‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 5)Chapitre 41 sur 240 · LE LANIERE · texte numérisé non relu

LE LANIERE

Cet oiseau, qu’Aldrovande appelle laniarius Gallorum, et que Belon dit être naturel en France et plus employé par les fauconniers qu’aucun autre, est devenu si rare que nous n’avons pu nous le procurer : il n’est dans aucun de nos Cabinets, ni dans les suites d’oiseaux coloriés par MM. Edwards, Frisch et les auteurs de la Zoologie britannique; Belon lui-même, qui en fait une description assez détaillée, n’en donne pas la figure; il en est de même de Gessner, d’Aldrovande et des autres naturalistes modernes. MM. Brisson et Salerne avouent ne l’avoir jamais vu : la seule représentation qu’on en ait est dans Albin, dont on sait que les planches sont trèsmal coloriées. Il paraît donc que le lanier, qui est aujourd’hui si rare en France, l’a également et toujours été en Allemagne, en Angleterre, en Suisse, en Italie, puisque aucun des auteurs de ces différents pays n’en a parlé que d’après Belon ; cependant il se retrouve en Suède , puisque M. Linnæus le met dans la liste des oiseaux de ce pays, mais il n’en donne qu’une légère description, et point du tout l’histoire : ne le connaissant donc que par les indications de Belon , nous ne pouvons rien faire de plus

O. C’est au gerfaut qu’il faut rapporter le passage suivant ; « Il ne faut pas oublier de faire « mention d'un oiseau de proie qui vient de Moscovie, d’où on le transporte en Perse, et qui « est presque aussi gros qu’un aigle ; ces oiseaux sont rares, et il n’y a que le roi seul qui « puisse en avoir. Gomme c’est la coutume en Perse d’évaluer les présents que l’on fait au roi, « sans en rien excepter, ces oiseaux sont mis àcenltomans la pièce, qui font quinze cents écus; « et s’il en meurt quelques-uns en chemin, l’ambassadeur en apporte à Sa Majesté la tête et les « ailes, et on lui tient compte de l’oiseau comme s’il était vivant : on dit que cet oiseau fait son « nid dans la neige, qu’il perce jusqu’à terre par la chaleur de son corps, et quelquefois jusqu’à « une toise de hauteur, etc » Voyage de Chardin, t. II, p. 31.

b. Lanier vient du latin laniare, déchirer, parce que cet oiseau déchire cruellement les poules et les antres animaux dont il fait sa proie. Lanneret est le diminutif de lanier, et c’est pour cela qu’on appelle le mâle lanneret , qui est considérablement plus petit que la femelle.

* Falco laniarius (Linn.). — La lanier (Cuv.). — Ordre id., famille id. , genre Faucons (Guv. .) — « Le lanier est un peu plus grand que le faucon : il paraît venir de l’Oiient plutôt « que du Nord; son plumage est à peu près celui du jeune faucon, si ce n’est que sa mous- « tache est plus étroite, moins marquée et sa gorge mouchetée; il se rapproche du gerfault par « sa queue qui dépasse les ailes ; on le tire surtout de Hongrie. » [Guvier. )

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