‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 5)Chapitre 84 sur 240 · Voyez la note de la page · texte numérisé non relu

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2. Buffon, l’immortel Buffon, pour quelques résistances d’un moment, ne devait pas traiter ainsi ce peuple des naturalistes, qui aujourd’hui l’admire, et qui n’aurait pas trouvé mauvais qu’il eût commencé sou histoire des oiseaux par Vautruche.

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OISEAUX QUI NE PEUVENT VOLER

indépendamment de raUribiit de la grandeur, qui seul suffirait pour faire placer l’autruche à la tête de tous les oiseaux, elle a encore beaucoup d’autres conformités par l’organisation intérieure avec les animaux quadrupèdes, et que tenant presque autant à cet ordre qu’à celui des oiseaux ', elle doit être donnée comme faisant la nuance entre l’iin et l’autre.

Dans chacune de ces suites ou chaînes, qui soutiennent un ordre entier de la nature vivante, les rameaux qui s’étendent vers d’autres ordres sont toujours assez courts et ne forment que de très-petits genres. Les oiseaux qui ne peuvent voler se réduisent à sept ou huit espèces; les quadrupèdes qui volent à cinq ou six; et il en est de même de toutes les autres branches qui s’échappent de leur ordre ou du faisceau principal; elles y tiennent toujours par le plus grand nombre de conformités, de ressemblances, d’analogies, et n’ont que quelques rapports et quelques convenances avec les autres ordres : ce sont, pour ainsi dire, des traits fugitifs, que la nature paraît n’avoir tracés que pour nous indiquer toute l’étendue de sa puissance et faire sentir au philosophe qu’elle ne peut être contrainte par les entraves de nos méthodes, ni renfermée dans les bornes étroites du cercle de nos idées.

L’AUTRUCHE

L’autruche est un oiseau très-anciennement connu , puisqu’il en est fait mention dans le plus ancien des livres ; il fallait même qu’il fût très-connu, car il fournit aux écrivains sacrés plusieurs comparaisons tirées de ses mœurs et de ses habitudes® ; et plus anciennement encore sa chair était, selon toute apparence, une viande commune au moins parmi le peuple, puisque le législateur des juifs la leur interdit comme une nourriture immonde^ ; enfin il en est question dans Hérodote, le plus ancien des historiens profanes®, et dans les écrits des premiers philosophes qui ont traité

а. « Hat)itaî)unt ibi strutMones. » Isaïe, ch. xiii, v. 21. — « Filia populi mei crudelis quasi « struthio in deserto. » Jérém., Thren., cap. iv, v. 3. — « Luctnm quasi struthionum. » Mich., cap. I, V. 8.

б. Levitic., cap. xi, v. 16. — Deutéron., cap. xiv, v. IS.

c. Hérodote, si Ton en croit M. de Salerne {Ornithof.,^. 79), parle de trois sortes d’autruches : le stroulhos aquatique ou marin, qui est le poisson plat nommé 'plie; l’aérien, qui est notre moineau, et le terrestre (katagaios) , qui est notre autruche. De ces trois espèces, la dernière est la seule dont i’aie trouvé l’indication dans Hérodote {in Melpomene , versus finem); encore ne puis-je être de l’avis de M. Salerne sur la manière d’entendre le strouthos katagaios, qui, selon moi, doit être ici traduit par autruche se creusant des trous dans la terre,

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