Voyez la note de la p. 71 du t. IX
G. T. IX, p. 217, 232 et 261.
7. Et toutefois, dans quel noble et digne langage il nous parle, ici même, du maître de l’esprit humain moderne en philosophie! « Descartes, né pour juger et même pour surpasser « Archimède... (T. IX, p. 217); » et, tout à côté, quelle critique fine de l’allure la plus habituelle, et, si je puis ainsi dire, du tour de génie de ce philosophe! « On doit se délier de « toutes les circonstances, et ne pas se confier assez aux choses qu’on croit savoir pour pro- « norfcer affirmativement sur celles qui nous sont inconnues. » (T. IX, p. 232.) C’est bien là Descartes; j’entends Descartes dans le domaine delà physique: il se confie trop aux choses qu’il croit savoir, et prononce trop affirmativement sur celles qui lui sont inconnues.
On voit par ces traits, que je cite à dessein, que le style de Buffon s’élève en même temps que ses pensées, et que, en tout, il approche de plus en plus de sa grande manjère.
8. Je dis obtenu , parce que je lis dans les proces-verbaux de l’Académie: « Le Roi a approuvé « que M. de Buffon passât de la place d’adjoint mécanicien à celle d’adjoint botaniste, sans tirer « à conséquence pour l’avenir. » (18 mars 1739.)
NOTICE SUR BUFFON
D'un autre côté , favorisé par les circonstances autant que désigné par un mérite de tant d’éclat, il avait vu s’ouvrir devant lui le champ le plus vaste et le plus conforme à son génie.
Tandis qu’il entrait (1735) à l’Académie, la surintendance du Jardin des Plantes, jusqu’alors annexée à la place de premier médecin du Roi, en était détachée, et confiée, sous le titre d’intendance, à Dufay, jeune savant d’un esprit étendu et flexible, célèbre par de belles expériences sur Y électricité , et de qui Fontenelle a dit : « Qu’il était si pleinement « académicien, qu’outre la chimie, qui était la science dont il tirait son « titre particulier, il embrassait encore les cinq autres qui composent « avec elle l’objet total de l’Académie, l’anatomie, la botanique, l’astro- « nomie, la géométrie, la mécanique l. »
L’administration habile de Dufay releva bientôt le Jardin de l’état déplorable où l’avait laissé tomber l’incurie des premiers médecins2.
De cet établissement, qui n’avait été jusque-là qu’un simple jardin de plantes médicinales , auquel on avait joint un droguier , Dufay sut faire le premier asile qu’aient eu les sciences naturelles dans notre patrie.
C’est vers ce temps que nous voyons Buffon tourner plus particulièrement ses pensées du côté de l’histoire naturelle, et passer, comme je l’ai déjà dit, de la classe de mécanique dans celle de botanique, non qu’il eût un goût bien vif pour cette science, « que, disait-il, il avait trois fois apprise et trois fois oubliée, » mais parce que c’était un pas de fait vers des études, dont commençaient à se laisser apercevoir les régions supérieures et l’étendue sans bornes.
Son esprit s’attachait de plus en plus à ce grand avenir, lorsque, en 1759, Dufay, dont il était l’ami3, fut atteint d’une maladie mortelle, et «fit son testament, dont c’était presqu’une partie, dit Fontenelle, « qu’une lettre qu’il écrivit à M. de Maurepas pour lui indiquer celui