‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 5)Chapitre 40 sur 240 · L’EPERVIER · texte numérisé non relu

L’EPERVIER

et quelles présentent plutôt la figure d’un cœur ou d’un triangle émoussé qu’une suite continue et uniforme de couleur brune, telle qu’on la voit dans les bandes transversales de la poitrine et du ventre du tiercelet-hagard d’épervier, c’est-à-dire du tiercelet qui a subi ses deux premières mues. Les mêmes changements arrivent dans la femelle; ces bandes transversales brunes ne sont dans la première année que des taches séparées; et l’on verra, dans l’article de l’autour, que ce changement est encore plus considérable que dans l’épervier; rien ne prouve mieux combien sont fautives les indications que nos nomenclaleurs ont voulu tirer de la distribution des couleurs, que de voir le même oiseau porter la première année des taches ou des bandes longitudinales brunes, descendant du haut en bas, et présenter au contraire, dans la seconde année, des bandes transversales de la même couleur. Ce changement, quoique très-singulier , est plus sensible dans l’autour et dans les éperviers, mais il se trouve aussi plus ou moins dans plusieurs autres espèces d’oiseaux; de sorte que toutes les méthodes fondées sur l’énonciation des différences de couleur et de la distribution des taches se trouvent ici entièrement démenties.

L’épervier reste toute l’année dans notre pays; l’espèce en est asse,^ nombreuse : on m’en a apporté plusieurs dans la plus mauvaise saison de l’hiver, qu’on avait tués dans les bois; ils sont alors très-maigres, et ne pèsent que six onces : le volume de leur corps est à peu près le même que celui du corps d’une pie; la femelle est beaucoup plus grosse que le mâle; elle fait son nid sur les arbres les plus élevés des forêts ; elle pond ordinairement quatre ou cinq œufs, qui sont tachés d’un jaune rougeâtre vers leurs bouts. Au reste l’épervier, tant mâle que femelle, est assez docile : on l’apprivoise aisément, et l’on peut le dresser pour la chasse des perdreaux et des cailles; il prend aussi des pigeons séparés de leur compagnie, et fait une prodigieuse destruction des pinsons et des autres petits oiseaux qui se mettent en troupes pendant l’hiver. Il faut que l’espèce de l’épervier soit encore plus nombreuse qu’elle ne le paraît, car indépendamment de ceux qui restent toute l’année dans notre climat, il paraît que dans certaines saisons il en passe en grande quantité dans d’autres pays ® , et

a. Je crois devoir rapporter ici en entier un assez long récit de Delon, qui prouve le passage de ces oiseaux et indique en même temps la manière dont on les prend. « Nous étions, dit-il, à « la bouclie du Pont-Euxin, où commence le détroit du Propontide; nous étions montés sur la « plus haute montagne, nous trouvâmes un oiseleur qui prenait des éperviers de belle manière; « et comme c’était vers la fin d’avril, lorsque tous oiseaux sont empêchés à faire leurs nids, il « noua semblait étrange voir tant de milans et d’éperviers venir de la part de devers le côté « dextre de la mer Majeure : l’oiseleur les prenait avec grande industrie et n’en faillait pas un; « il en prenait pins d’une douzaine à chaque heure; il était caché derrière un buisson, au-devant « duquel il avait fait une aire unie et carrée qui avait deux pas en diamètre, distante environ « de deux ou trois pas du buisson; il y avait six bâtons fichés autour de l’aire, qui étaient de la .( grosseur d’un pouce et de la hauteur d’un homme, trois de chaque côté, à la smnmité des- « quels il y avait en chacun une coche entaillée du côté de la place, tenant un rets de fil vert

L’ËPERVIER.

qu’en général l’espèce se trouve répandue dans l’ancien continent®, depuis la Suède*’ jusqu’au cap de Bonne-Espérance®.

L’AUTOUR

L’autour est un bel oiseau beaucoup plus grand que l’épervier, auquel il ressemble néanmoins par les habitudes naturelles et par un caractère qui leur est commun, et qui dans les oiseaux de proie n’appartient qu’à eux et aux pies-grièches : c’est d’avoir les ailes courtes; en sorte que, quand elles sont pliées, elles ne s’étendent pas à beaucoup près à l’extrémité delà queue ; il ressemble encore à l’épervier, parce qu’il a comme lui la première plume de l’aile courte, arrondie par son extrémité, et que la quatrième plume de l’aile est la plus longue de toutes. Les fauconniers distinguent les oiseaux de chasse en deux classes ; savoir : ceux de la fauconnerie proprement dite, et ceux qu’ils appellent de Y autourserie ; et dans cette seconde classe ils comprennent non-seulement l’autour, mais encore l’épervier, les harpayes, les buses, etc.

L’autour, avant sa première mue, c’est-à-dire pendant la première année de son âge, porte sur la poitrine et sur le ventre des taches brunes, perpendiculairement longitudinales; mais lorsqu’il a subi ses deux premières mues ces taches longitudinales disparaissent, et il s’en forme de transversales qui durent ensuite pour tout le reste de la vie : en sorte qu’il est très-

« fort délié, qui était attaché aux coches des bâtons, tendus à la hauteur d’un homme, et au « milieu de la place il y avait un piquet de la hauteur d’une coudée, au faîte duquel il y avait « une cordelette attachée qui répondait à l’homme caché derrière le buisson; il y avait aussi « plusieurs oiseaux attachés à la cordelette qui paissaient le grain dedans l’aire, lesquels l’oise- « leur faisait voler lorsqu’il avait advisé l’épervier de loin venant du côté de la mer ; et l’épervier « ayant si bonne vue, dès qu’il les voyait d’une demi-lieue, lors prenait son vol à ailes déployées, <c et venait si roidement donner dans le filet, pensant prendre les petits oiseaux, qu’il demeurait « encré léans enseveli dedans les rets ; alors l’oiseleur le prenait et lui fichait les ailes jusqu’au « pli dedans un linge qui était là tout prêt expressément cousu, duquel il lui liait le bas des « ailes avec les cuisses et la queue, et l’ayant cillé, laissait l’épervier contre terre qui ne pouvait « ne se remuer, ne se débattre. Nul ne saurait penser de quelle part venaient tant d’éperviers, car « étant arrêté deux heures, il en print plus de trente; tellement qu’en un jour un homme seul « et en prenait bien près d’une centaine. Les milans et les éperviers venaient à la file qu’on « ad visait d’aussi loin que la vue se pouvait étendre. » Delon, Hist. nat. des Oiseaux, p. 121.

a. Les éperviers sont communs au Japon, de même que partout ailleurs dans les Indes orientales. Kæmpfer, Hist. du Japon, t. I, p. 113.

b. Linnæus, Fauna Suecica, n» G8.

c. Kolbe, Descript. du cap de Bonne-Espérance, t. III, p. 167 et 168.

* Falco palumbarius (Linn.). — U autour ordinaire (Cuv.). — Ordre id., famille id. , genre Autours ( Cuv.). « Il faut rapporter à Vautour ordinaire le falco gallinarius { Gmel.) , « qui en est le jeune, et probablement aussi le falco gyr falco et le falco gentilis, tant les « oiseaux de proie étaient mal déterminés à l’époque où nous avons donné notre première édi- « tion! » (Cuvier.)

L’AUTO ÜIL

facile de se tromper sur la connaissance de cet oiseau, qui, dans deux âges différents, est marqué si différemment.

Au reste, l’autour a les jambes plus longues que les autres oiseaux qu’on pourrait lui comparer et prendre pour lui“, comme le gerfaut, qui est à très-peu près de sa grandeur; le mâle autour est, comme la plupart des oiseaux de proie, beaucoup plus petit que la femelle : tous deux sont des oiseaux de poing et non de leurre; ils ne volent pas aussi haut que ceux qui ont les ailes plus longues à proportion du corps; ils ont, comme Je l’ai dit, plusieurs habitudes communes avec l’épervier; jamais ils ne tombent à plomb sur leur proie; ils la prennent de coté. On a vu par le récit de Belon, que nous avons cité, comment on peut prendre les éperviers : on peut prendre les autours de la même manière; on met un pigeon blanc, pour qu’il soit vu de plus loin, entre quatre filets de neuf ou dix pieds de hauteur, et qui renferment autour du pigeon qui est au centre un espace de neuf ou dix pieds de longueur sur autant de largeur; l’autour arrive obliquement, et la manière dont il s’empêtre dans les filets indique qu’ils ne se précipitent point sur leur proie, mais qu’ils l’attaquent de côté pour s’en saisir; les entraves du filet ne l’empêchent pas de dévorer le pigeon , et il ne fait de grands efforts pour s’en débarrasser que quand il est repu.

L’autour se trouve dans les montagnes de Franche-Comté, du Dauphiné, du Bugey, et même dans les forêts de la province de Bourgogne et aux environs de Paris ; mais il est encore plus commun en Allemagne qu’en France, et fespèce paraît s’être répandue dans les pays du Nord jusqu’en Suède; et dans ceux de l’Orient et du Midi, jusqu’en Perse et en Barbarie; ceux de Grèce senties meilleurs de tous pour la fauconnerie, selon Belon : « ils ont, dit-il, la tête grande, le cou gros et beaucoup de plumes; ceux « d’Arménie, ajoute-t-il, ont les yeux verts, ceux de Perse les ont clairs, « concaves et enfoncés; ceux d’Afrique, qui sont les moins estimés, ont les «yeux noirs dans le premier âge, et rouges après la première mue; » mais ce caractère n’est pas particulier aux autours d’Afrique ; ceux de notre climat ont les yeux d’autant plus rouges qu’ils sont plus âgés; il y a même dans les autours de France une différence ou variété de plumage et de couleur qui a induit les naturalistes en une espèce d’erreur on a appelé busard un autour dont le plumage est blond, et dont le naturel, plus lâche que celui de l’autour brun, et moins susceptible d’une bonne éducation, l’a fait regarder comme une espèce de buse ou busard, et lui en a fait donner le

a. M. Linnæus a pris le gerfaut pour Tautour, gyrfalco. Linn., Hist. nat., édition VI, gen. 36, sp. 10. Il est néanmoins très-aisé de les distinguer, car ordinairement l’autour a les pieds d’un beau jaune, et le gerfaut les a pâles et bleuâtres.

h. M. Brisson a donné sous le nom de gros busard (t. I, p. 398) cet autour blond, dont il fait une espèce particulière, non-seulement différente de celle de Tautour, mais encore de toutes les autres espèces de busards; cependant il est très-certain que ce n’est qu’une variété, même légère, dans l’espèce de Tautour, car il n’en diffère en rien que par la couleur du plumage.

L’AUTOUR

nom : c’est néanmoins très-certainement un autour, mais que les fauconniers rejettent de leur école. Il y a encore une variété assez légère dans cet autour blond, qui consiste en ce qu’il s’en trouve dont les ailes sont tachées de blanc, et ce caractère lui a fait donner le nom de busard varié; mais cet oiseau varié , aussi bien que celui qui est blond , sont également des autours’, et non pas des busards.

J’ai fait nourrir longtemps un mâle et une femelle de l’espèce de l’autour brun ; la femelle était au moins d’un tiers plus grosse que le mâle ; il s’en fallait plus de six pouces que les ailes, lorsqu’elles étaient pliées, ne s’étendissent jusqu’à l’extrémité de la queue : elle était plus grosse dès l’âge de quatre mois, qui m’a paru être le terme de l’accroissement de ces oiseaux, qu’un gros chapon. Dans le premier âge, jusqu’à cinq ou six semaines, ces oiseaux sont d’un gris blanc; ils prennent ensuite du brun sur tout le dos, le cou et les ailes ; le ventre et le dessous de la gorge changent moins, et. sont ordinairement blancs ou blancs jaunâtres, avec des taches longitudinales brunes dans la première année, et des bandes transversales brunes dans les années suivantes. Le bec est d’un bleu sale, et la membrane qui en couvre la base est d’un bleu livide; les jambes sont dénuées de plumes, et les doigts des pieds sont d’un jaune foncé ; les ongles sont noirâtres, et les plumes de la queue, qui sont brunes, sont marquées par des raies transversales fort larges, de couleur d’un gris sale. Le mâle a sous la gorge, dans cette première année d’âge, les plumes mêlées d’une couleur roussâtre, ce que n’a pas la femelle, à laquelle il ressemble par tout le reste, à l’exception de la grosseur, qui, comme nous l’avons dit, est de plus d’un tiers au-dessous.

On a remarqué que, quoique le mâle fût beaucoup plus petit que la femelle, il était plus féroce et plus méchant; ils sont tous deux assez difficiles à priver; ils se battaient souvent, mais plus des griffes que du bec, dont ils ne se servent guère que pour dépecer les oiseaux ou autres petits animaux, ou pour blesser et mordre ceux qui les veulent saisir : ils commencent par se défendre de la griffe, se renversent sur le dos en ouvrant le bec, et cherchent beaucoup plus à déchirer avec les serres qu’à mordre avec le bec. Jamais on ne s’est aperçu que ces oiseaux, quoique seuls dans la même volière, aient pris de l’affection l’un pour l’autre; ils y ont cependant passé la saison entière de l’été, depuis le commencement de mai jusqu’à la fin de novembre, où la femelle, dans un accès de fureur, tua le mâle dans le silence de la nuit, à neuf ou dix heures du soir, tandis que

1. Le plumage de Vautour est sujet à beaucoup de variations : il y a des autours blonds ; il y en a même de tout à fait blancs. — « Parmi les autours étrangers, il y en a un, celui de la Nou- « velle-Hollande {falco Novœ-Hollandiœ), qui est souvent tout entier d’un blanc de neige :

« c’est une variété d’un oiseau du même pays, cendré dessus, blanc dessous, avec des vestiges « d’ondes grises. » { Cuvier. )

L’AUTOUR

tous les autres oiseaux étaient endormis : leur naturel est si sanguinaire que quand on laisse un autour en liberté avec plusieurs faucons il les égorge tous les uns après les autres; cependant il semble manger de préférence les souris, les mulots et les petits oiseaux; il se jette avidement sur la chair saignante, et refuse assez constamment la viande cuite; mais en le faisant jeûner, on peut le forcer de s’en nourrir; il plume les oiseaux fort proprement, et ensuite les dépèce avant de les manger, au lieu qu’il avale les souris tout entières. Ses excréments sont blanchâtres et humides : il rejette souvent par le vomissement les peaux roulées des souris qu’il a avalées. Son cri est fort rauque, et finit toujours par des sons aigus, d’autant plus désagréables qu’il les répète plus souvent; il marque aussi une inquiétude continuelle dès qu’on l’approche, et semble s’effaroucher de tout : en sorte qu’on ne peut passer auprès de la volière où il est détenu, sans le voir s’agiter violemment, et l’entendre jeter plusieurs cris répétés.

OISEAUX ÉTRANGERS

QUI ONT RAPPORT A l’ÉPERVIER ET A l’AUTOUR.

I. — L’oiseau qui nous a été envoyé de Cayenne sans aucun nom, et que nous avons désigné sous la dénomination d'épervier à gros bec de Cayenne ', parce qu’en effet il a plus de rapport à l’épervier qu’à tout autre oiseau de proie; il est seulement un peu plus groset d’une forme de corps un peu plus arrondie que l’épervier; il a aussi le bec plus gros et plus long, les jambes un peu plus courtes; le dessous de la gorge d’une couleur uniforme et vineuse; au lieu que l’épervier a cette même partie blanche ou blanchâtre; mais, du reste, il ressemble assez à l’épervier d’Europe pour qu’on puisse le regarder comme étant d’une espèce voisine, et qui peut-être ne doit son origine qu’à l’influence du climat.

II. — L’oiseau qui nous a éfé envoyé de Cayenne sans nom, et auquel nous avons cru devoir donner celui de petit autour de Cayenne'^, parce qu’il a été jugé du genre de l’autour par de très-habiles fauconniers. J’avoue qu’il nous a paru avoir plus de rapport avec le lanier , tel qu’il a été décrit par Belon, qu’avec l’autour; car il a les jambes fort courtes et de couleur bleue, ce qui fait deux caractères du lanier, mais peut-être n’est-il réellement ni lanier ni autour. 11 arrive tous les jours qu’en voulant rapporter des oiseaux ou des animaux étrangers aux espèces de notre climat , on leur

1. Falco magnirostris (Gmel.). — Ordre id. , famille id. , genre Autours, sous-genre Éperviers ( Cuv. ).

2. Falco cayennensis (Gmel.). — Le petit autour de Cayenne (Cuv.). — Ordre id., famille la.. genre Aigles-autours ou Morphnus (Cuv.).

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donne des noms qui ne leur conviennent pas, et il est très-possible que cet oiseau de Cayenne soit d’une espèce particulière et différente de celles de l’autour et du lanier.

III. — L’oiseau de la Caroline , donné par Castesby “ sous le nom à'épcrvier des pigeons \ qui a le corps plus mince que l’épervier ordinaire, l’iris des yeux jaune, ainsi que la peau qui couvre la base du bec, les pieds de la même couleur, le bec blanchâtre à son origine et noir vers son crochet; le dessus de la tête, du cou, du dos, du croupion , des ailes et de la queue, couvert de plumes blanches mêlées de quelques plumes brunes; les jambes rouvertes de longues plumes blanches, mêlées d’une légère teinte rouge,

et variées de taches longitudinales brunes ; les plumes de la queue

brunes comme celles des ailes, mais rayées de quatre bandes transversales blanches.

LE GERFAUT

Le gerfaut, tant par sa figure que par te naturel, doit être regardé comme le premier de tous les oiseaux de la fauconnerie , car il les surpasse de beaucoup en grandeur : il est au moins de la taille de l’autour; mais il en diffère par des caractères généraux et constants , qui distinguent tous les oiseaux propres à être élevés pour la fauconnerie, de ceux auxquels on ne peut pas donner la même éducation. Ces oiseaux de chasse noble sont les gerfauts, les faucons, les sacres, les laniers, les hobereaux, les émerillons et les cresserelles. Ils ont tous les ailes presque aussi longues que la queue; la première plume de l’aile appelée le , presque aussi longue que

celle qui la suit, le bout de cette plume en penne ou en forme de tranchant ou de lame de couteau, sur une longueur d’environ un pouce à son extrémité; au lieu que dans les autours, les éperviers, les milans et les buses, qui ne sont pas oiseaux aussi nobles ni propres aux mêmes exercices , la queue est plus longue que les ailes, et cette première plume de l’aile est beaucoup plus courte et arrondie par son extrémité; et ils diffèrent encore

a. Pigeon liawk. Hist. nat. of Carol. by Marc. Catesby, t. I, page 3, pl. ni, avec une figure coloriée.

1. Falco columbarius (Linn.). — Ordre id., famille id., genre Autours, sous-genre Éperviers (Cuv.). — « Parmi les éperviers étrangers, on peut remarquer Yépervier chanteur [falco « musicus, Daud. ) , grand comme l’autour, cendré dessus, blanc rayé de brun dessous et au « croupion, brun varié de roux dans la jeunesse. On le trouve en Afrique, où il chasse aux perte drix, aux lièvres, et niche sur des arbres. C’est la seule espèce connue d’oiseaux de proie qui « chante agréablement.» (Cuvier.)

* Falco candicans et falco Islandicus (Gmel.). — Le gerfault (Cuv.). — Ordre id., famille id, genre Gerfaults ou Hierofalco (Cuv.). — « Hierax, hierofalco, faucon, sacre, tous noms « tenant à l’ancienne vénération des Égyptiens pour certains oiseaux de proie, Gerfault est « corrompu d’ hierofalco. » (Cuvier.)

LE GERFAUT

en ce que la quatrième plume de l’aile est dans ces derniers oiseaux la plus longue, au lieu que c’est la seconde dans les premiers. On peut ajouter que le gerfaut diffère spécifiquement de l’autour par le bec et les pieds qu’il a bleuâtres, et par son plumage qui est brun sur toutes les parties supérieures du corps, blanc taché de brun sur toutes les parties inférieures, avec la queue grise, traversée de lignes brunes. Cet oiseau se trouve assez communément en Islande, et il paraît qu’il y a variété dans l’espèce; car il nous a été envoyé de Norvvége un gerfaut qui se trouve également dans les pays les plus septentrionaux, qui ditïère un peu de l’autre par les nuances et par la distribution des couleurs, et qui est plus estimé des fauconniers que celui d’Islande, parce qu’ils lui trouvent plus de courage, plus d’activité et plus de docilité; et indépendamment de cette première variété, qui paraît être variété de l’espèce, il y en a une seconde qu’on pourrait attribuer au climat, si tous n’étaient pas également des pays froids; cette seconde variété est le gerfaut blanc, qui diffère beaucoup des deux premiers, et nous présumons que dans ceux de Norwége aussi bien que dans ceux d’Islande il s’en trouve de blancs*; en sorte qu’il est probable que c’est une seconde variété commune aux deux premières, et qu’il existe en effet dans l’espèce du gerfaut trois races constantes et distinctes, dont la première est le gerfaut d’Islande, la seconde le gerfaut de Norwége, et la troisième le gerfaut blanc; car d’habiles fauconniers nous ont assuré que ces derniers étaient blancs dès la première année, et conservaient leur blancheur dans les années suivantes : en sorte qu’on ne peut attribuer cette couleur à la vieillesse de l’animal ou au climat plus froid, les bruns se trouvant également dans le même climat. Ces oiseaux sont naturels aux pays froids du Nord, de l’Europe et de l’Asie; ils habitent en Russie, en Norwége, en Islande, en Tartarie, et ne se trouvent point dans les climats chauds, ni même dans nos pays tempérés. C’est, après l’aigle, le plus puissant, le plus vif, le plus courageux de tous les oiseaux de proie : ce sont aussi les plus chers et les plus estimés de tous ceux de la fauconnerie ; on les transporte d’Islande et de Russie en France “, en

a. Nous ne venions point le gerfaut, s’il ne nous était apporté d’étrange pays ; on dit qu’il vient de Russie, où il fait son aire, et qu’il ne hante ne Italie ne France, et qu’il est oiseau passager en Allemagne .. C’est un oiseau bon à tous vols; car il ne refuse jamais rien, et il est plus hardi que nul autre oiseau de proie. Selon, Hist. nat. des Oiseaux, p. 94 et 95.

1. « Le gerfauU, plus grand d’un quart que le faucon, est le plus estimé de tous les « oiseaux de fauconnerie. On le tire principalement du Nord ; son plumage ordinaire est brun « dessus, avec une bordure de points plus pâles à chaque plume, et des lignes transverses sur « les couvertures et les pennes; blanchâtre dessous, avec des taches brunes longues, qui, avec « l’âge, se changent sur les cuisses en lignes transverses; enfin la queue rayée de brun et de « grisâtre; mais il varie teliement par le plus ou moins de brun ou de blanc, qu'il y en a de « tout blancs sur le corps , et où il ne reste de brun qu’une tache sur le milieu de chaque « penne du manteau; les pieds et la membrane du bec sont tantôt jaunes, tantôt bleus. » ( Cuvier. )

LE GERFAUT

Italie et jusqu’en Perse et en Turquie®, et il ne paraît pas que la chaleur plus grande de ces climats leur ôte rien de leur force et de leur vivacité ; ils attaquent les plus grands oiseaux , et font aisément leur proie de la cigogne, du héron et de la grue; ils tuent les lièvres en se laissant tomber à plomb dessus; la femelle est, comme dans les autres oiseaux de proie, beaucoup plus grande et plus forte que le mâle; on appelle celui-ci tiercelet de gerfaut, qui ne sert dans la fauconnerie que pour voler le milan , le héron et les corneilles.

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