‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 5)Chapitre 92 sur 240 · Il parait être d’à peu près six semaines · texte numérisé non relu

Il parait être d’à peu près six semaines

L’AUTRUCHE

eussent des plumes rouges, veiies, bleues et jaunes , comme Cardan semble l’avoir cru, par une méprise bien déplacée dans un ouvrage sur la subtilité.

Redi a reconnu, par de nombreuses observations, que presque tous les oiseaux étaient sujets à avoir de la vermine dans leurs plumes, et même de plusieurs espèces , et que la plupart avaient leurs insectes particuliers qui ne se rencontraient point ailleurs; mais il n’en a jamais trouvé en aucune saison dans les autruches, quoiqu’il ait fait ses observations sur douze de ces animaux, dont quelques-uns étaient récemment arrivés de Barbarie

D’un autre côté Yallisnieri, qui en a disséqué deux, n’a trouvé dans leur intérieur ni lombrics, ni vers, ni insectes quelconques^; il semble qu’aucun de ces animaux n’ait d’appétit pour la chair de l’autruche, qu’ils l’évitent même et la craignent, et que cette chair ait quelque qualité contraire à leur multiplication, à moins qu’on ne veuille attribuer cet effet, du moins pour l’intérieur, à la force de l’estomac et de tous les organes digestifs, car l'autruche a une grande réputation à cet égard ; il y a bien des gens encore qui croient qu’elle digère le fer, comme la volaille commune digère les grains d’orge; quelques auteurs ont même avancé qu’elle digérait le fer rouge % mais on me dispensera sans doute de réfuter sérieusement celte dernière assertion ; ce sera bien assez de déterminer d’après les faits dans quel sens on peut dire que l’autruche digère le fer à froid*.

Il est certain que ces animaux vivent principalement de matières végétales, qu’ils ont le gésier muni de muscles très-forts, comme tous les granivores et qu’ils avalent fort souvent du fer % du cuivre, des pierres, du verre, du bois et tout ce qui se présente; je ne nierais pas même qu’ils n’avalassent quelquefois du fer rouge -, pourvu que ce fut en petite quantité, et je ne pense pas avec cela que ce fût impunément; il paraît qu’ils avalent tout ce qu’ils trouvent, jusqu’à ce que leurs grands estomacs soient entièrement pleins, et que le besoin de les lester par un volume suffisant de

a. Collection Acad. , t. I de l'Histoire naturelle, p. 4G4.

h. Œuvres de Vallisnieri, t. I , p. 246.

c. Marmol, Descriplion de l’Afrique, t. I, p. 64.

d. Quoique l’autruclie soit omnivore dans le fait, il semble néanmoins qu’on doit la ranger parmi les granivores , puisque dans ses déserts elle vit de dattes et autres fruits ou matières végétales , et que dans les ménageries on la nourrit de ces mêmes matières : d’ailleurs , Strabon nous dit , liv. vi , que lorsque les chasseurs veulent l’attirer dans le piège qu’ils lui ont préparé ils lui présentent du grain pour appât.

e. Je dis fort souvent , car Albert assure très-positivement qu’il n’a jamais pu faire avaler du fer à plusieurs autruches , quoiqu'elles dévorassent avidement des os fort durs et même des pierres. Voyez Gessner, de Avibus, p. 742, C.

1. Elle ne le digère en aucun sens. — « L’autrucl,e avale bien tout, mais elle ne digère pas « tout , il s’en faut beaucoup. J’ai vu des autruches qui avaient eu l’estomac percé par des n clous et déchiré par du verre qu’elles avaient avalé. » (Cuvier )

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