il a plus de cinq pieds de vol ou d’envergure; il a l’iris des yeux jaune, la peau qui couvre la base du bec bleue, le bec noir, les pieds d’un bleu pâle, et les ongles noirs, et presque tous aussi longs les uns que les autres : tout le dessus du corps, des ailes et de la queue est d’un brun foncé; tout le dessous du corps, des ailes et de la queue est blanc; les plumes des jambes sont blanches, courtes et appliquées de très-près sur la peau. « Le pêcheur, dit le P. du Tertre, est tout semblable au mansfeni, « hormis qu’il a les plumes du ventre blanches, et celles du dessus de la « tête noires; ses griffes sont un peu plus petites. Ce pêcheur est un vrai « voleur de mer, qui n’en veut non plus aux animaux de la terre qu’aux « oiseaux de l’air, mais seulement aux poissons, qu’il épie de dessus une « branche ou une pointe de roc ; et les voyant à fleur d’eau , il fond « promptement dessus, les enlevant avec ses griffes, et les va manger sur « un rocher : quoiqu’il ne fasse pas la guerre aux oiseaux , ils ne laissent « pas de le poursuivre et de s’attrouper, et de le becqueter jusqu’à ce qu’il « change de quartier. Les enfants des sauvages les élèvent étant petits , et « s’en servent à la pêche par plaisir seulement, car ils ne rapportent jamais « leur pêche. » Cette indication du P. du Tertre n’est ni assez précise, ni assez détaillée, pour qu’on puisse être assuré que l’oiseau dont il parle est le même que celui de Catesby, et nous ne le disons que comme une présomption; mais ce qu’il y a ici de bien plus certain, c’est que ce même oiseau d’Amérique, donné par Catesby, ressemble si fort à notre balbuzard d’Europe, qu’on pourrait croire avec fondement que c’est absolument le même, ou du moins une simple variété dans l’espèce du balbuzard; il est de la même grosseur, de la même forme, à très-peu près de la même couleur, et il a, comme lui, l’habitude de pêcher et de se nourrir de poisson. Tous ces caractères se réunissent pour n’en faire qu’une seule et même espèce avec celle du balbuzard.
VI. — L’oiseau des îles Antilles, appelé par nos voyageurs mansfeni et qu’ils ont regardé comme une espèce de petit aigle {nisiis); le mansfeni, dit le P. du Tertre, est un puissant oiseau de proie, qui, en sa forme et en
а. Hist. génér. des An , par le P. du Tertre, t. II, p. 253.
б. Fishing-hawk. Catesby, 1. 1 , p. 2, pl. ii , avec une figure coloriée.
1. Le latluzard de la Caroline, selon Sonnini ; et probablement le même que le balbuzard d'Europe, comme le dit Buffon. « On ne connaît qu’rme espèce de balbuzard, répandue aux « bords des eaux douces de presque tout le globe, avec peu de variations dans le plumage. » ( Cuvier.)