‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 5)Chapitre 93 sur 240 · Il aurait pu pourtant le nier · texte numérisé non relu

Il aurait pu pourtant le nier

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matière est l’une des principales causes de leur voracité. Dans les sujets disséqués par Warren® et par Ramby^ les ventricules étaient tellement remplis et distendus que la première idée qui vint à ces deux anatomistes fut de douter que ces animaux eussent jamais pu digérer une telle surcharge de nourriture. Ramby ajoute que les matières contenues dans ces ventricules paraissaient n’avoir subi qu’une légère altération. Yallisnieri trouva aussi le premier ventricule entièrement plein d’herbes, de fruits, de légumes, de noix, de cordes, de pierres, de verre, de cuivre jaune et rouge, de fer, d’étain, de plomb et de bois; il y en avait entre autres un morceau, et c’était le dernier avalé, puisqu’il était tout au-dessus, lequel ne pesait pas loin d’une livre®. MM. de l’Académie assurent que les ventricules des huit autruches qu’ils ont observées se sont toujours trouvés remplis de foin, d’herbes, d’orge, de fèves, d’os, de monnaies, de cuivre et de cailloux, dont quelques-uns avaient la grosseur d’un œuf**; l’autruche entasse donc les matières dans ses estomacs à raison de leur capacité et par la nécessité de les remplir; et comme elle digère avec facilité et promptitude il est aisé de comprendre pourquoi elle est insatiable.

Mais quelque insatiable qu’elle soit, on me demandera toujours, non pas pourquoi elle consomme tant de nourriture, mais pourquoi elle avale des matières qui ne peuvent point la nourrir, et qui peuvent même lui faire beaucoup de mal ; je répondrai que c’est parce qu’elle est privée du sens du goût, et cela est d’autant plus vraisemblable que sa langue étant bien examinée par d’habiles anatomistes, leur a paru dépourvue de toutes ces papilles sensibles et nerveuses, dans lesquelles on croit, avec assez de fondement, que réside la sensation du goût®; je croirais même qu’elle aurait le sens de l’odorat fort obtus, car ce sens est celui qui sert le plus aux animaux pour le discernement de leur nourriture, et l’autruche a si peu de ce discernement qu’elle avale non-seulement le fer, les cailloux, le verre, mais même le cuivre qui a une si mauvaise odeur, et que Yallisnieri en a vu une qui était morte pour avoir dévoré une grande quantité de chaux vive f : les gallinacés et autres granivores, qui n’ont pas les organes du goût fort sensibles, avalent bien de petites pierres, qu’ils prennent apparemment pour de petites graines S lorsqu’elles sont mêlées ensemble; mais si on leur

a. Transactions philosophiques , n“ 394.

b. Ibidem , n® 386.

c. Opéré di Yallisnieri ,t. I,p. 240.

d. Mémoires pour servir à l’histoire des animaux, , partie ii, p. 129.

e. Yallisnieri, t. I, page 249.

f. Yallisnieri , t. I, page 239.

1. Ce n’est pas parce qn'ils les prennent pour de petites graines que les oiseaux granivores avalent de petites pierres ; « les aliments se broient d’autant plus aisément dans leur gésier que

les oiseaux ont soin , dit très-bien M. Cuvier, d’avaler de petites pierres pour augmenter « la force de trituration. » L’autruche fait de même , et c’est le même instinct qui Ty détermiie.

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présente pour toute nourriture un nombre connu de ces petites pierres ils mourront de faim sans en avaler une seule ® ; à plus forte raison ne toucheraient-ils point à la chaux vive : et l’on peut conclure de là, ce me semble, que l’autruche est un des oiseaux dont les sens du goût et de l’odorat, et même celui du toucher dans les parties internes de la bouche, sont les plus émoussés et les plus ohtus ; en quoi il faut convenir qu’elle s’éloigne beaucoup de la nature des quadrupèdes.

Mais enfin que deviennent les substances dures, réfractaires et nuisibles que l’autruche avale sans choix et dans la seule intention de se remplir? que deviennent surtout le cuivre, le verre, le fer? sur cela les avis sont partagés, et chacun cite des faits à l’appui de son opinion. M. Perrault ayant trouvé soixante et dix doubles dans l’estomac d’un de ces animaux, remarqua qu’ils étaient la plupart usés et consumés presque aux trois quarts; mais il jugea que c’était plutôt par leur frottement mutuel et celui des cailloux que par l’action d’aucun acide, vu que quelques-uns de ces doubles, qui étaient bossus, se trouvèrent fort usés du côté convexe, qui était aussi le plus exposé aux frottements, et nullement endommagés du côté concave; d’où il conclut que dans les oiseaux la dissolution de la nourriture ne se fait pas seulement par des esprits subtils et pénétrants, mais encore par l’action organique du ventricule qui comprime et bat incessamment les aliments avec les corps durs que ces mêmes animaux ont l’instinct d’avaler; et comme toutes les matières contenues dans cet estomac étaient teintes en vert, il conclut encore que ta dissolution du cuivre s’y était faite non par un dissolvant particulier, ni par voie de digestion, mais de la même manière qu’elle se ferait si l’on broyait ce métal avec des herbes ou avec quelque liqueur acide ou salée : il ajoute que le cuivre, bien loin de se tourner en nourriture dans l’estomac de l’autruche, y agissait au contraire comme poison, et que toutes celles qui en avalaient beaucoup mouraient bientôt après ^

Vallisnieri pense au contraire que l’autruche digère ou dissout les corps durs, principalement par l’action du dissolvant de l’estomac, sans exclure celle des chocs et frottements qui peuvent aider à cette action principale; voici ses preuves :

1" Les morceaux de bois, de fer ou de verre qui ont séjourné quelque temps dans les ventricules de l’autruche ne sont point lisses et luisants comme ils devraient l’être s’ils eussent été usés par le frottement, mais ils sont raboteux, sillonnés, criblés comme ils doivent l’être, en supposant qu’ils aient été rongés par un dissolvant actif;

2“ Ce dissolvant réduit les corps les plus durs, de même que les herbes,

a. Collection Académique, t. I de l’Histoire naturelle, p. 498.

b. Mémoires pour servir à l’histoire des animaux, partie ii, p. 129.

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les grains et les os en molécules impalpables qu’on peut apercevoir au microscope et même à l’œil nu ;

3° Il a trouvé dans un estomac d’autruche un clou implanté dans l’une de ses parois, et qui traversait cet estomac de façon que les parois opposées ne pouvaient s’approcher ni par conséquent comprimer les matières contenues autant qu’elles le font d’ordinaire ; cependant les aliments étaient aussi bien dissous dans ce ventricule que dans un autre qui n’était traversé d’aucun clou, ce qui prouve au moins que la digestion ne se fait pas dans l’autruche uniquement par trituration;

4° Il a vu un dé à coudre, de cuivre, trouvé dans l’estomac d’un chapon, lequel n’était rongé que dans le seul endroit par où il touchait au gésier, et qui par conséquent était le moins exposé aux chocs des autres corps durs; preuve que la dissolution des métaux, dans l’estomac des chapons, se fait plutôt par l’action d’un dissolvant, quel qu’il soit, que par celle des chocs et des frottements; et cette conséquence s’étend assez naturellement aux autruches ;

5" II a vu une pièce de monnaie rongée si profondément que son poids était réduit à trois grains ;

6° Les glandes du premier estomac donnent, étant pressées, une liqueur visqueuse, jaunâtre, insipide, et qui néanmoins imprime très-promptement sur le fer une tache obscure;

7° Enfin l’activité de ces sucs, la force des muscles du gésier, et la couleur noire qui teint les excréments des autruches qui ont avalé du fer, comme elle teint ceux des personnes qui font usage des martiaux et les digèrent bien, venant à l’appui des faits précédents, autorisent Yallisnieri à conjecturer, non pas tout à fait que les autruches digèrent le fer et s’en nourrissent, comme divers insectes ou reptiles se nourrissent de terre et de pierres, mais que les pierres, les métaux et surtout le fer, dissous par le suc des glandes, servent à tempérer, comme absorbants, les ferments trop actifs de l’estomac; qu’ils peuvent se mêler à la nourriture comme éléments utiles, l’assaisonner, augmenter la force des solides, et d’autant plus que le fer entre, comme on sait, dans la composition des êtres vivants; et que, lorsqu’il est suffisamment atténué par des acides convenables, il se volatilise et acquiert une tendance à végéter, pour ainsi dire, et à prendre des formes analogues à celles des plantes, comme on le voit dans l’arbre de mars “; et c’est en effet le seul sens raisonnable dans lequel on puisse dire que l’autruche digère le fer, et quand elle aurait l’estomac assez fort pour le digérer véritablement, ce n’est que par une erreur bien ridicule qu’on aurait pu

a. Mémoires de l’Académie des Sciences, armées 1705, 1706 et suivantes. — Yallisnieri^ 1. 1, p. 242; et il confirme encore son sentiment par les observations de Santorini sur des pièces de monnaie et des clous trouvés dans l’estomac d'une autruche qu’il avait disséquée à Venise, et par les expériences de l’Académie del Cimento sur la digestion des oiseaux.

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attribuer à ce gésier, comme on a fait, la qualité d’un remède et la vertu d’aider la digestion, puisqu’on ne peut nier qu’il ne soit par lui-même un morceau tout à fait indigeste; mais telle est la nature de l’esprit humain, lorsqu’il est une fois frappé de quelque objet rare et singulier il se plaît à le rendre plus singulier encore , en lui attribuant des propriétés chimériques et souvent absurdes : c’est ainsi qu’on a prétendu que les pierres les plus transparentes qu’on trouve dans les ventricules de l’autruche avaient aussi la vertu, étant portées au cou, de faire faire de bonnes digestions; que la tunique intérieure de son gésier avait celle de ranimer un tempérament affaibli et d’inspirer de l’amour; son foie celle de guérir le mal caduc; son sang celle de rétablir la vue; la coque de ses œufs réduite en poudre celle de soulager les douleurs de la goutte et de la gravelle, etc. Vallisnieri a eu occasion de constater par ses expériences 1a fausseté de la plupart de ces prétendues vertus, et ses expériences sont d’autant plus décisives qu’il les a faites sur les personnes les plus crédules et les plus prévenues® *.

L’autruche est un oiseau propre et particulier à l’Afrique, aux îles voisines de ce continent **, et à la partie de l’Asie qui confine à l’Afrique; ces régions, qui sont le pays natal du chameau, du rhinocéros, de l’éléphant et de plusieurs autres grands animaux, devaient être aussi la patrie de l’autruche, qui est l’éléphant des oiseaux; elles sont très-fréquentes dans les montagnes situées au sud-ouest d’Alexandrie, suivant le docteur Pococke. Un missionnaire dit qu’on en trouve à Goa, mais beaucoup moins qu’en Arabie Philostrate prétend même qu’ Apollonius en trouva jusqu’au delà du Gange mais c’était sans doute dans un temps où ce pays était moins peuplé qu’aiijourd’hui : les voyageurs modernes n’en ont point aperçu dans ce même pays, sinon celles qu’on y avait menées d’ailleurs % et tous conviennent qu’elles ne s’écartent guère au delà du trente-cinquième degré de latitude, de part et d’autre de la ligne; et comme l’autruche ne vole point,

a. Vallisnieri, t, I, page 233.

h. Le Yorou-patra de Madagascar^ est une espèce d’autruche qui se retire dans les lieux déserts et pond des œufs d’une singirlière grosseur. Hist. générale des voyages , t. VIII, p. 606, citant Flacourt.

c. Voyage du Fr. Philippe , carme déchaussé , p. 378.

d. Vita Apollonii , lib. ui.

e. On en nourrit dans les ménageries du roi de Perse, selon Thévenot (t. II, p. 200), ce qui suppose qu’elles ne sont pas communes dans ce pays. — Sur la route d’Ispahan à Schiras on amena dans le caravansérai quatre autruches, dit Gemelli Garreri, t. II, p. 238.

1. Pourquoi Buffon, qui citait tout à l’heure Réaumur pour l’incubation philosophique, ne le cite-t-il pas ici pour ses belles expériences sur la digestion des oiseauxl Réaumur, beaucoup mieux que Vallisnieri, lui aurait appris à démêler la part qui revient, dans la digestion, à la force triturante du gésier, et la part qui revient à l’ac^/o« dissolvante du suc gastrique. (Voyez la note de la p. 33.)

2 (6). Quelques relations récentes peuvent autoriser à croire qu’il y a, en effet, une autruche à Madagascar.

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elle est dans le cas de tons les quadrupèdes des parties méridionales de l’ancien continent , c’est-à-dire qu’elle n’a pu passer dans le nouveau ; aussi n’en a-t-on point trouvé en Amérique, quoiqu’on ait donné son nom au thouyou, qui lui ressemble en effet en ce qu’il ne vole point, et par quelques autres rapports, mais qui est d’une espèce différente, comme nous le verrons bientôt dans son histoire ; par la même raison on ne l’a jamais rencontrée en Europe, où elle aurait cependant pu trouver un climat convenable à sa nature dans la Morée et au midi de l’Espagne et de l’Italie; mais pour se rendre dans ces contrées il eût fallu ou franchir les mers qui l’en séparaient, ce qui lui était impossible, ou faire le tour de ces mers et remonter jusqu’au cinquantième degré de latitude pour revenir par le nord en traversant des régions très-peuplées, nouvel obstacle doublement insurmontable à la migration d’un animal qui ne se plaît que dans les pays chauds et les déserts; les autruches habitent en effet, par préférence, les lieux les plus solitaires et les plus arides, où il ne pleut presque jamais'', et cela confirme ce que disent les Arabes, qu’elles ne boivent point’ ; elles se réunissent dans ces déserts en troupes nombreuses, qui de loin ressemblent à des escadrons de cavalerie, et ont jeté l’alarme dans plus d’une caravane : leur vie doit être un peu dure dans ces solitudes vastes et stériles, mais elles y trouvent la liberté et l’amour; et quel désert , à ce prix , ne serait un lieu de délices? C’est pour jouir, au sein de la nature, de ces biens inestimables qu’elles fuient l’homme; mais l’homme, qui sait le profit qu’il en peut tirer, les va chercher dans leurs retraites les plus sauvages; il se nourrit de leurs œufs, de leur sang, de leur graisse, de leur chair, il se pare de leurs plumes; il conserve peut-être l’espérance de les subjuguer tout à fait et de les mettre au nombre de ses esclaves. L’autruche promet trop d’avantages à l’homme pour qu’elle puisse être en sûreté dans ses déserts.

« StratRum generari in parte Africæ quâ non pluit, inqiiit TReopRrastus , » de Hist. plant. 44, apud Gesnerum , p. 74. Tous les voyageurs et les naturalistes sont d’accord sur ce point; G. Warren est le seul qui ait fait un oiseau aquatique de l’autruche, l’animal le plus anti-aquatique qu’il y ait : il convient bien qu’elle ne sait point nager; mais elle a les jambes hautes et le cou long , ce qui lui donne le moyen de marcher dans Teau et d’y saisir sa proie ; d’ailleurs, ou a remarqué que sa tète avait quelque ressemblance avec celle de l’oie; en faut-il davantage pour prouver que l’autruche est un oiseau de rivière? Voyez Transact. philos., n» 394. Un autre ayant ouï dire qu’on voyait eu Abyssinie des autruches de la grosseur d’un âne, et ayant appris, d’ailleurs, qu’elles avaient le cou et les pieds d’un quadrupède, en a conclu et écrit qu’elles avaient le cou et les pieds d’un âne (Suidas). Il n’y a guère de sujet d’histoire naturelle qui ait fait dire autant d’absurdités que l’autruche.

1. « L'autruche est très-vorace , et, quoique le grain et l’herbe fassent la base de sa nourri- « ture, elle dévore indistinctement toute espèce de substance végétale et animale. L’orge parait a être l’aliment qui lui convient le mieux. Celle qui est à la ménagerie en mange chaque jour « quatre livres, accompagnées d’une livre de pain et d’environ dix tètes de laitue. Elle boit en « été quatre pintes d’eau par jour : en hiver, où l’on est obligé de la tenir renfermée , elle en « boit plus de six, ce qui réfute le récit des Arabes, adopté par Buffon, que l’autruche ne boit « poidfc. » (Cuvier.)

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Des peuples entiers ont mérité le nom de stnithophcges par l’usage où ils étaient de manger de rautruche'*, et ces peuples étaient voisins des élépliantophages, qui ne faisaient pas meilleure chère. Apicius prescrit, et avec grande raison, une sauce un peu vive pour cette viande ^ ce qui prouve au moins qu’elle était en usage chez les Romains ; mais nous en avons d’autres preuves. L’empereur Héliogabale fit un jour servir la cervelle de six cents autruches dans un seul repas'’; cet empereur avait, comme on sait, la fantaisie de ne manger chaque jour que d’une seule viande, comme faisans, cochons, poulets, et l’autruche était du nombre**, mais apprêtée sans doute à la manière d’Apicius : encore aujourd’hui les habitants de la Libye, de la Numidie, etc., en nourrissent de privées, dont ils mangent la chair et vendent les plumes®; cependant les chiens ni les chats ne voulurent pas même sentir la chair d’une autruche que Yallisnieri avait disséquée, quoique cette chair fût encore fraîche et vermeille : à la vérité l’autruche était d’une très-grande maigreur/' ; de plus, elle pouvait être vieille; et Léon l’Africain, qui en avait goûté sur les lieux, nous apprend qu’on ne mangeait guère que les jeunes, et même après les avoir engraissées»; le rabbin David Kimbi ajoute qu’on préférait les femelles*®, et peut-être en eût-on fait un mets passable en les soumettant à la castration.

Cadamosto et quelques autres voyageurs disent avoir goûté des œufs d’autruche et ne les avoir point trouvés mauvais; de Drue et Le Maire assurent que dans un seul de ces œufs il y a de quoi nourrir huit hommes *; d’autres qu’il pèse autant que trente œufs de poule»; mais il y a bien loin de là à quinze livres L

On fait avec la coque de ces œufs des espèces de coupes qui durcissent avec le temps, et ressemblent en quelque sorte à de l’ivoire.

Lorsque les Arabes ont tué une autruche ils lui ouvrent la gorge, font une ligature au-dessous du trou, et, la prenant ensuite à trois ou quatre, ils la secouent et la ressassent comme on ressasserait une outre pour la rincer; après quoi, la ligature étant défaite, il sort par le trou fait à la gorge une quantité considérable de mantèque en consistance d’huile figée; on en lire quelquefois jusqu’à vingt livres d’une seule autruche; cette mantèque

a. Strabon, lib. xvi. — Diod. Sic. de Fabul. Antiq. geslis, lib. iv.

b. Apicius, lib. vi, cap. i.

c. Lamp. in vit a Heliogabali.

d. Idem , ibidem.

e. Beloii, Hist. natur. des oiseaux, p. 231. — Marmol, Description de l'Afrique, t. III, page 23.

f. Opéré di Vallisnieri, t. I, page 253.

g. Descript. de L’ A fr., \iy. ix.

h. Gesuer, de Avibus , page 741.

i. Voyage au Sénégal , etc., page 104.

j. Kolbe, Description du cap de Bonne-Espét ance.

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