Le doigt interne a quatre phalanges; l’externe en a cinq
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leux qui se trouve ordinairement dans la partie inférieure de l’œsophage la plus voisine du gésier, puisqu’il est en effet garni d’un grand nombre de glandes, et ces glandes sont conglomérées et non conglobées comme dans la plupart des oiseaux" : ce premier ventricule est situé plus bas que le second, en sorte que l’entrée de celui-ci, que l’on nomme communément y orifice supérieur, est réellement l’orifice inférieur par sa situation; ce second ' ventricule n’est souvent distingué du premier que par un léger étranglement, et quelquefois il est séparé lui-même en deux cavités distinctes par un étranglement semblable, mais qui ne paraît point au dehors; il est parsemé de glandes et revêtu intérieurement d’une tunique villeuse presque semblable à la flanelle, sans beaucoup d’adhérence, et criblée d’une infinité de petits trous répondant aux orifices des glandes ; il n’est pas aussi fort que le sont communément les gésiers des oiseaux, mais il est fortifié par dehors de muscles très-puissants, dont quelques-uns sont épais de trois pouces ; sa forme extérieure approche beaucoup de celle du ventricule de l’homme.
M. Duverney a prétendu que le canal hépatique se terminait dans ce second ventricule ^ comme cela a lieu dans la tanche et plusieurs autres poissons, et même quelquefois dans l’homme, selon l’observation de Galien mais Ramby et Vallisnieri « assurent avoir vu constamment dans plusieurs autruches l’insertion de ce canal dans le duodénum, deux pouces, un pouce , quelquefois même un demi-pouce seulement au-dessous du pylore^ ; et Vallisnieri indique ce qui aurait pu occasionner cette méprise, si c’en est une, en ajoutant plus bas qu’il avait vu dans deux autruches une veine allant du second ventricule au foie, laquelle veine il prit d’abord pour un rameau du canal hépatique, mais qu’il reconnut ensuite dans les deux sujets pour un vaisseau sanguin portant du sang au foie et non de la bile au ventricule/".
Le pylore est plus ou moins large dans différents sujets, ordinairement teint en jaune et imbibé d’un suc amer, ainsi que le fond du second ventricule, ce qui est facile à comprendre, vu l’insertion du canal hépatique tout au commencement du duodénum, et sa direction de bas en haut.
Le pylore dégorge dans le duodénum, qui est le plus étroit des intestins, et où s’insèrent encore les deux canaux pancréatiques, un pied et quelque-
a. Mémoires pour servir à l’histoire des animaux , p. 129.
b. Hisl. de l’Académie des Sciences , année 1694, p. 213.
c. Vallisnieri, ubi supra.
d. Transactions philosophiques , n° 386.
e. Vallisnieri, t. 1, p. 241.
f. Vallisnieri, t. I , p. 245.
1. « V autruche a trois ventricnles : un énorme jafeot, et un ventricule considérable entre le « jabot et le gésier. » (Cuvier.)
2. Le canal hépatique s’insère dans l'intestin, près du pylore.
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fois deux et trois pieds au-dessous de l’insertion de l’hépatique, au lieu qu’ils s’insèrent ordinairement dans les oiseaux tout près du cholédoque.
Le duodénum est sans valvules, ainsi que le jéjunum; Viléon en a quelques-unes aux approches de sa jonction avec le colon ; ces trois intestins grêles sont à peu près la moitié de la longueur de tout le tube intestinal, et cette longueur est fort sujette à varier, même dans des sujets d’égale grandeur, étant de soixante pieds dans les uns “ et de vingt-neuf dans les autres*'.
Les deux cæcums naissent ou du commencement du colon, selon les anatomistes de l’Académie, ou de la fin de l’iléon, selon le docteur Ramby'j chaque cæcum forme une espèce de cône creux, long de deux ou trois pieds, large d’un pouce à sa base, garni à l’intérieur d’une valvule en forme de lame spirale, faisant environ vingt tours de la base au sommet, comme dans le lièvre, le lapin et dans le renard marin, la raie, la torpille, l’anguille de mer, etc.
Le colon a aussi ses valvules en feuillet, mais au lieu de tourner en spirale comme dans le cæcum, la lame ou feuillet de chaque valvule forme un croissant qui occupe un peu plus que la demi-circonférence du colon; en sorte que les extrémités des croissants opposés empiètent un peu les unes sur les autres, et se croisent de toute la quantité dont elles surpassent le demicercle, structure qui se retrouve dans le colon du singe et dans \& jéjunum de l’homme, et qui se marque au dehors de l’intestin par des cannelures transversales, parallèles, espacées d’un demi-pouce, et répondant aux feuillets intérieurs; mais ce qu’il y a de remarquable, c’est que ces feuillets ne se trouvent pas dans toute la longueur du colon, ou plutôt c’est que l’autruche a deux colons bien distincts, l’un plus large et garni de ces feuillets intérieurs en forme de croissants, sur une longueur d’environ huit pieds , l’autre plus étroit et plus long, qui n’a ni feuillets ni valvules, et s’étend jusqu’au rectum. C’est dans ce second colon que les excréments commencent à se figurer, selon Vallisnieri.
Le rectum est fort large, long d’environ un pied, et muni à son extrémité de fibres charnues : il s’ouvre dans une grande poche ou vessie* composée des mêmes membranes que les intestins, mais plus épaisse, et dans laquelle on a trouvé quelquefois jusqu’à huit onces d’urine car les uretères s’y
a. Voyez Collections philosophiques , n» 5, art. viii.
h. Mémoires pour servir à l’histoire des animaux, partie ii, p. 132.
c. Transactions philosophiques , n° 386.
d. L’uiine d’autruclie enlève les taches d’encre , selon Hermolaüs ; ce fait peut n’ètre point vrai, mais Gessner a eu tort de le nier sur le fondement unique qu’aucun oiseau n’avait d’urine ; car tous les oiseaux ont des reins , des uretères, et par conséquent de l’iirine, et ils ne diffèrent des quadrupèdes , sur ce point , qu’en ce que chez eux le rectum s’ouvre dans la vessie
l- « Les autruches ont un vaste réceptacle où l’urine s’accumule, comme dans une vessie ; « aussi sont-elles les seuls oiseaux qui urinent. » ( Cuvier. )
2 (d). Ou, plus exactement, dans le cloaque. (Voyez la note de la page 41.)
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rendent aussi par une insertion très-oblique , telle qu’elle a lieu dans la ■vessie des animaux terrestres; et non-seulement ils y charrient l’urine, mais encore une certaine pâte blanche qui accompagne les excréments de tous les oiseaux.
Cette première poche, à qui il ne manque qu’un col pour être une véritable vessie', communique, par un orifice muni d’une espèce de sphincter, à une seconde et dernière poche plus petite, qui sert de passage à l’urine et aux excréments solides, et qui est presque remplie par une sorte de noyau cartilagineux, adhérant par sa base à la jonction des os pubis, et refendu par le milieu à la manière des abricots.
Les excréments solides ressemblent beaucoup à ceux des brebis et des chèvres; ils sont divisés en petites masses, dont le volume n’a aucun rapport avec la capacité des intestins où ils se sont formés ; dans les intestins grêles, ils se présentent sous la forme d’une bouillie, tantôt verte et tantôt noire, selon la quantité des aliments, qui prennent de la consistance en approchant des gros intestins, mais qui ne se figurent, comme je l’ai déjà dit, que dans le second colon®.
On trouve quelquefois, aux environs de Vams, de petits sacs à peu près pareils à ceux que les lions et les tigres ont au même endroit.
Le mésentère est transparent dans toute son étendue, et large d’un pied en de certains endroits. Vallisnieri prétend y avoir vu des vestiges non obscurs de vaisseaux lymphatiques^; Ramby dit aussi que les vaisseaux du mésentère sont fort apparents, et il ajoute que les glandes en sont à peine visibles **; mais il faut avouer qu’elles ont été absolument invisibles pour la plupart des autres observateurs.
Le foie est divisé en deux grands lobes, comme dans l’homme, mais il est situé plus au milieu de la région des hypocondres, et n’a point de vésicule du fiel ^ : la rate est contiguë au premier estomac, et pèse au moins deux onces.
Les reins sont fort grands, rarement découpés en plusieurs lobes, comme dans les oiseaux, mais le plus souvent en forme de guitare, avec un bassin assez ample.
Les uretères ne sont point non plus comme dans la plupart des autres oiseaux, couchés sur les reins, mais renfermés dans leur substance L
a. Vallisnieri, ubi supra.
b. Transactions philosophiques , n“ 386.
c. Mémoires pour servir à l’histoire des animaux, partie ii , p. 142.
1. Voyez le Mémoire de Geoffroy-Saint-Hilaire sur les organes génito-urinaires des oiseaux, et en particulier sur ceux de Vautruche.
2. Voyez, sur les vaisseaux lymphatiques des oiseaux, aujourd’hui démontrés, les travaux de MM. Tiedemann, Fohmann et Lauth.
3. L’autruche de l’ancien continent , celle dont il s’agit ici, n’a pas de vésicule du fiel; Vautruche d’Amérique , dont il va être question (le touyou de Buffon), en a une.
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L’épiploon est très-petit, et ne recouvre qu’en partie le ventricule; mais à la place de l’épiploon, on trouve quelquefois sur les intestins et sur tout le ventre, une couche de graisse ou de suif, renfermée entre les aponévroses des muscles du bas-ventre, épaisse depuis deux doigts jusqu’à six pouces®; et c’est de cette graisse mêlée avec le sang que se forme la mantèque, comme nous le verrons plus bas : cette graisse était fort estimée et fort chère chez les Romains, qui, selon le témoignage de Pline, la croyaient plus efficace que celle de l’oie, contre les douleurs de rhumatisme, les tumeurs froides, la paralysie; et encore aujourd’hui les Arabes l’emploient aux mêmes usages ^ Vallisnieri est peut-être le seul qui, ayant apparemment disséqué des autruches fort maigres, doute de l’existence de cette graisse, d’autant plus qu’en Italie la maigreur de l’autruche a passé en proverbe, magro corne mo struzzo; il ajoute que les deux qu’il a observées, paraissaient, étant disséquées, des squelettes décharnés, ce qui doit être vrai de toutes les autruches qui n’ont point de graisse, ou même à qui on l’a enlevée , attendu qu’elles n’ont point de chair sur la poitrine ni sur le ventre, les muscles du bas-ventre ne commençant à devenir charnus que sur les flancs Si des organes de la digestion je passe à ceux de la génération, je trouve de nouveaux rapports avec l’organisation des quadrupèdes : le plus grand nombre des oiseaux n’a point de verge apparente, l’autruche en a une assez considérable, composée de deux ligaments blancs, solides et nerveux, ayant quatre lignes de diamètre, revêtus d’une membrane épaisse, et qui ne s’unissent qu’à deux doigts près de l’extrémité ; dans quelques sujets, on a aperçu de plus, dans cette partie, une substance rouge, spongieuse, garnie d’une multitude de vaisseaux, en un mot, fort approchante des corps caverneux qu’on observe dans la verge des animaux terrestres; le tout est renfermé dans une membrane commune, de même substance que les ligaments, quoique cependant moins épaisse et moins dure; cette verge n’a ni gland, ni prépuce, ni même de cavité qui pût donner issue à la matière séminale , selon MM. les anatomistes de l’Académie mais G. Warren prétend avoir disséqué une autruche dont la verge, longue de cinq pouces et demi, était creusée longitudinalement dans sa partie supérieure, d'une espèce de sillon ou gouttière ', qui lui parut être le conduit de la semence Soit que cette gouttière fût formée par la jonction des deux ligaments, soit que G. Warren se soit mépris, en prenant pour la verge ce noyau cartilagi-
а. Ramby, Transactions philosophiques, n° 386. — G. Warren, î6i'Æ, no 394. — Mémoires pour servir à Vhistoire des animaux, partie ii, p. 129.
б. The World displayed , t. Xill , p. 15.
c. Mémoires pour servir à l’histoire des animaux , partie ii, p. 127. — Vallisnieri, t. î, p. 251 et 252.
d. Partie ii, p. 135.
e. Transactions philosophiques , n® 394, art v.