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Le casoar seul a uns corne ou proéminence osseuse

2. Le touyou de Buffon, c’est-à-dire (voyez la nomenclature ci-dessus) Vautruche d’Amérique, se istingue surtout de l’autruche d’Afrique par ses pieds à trois doigts, tous munis d’ongles.

LE TOÜYOU.

posa aux chiens et s’échappa vers les montagnes “ : dans l’impossibilité de les forcer, les sauvages sont réduits à user d’adresse et à leur tendre des pièges pour les prendre ^ Marcgrave dit qu’ils vivent de chair et de fruits % mais si on les eût mieux observés, on eût reconnu , sans doute, pour laquelle de ces deux sortes de nourriture ils ont un appétit de préférencej au défaut des faits on peut conjecturer que ces oiseaux, ayant le même instinct que celui des autruches et des frugivores, qui est d’avaler des pierres, du fer et autres corps durs**, ils sont aussi frugivores, et que s’ils mangent quelquefois de la chair, c’est, ou parce qu’ils sont pressés par la faim, ou qu’ayant les sens du goût et de l’odorat obtus comme l’autruche, ils avalent indistinctement tout ce qui se présente *.

Nieremberg conte des choses fort étranges au sujet de leur propagation : selon lui, c’est le mâle qui se charge de couver les œufs; pour cela il fait en sorte de rassembler vingt ou trente femelles, afin qu’elles pondent dans un même nid; dès qu’elles ont pondu, il les chasse à grands coups de bec, et vient se poser sur leurs œufs, avec la singulière précaution d’en laisser deux à l’écart qu’il ne couve point; lorsque les autres commencent à éclore, ces deux-là se trouvent gâtés, et le mâle prévoyant ne manque pas d’en casser un, qui attire une multitude de mouches, de scarabées et d’autres insectes dont les petits se nourrissent; lorsque le premier est consommé le couveur entame le second et s’en sert au même usage ® : il est certain que tout cela a pu arriver naturellement; il a pu se faire que des œufs inféconds se soient cassés par accident, qu’ils aient attiré des insectes, lesquels aient servi de pâture aux jeunes touyous; il n’y a que l’intention du père qui soit suspecte ici, car ce sont toujours ces intentions qu’on prête assez légèrement aux bêtes, qui font le roman de l’histoire naturelle.

A l’égard de ce mâle qui se charge, dit-on, de couver à l’exclusion des femelles, je serais fort porté à douter du faif^, et comme peu avéré et comme contraire à l’ordre de la nature : mais ce n’est pas assez d’indiquer une erreur, il faut, autant qu’on peut, en découvrir les causes, qui remontent quelquefois jusqu’à la vérité; je croirais donc volontiers que celle-ci est fondée sur ce qu’on aura trouvé à quelques couveuses des testicules, et peutêtre une apparence de verge comme on en voit à‘ l’autruche femelle, et qu’on se sera cru en droit d’en conclure que c’était autant de mâles.

Wafer dit avoir aperçu dans une terre déserte, au nord de la Plata, vers le trente-quatrième degré de latitude méridionale, une quantité d’œufs do

a. Navigations aux terres australes, p. 20 et 27.

h. Histoire générale des Voyages, t. XIV, p. 316.

c. Marcgrave, Hist. nat. Bras., ubi suprà.

d. Idem, ubi suprà. — Wafer, Suite des Voyages de Dampier, t. IV, p. 308.

e. Nieremberg, Hist nat. Peregr., p. 217.

1. L’autruche d’Amérique se nourrit , comme l’autre , de graines et d’herbes.

î. Le fait est pourtant vrai. C’est le mâle qui couve.

LE TOUYOU.

touyou clans le sable, où, selon lui, ces oiseaux les laissent couver®; si ce fait est vrai , les détails que donne Nieremberg sur l’incubation de ces mêmes œufs ne peuvent l’être que dans un climat moins chaud et plus voisin du pôle ; en effet, les Hollandais trouvèrent aux environs du port Désiré, qui est au quarante-septième degré de latitude, un touyou qui couvait et qu’ils firent envoler, ils comptèrent dix-neuf œufs dans le nid ; c’est ainsi que les autruches ne couvent point ou presque point leurs œufs sous la zone torride, et qu’elles les couvent au cap de Bonne-Espérance, où la chaleur du climat ne serait pas suffisante pour les faire éclore.

Lorsque les jeunes touyous viennent de naître ils sont familiers et suivent la première personne qu’ils rencontrent®; mais, en vieillissant, ils acquièrent de l’expérience et deviennent sauvages*^. Il paraît qu’en général leur chair est assez bonne à manger ®, non cependant celle des vieux qui est dure et de mauvais goût f ; on pourrait perfectionner cette viande en élevant des troupeaux de jeunes touyous, ce qui serait facile, vu les grandes dispositions qu’ils ont à s’apprivoiser, les engraissant et employant tous les moyens qui nous ont réussi à l’égard des dindons, qui viennent également des climats chauds et tempérés du continent de l’Amérique.

Leurs plumes ne sont pas, à beaucoup près, aussi belles que celles de l’autruche Coréal dit même qu’elles ne peuvent servir à rien*; il serait à désirer qu’au lieu de nous parler de leur peu de valeur, les voyageurs nous eussent donné une idée juste de leur structure : on a trop écrit de l’autruche et pas assez du touyou ; pour faire l’histoire de la première, la plus grande difficulté a été de rassembler tous les faits, de comparer tous les exposés, de discuter toutes les opinions, de saisir la vérité égarée dans le labyrinthe des avis divers ou noyée dans l’abondance des paroles ; mais pour parler du touyou, nous avons été souvent obligés de deviner ce qui est d’après ce qui doit être; de commenter un mot échappé par hasard, d’interpréter jusqu’au silence; au défaut du vrai, de nous contenter du vraisemblable; en un mot, de nous résoudre à douter de la plus grande partie des faits principaux et à ignorer presque tout le reste, jusqu’à ce que les

a. Tome IV de la Suite des Voyages de Dampier, p. 308.

b. Voyages des Hollandais aux Indes orientales, t. II , p. 17.

c. « J’ai été suivi moi-même, dit Wafer, par plusieurs de ces jeunes autruches ( il appelle ainsi les touyous), qui sont fort simples et innocentes. » Voyages de Dampier, tome IV, page 308.

d. « Il y a un très-grand nombre d’autruches dans cette île du port Désiré, lesquelles sont fort farouches. » Voyages des Hollandais aux Indes orientales, t. II, p. 17. — « Je vis au port Désiré trois autruches sans pouvoir les approcher assez pour les tirer; dès qu’elles m’aperçurent, elles s’enfuirent. » Navig. aux terres australes, p. 20 et 27.

e. Maregrave, Hist. nat. Bras., p. 190,

f. Wafer, ubi suprà.

g. Hist. des Incas, t. II, p. 276.

h. Voyages de Coréal, t. II, p. 208.

LE TOUYOU.

observations futures nous mettent en état de remplir les lacunes que, faute de mémoires suffisants, nous laissons aujourd’hui dans son histoire'.

LE CASOAR

Les Hollandais sont les premiers qui ont fait voir cet oiseau à l’Eui'upe ; ils le rapportèrent de l’île de Java en 1597, à leur retour du premier voyage qu’ils avaient fait aux Indes orientales les habitants du pays l’appellent eme, dont nous avons fait émeu ; ceux qui l’ont apporté lui ont aussi donné le nom de cassoware’’, que nous prononçons casoar, et que j’ai adopté, parce qu’il n’a jamais été appliqué à aucun autre oiseau; au lieu que celui d’émeu a été appliqué, quoique mal à propos, au touyou , comme nous l’avons vu ci-dessus dans l’histoire de cet oiseau.

Le casoar, sans être aussi grand ni même aussi gros que l’autruche, paraît plus massif aux yeux, parce qu’avec un corps d’un volume presque égal, il a le cou et les pieds moins longs et beaucoup plus gros à proportion, et la partie du corps plus renflée, ce qui lui donne un air plus lourd.

Celui qui a été décrit par MM, de l’Académie des Sciences avait cinq pieds et demi, du bout du bec au bout des ongles® : celui que Clusius a observé était d’un quart plus petit Houtman lui donne une grosseur double

a. Hist. générale des Voyages, t. VIII, p. il2. — Clusius, Exotîc., liL. v, cap. iii, p. 97, édit. fol. 1605, ex Off. Plantin.

b. Bontius. — Frisch, ad tabulam p. 105.

c. Mémoires pour servir à l’histoire des animaux, partie il, p. 157.

d. Ibidem. — Et Clusius, ubi suprà.

1. La plupart des erreurs qui se trouvent dans cette histoire de Vautruche d’Amérique, viennent de ce qu’on y a confondu , presque partout , deux oiseaux très-différents : Vautruche de l’Amérique et le jabiru. (Voyez la nomenclature de la page 229. )

* Struthio casuarius (Linn. ). — Le casoar à casque ou emeu (Cuv. ). — Cassuwaris , nom de cet oiseau en malai. Selon Clusius, eme ou emeu serait son nom particulier à Banda. — « Le casoar a le bec comprimé latéralement , la tête surmontée d’une proéminence osseuse , « recouverte de substance cornée, la peau de la tête et du haut du cou nue, teinte en bleu « céleste et en couleur de feu, avec des caroncules pendantes, de la nature de celles du dindon; « l’aile a quelques tiges raides , sans barbes , qui servent à l’oiseau d’armes pour le combat ; « l’ongle du doigt interne est de beaucoup le plus fort. C’est le plus grand des oiseaux, après « l’autrucbe, dont il diffère assez par l’anatomie; car il a les intestins courts, les cæcums « petits; il manque d’estomac intermédiaire entre le jabot et le gésier... Il mange des fruits, « des œufs , mais point de grains. Il pond des œufs verts en petit nombre , qu’il abandonne, « comme l’autrucbe , à la chaleur naturelle. On le prend dans différentes îles de l’archipeJ « des Indes. » (Cuvier,) — • Ajoutez ici le casoar de la Nouvelle-Hollande {casuarius Novœ- Hollandiæ L^Xh..) : «à bec déprimé, sans casque sur la tète, du nu seulement autour de « l’oreille , le plumage brun , plus fourni , les plumes plus barbues , point de caroncules , ni « d’éperons à l’aile , les ongles des doigts à peu près égaux. Sa chair ressemble à celle du bœuf, a II est plus rapide à la course que le meilleur lévrier. Ses petits sont rayés de brun et de H blanc. » ( Cuvier. )

LE CASOAîl.

de celle du cygne®, et d’autres Hollandais celle d’un mouton : cette variété de mesures, loin de nuire à la vérité, est au contraire la seule chose qui puisse nous donner une connaissance approchée de la véritable grandeur du casoar ; car la taille d’un seul individu n’est point la grandeur de l’espèce, et l’on ne peut se former une idée juste de celle-ci qu’en la considérant comme une quantité variable entre certaines limites; d’où il suit qu’un naturaliste qui aurait comparé avec une bonne critique toutes les dimensions et les descriptions des observateurs, aurait des notions plus exactes et plus sûres de l’espèce que chacun de ces observateurs, qui n’aurait connu que l’individu qu’il aura mesuré et décrit.

Le trait le plus remarquable dans la figure du casoar est cette espèce de casque conique, noir par devant, jaune dans tout le reste, qui s’élève sur le front, depuis la base du bec jusqu’au milieu du sommet de la tête, et quelquefois au delà; ce casque est formé par le renflement des os du crâne en cet endroit, et il est recouvert d’une enveloppe dure, composée de plusieurs couches concentriques, et analogues à la substance de la corne de bœuf; sa forme totale est à peu près celle d’un cône tronqué, qui a trois pouces de haut, un pouce de diamètre à sa base et trois lignes à son sommet. Clusius pensait que ce casque tombait tous les ans avec les plumes lorsque l’oiseau était en mue mais MM. de l’Académie des Sciences ont remarqué, avec raison, que c’était tout au plus l’enveloppe extérieure qui pouvait tomber ainsi, et non le noyau intérieur, qui, comme nous l’avons dit, fait partie des os du crâne, et même ils ajoutent qu’on ne s’est point aperçu de la chute de eette enveloppe à la ménagerie de Yersailles pendant les quatre années que le easoar qu’ils décrivaient y avait passées néanmoins il peut se faire qu’elle tombe en effet, mais en détail, et par une espèce d’exfoliation successive, comme le bec de plusieurs oiseaux, et que cette particularité ait échappé aux gardes de la ménagerie.

L’iris des yeux est d’un jaune de topaze, et la cornée singulièrement petite relativement au globe de l’œiH, ce qui donne à l’animal un regard également farouche et extraordinaire; la paupière inférieure est la plus grande, et celle du dessus est garnie dans sa partie moyenne d’un rang de petits poils noirs, lequel s’arrondit au-dessus de l’œil en manière de sourcil, et forme au casoar ® une sorte de physiononie que la grande ouverture du bec achève de rendre menaçante; les orifices extérieurs des narines sont fort près de la pointe du bec supérieur.

a. Voyage d'Houtman dans le Recueil des voyages de la Compagnie hollandaise aux Indes orientales, année 1596.

b. Clusius, Exoiic., itbi suprà, p. 98.

c. Mémoires pour servir à l’histoire des animaux, partie n, p. 161.

d. Le globe de l’œil avait un pouce et demi de diamètre, le cristallin quatre lignes, et la cornée trois lignes seulement. {Mémoires pour servir à l’histoire des animaux, partie ii, p. 167.)

e. Ibidem, p. 161.

LE CASOAR

Dans le bec, il faut distinguer la charpente du tégument qui la recouvre : cette charpente consiste en trois pièces très-solides, deux desquelles forment le pourtour, et la troisième l’arête supérieure, qui est beaucoup plus relevée que dans l’autruche; toutes les trois sont recouvertes par une membrane qui remplit les entre-deux.

Les mandibules supérieure et inférieure du bec ont leurs bords un peu échancrés vers le bout, et paraissent avoir chacune trois pointes.

La tête et le haut du cou n’ont que quelques petites plumes, ou plutôt quelques poils noirs et clair-semés , en sorte que dans ces endroits la peau paraît à découvert; elle est de différentes couleurs, bleue sur les côtés, d’un violet ardoisé sous la gorge, rouge par derrière en plusieurs places, mais principalement vers le milieu ; et ces places rouges sont un peu plus relevées que le reste par des espèces de rides ou de hachures obliques dont le cou est sillonné; mais il faut avouer qu’il y a variété dans la disposition de ces couleurs.

Les trous des oreilles étaient fort grands dans le casoar décrit par MM. de l’Académie®, fort petits dans celui décrit par Clusius**; mais découverts dans tous deux et environnés, comme les paupières, de petits poils noirs.

Yers le milieu de la partie antérieure du cou, à l’endroit où commencent les grandes plumes, naissent deux barbillons rouges et bleus, arrondis par le bout, que Bontius met dans la figure immédiatement au-dessus du bec, comme dans les poules. Frisch en a représenté quatre, deux plus longs sur les côtés du cou, et deux en devant, plus petits et plus courts; le casque paraît aussi plus large dans sa figure, et approche de la forme d’un turban”. Il y a au Cabinet du Roi une tête qui paraît être celle d’un casoar, et qui porte un tubercule différent du tubercule du casoar ordinaire; c’est au temps et à l’observation à nous apprendre si ces variétés, et celles que nous remarquerons dans la suite, sont constantes ou non; si quelques-unes ne viendraient pas du peu d’exactitude des dessinateurs, ou si elles ne tiendraient pas à la différence du sexe ou à quelque autre circonstance. Frisch prétend avoir reconnu, dans deux casoars empaillés, des variétés qui distinguaient le mâle de la femelle ; mais il ne dit pas quelles sont ces différences.

Le casoar a les ailes encore plus petites que l’autruche , et tout aussi inutiles pour le vol; elles sont armées de piquants et même en plus grand nombre que celles de l’autruche. Clusius en a trouvé quatre à chaque aile, MM. de l’Académie cinq, et on en compte sept bien distincts dans la figure de Frisch, planche 105 : ce sont comme des tuyaux de plumes qui paraissent rouges à leur extrémité et sont creux dans toute leur longueur; ils contiennent dans leur cavité une espèce de moelle semblable à celle des

a. Mémoires pour servir à l’histoire des animaux^ partie ii , p. ICI.

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