Eloge de Dufay
2. « Comme la suriniendance en était attachée à la place de premier médecin, et que ce qui « dépend d’un seul homme dépend aussi de ses goûts, et a une destinée fort changeante, unpre- « mier médecin avait négligé ce Jardin, et heureusement l’avait assez négligé pour le laisser « tomber dans un état où l’on ne pouvait plus le souffrir. » (Fontenelle : Éloge de Fagon.) « 11 « était arrivé précisément la même chose une seconde fois, et par la même raison... » (Fontenelle : Eloge de Dufay.)
3. Amitié dont il conserva toujours le pieux souvenir : « M. Dufay, dont j’honorerai toujours « la mémoire et les talents... » (T. IX, p. 230. )
NOTICE SUE BUFFON
« qu’il croyait le plus propre à lui succéder dans l’intendance du Jardin « royal. Il le prenait dans l’Académie des Sciences, à laquelle il souhai- (i lait que cette place fût toujours unie ; et le chçix de M. de Buffon qu’il « proposait était si bon, que le Roi n’en a pas voulu faire d’autre i. »
A la nouvelle de la nomination de Buffon, le spirituel De Brosses, son compagnon d’enfance, et qui, à ce moment-là, faisait ce voyage d’Italie, dont il nous a laissé de si gracieux souvenirs, écrivait à un ami commun : « Que dites-vous de l’aventure de Buffon ? Je ne sache pas d’avoir eu de « plus grande joie que celle que m’a causée sa bonne fortune. Quand je « songe au plaisir que lui fait ce Jardin du Roi ! Combien nous en avons « parlé ensemble! Combien il le souhaitait, et combien il était peu pro- « bable qu’il l’eût jamais à l’âge qu’avait Dufay 2 3. »
La raison la plus ferme sembla diriger tous les projets de Buffon, dès qu’il se vit en possession de l’intendance du Jardin du Roi : animé d’un vaste dessein, il mit autant de force d’attention à coordonner ses plans que de persévérance et d’énergie à rassembler les matériaux qui lui seraient nécessaires. Sous son inspiration puissante, tout changea d’aspect. Les collections prirent un essor qui ne devait plus s’arrêter. L’herbier que Fagon avait formé des plantes des Alpes et des Pyrénées, celui surtout que Tournefort avait rapporté du Levant, celui de Vaillant, resté classique en ce genre, les anatomies célèbres de Duverney et de Winslow, les coquilles que Louis XIV avait acceptées 3 de Tournefort pour les rendre au Jardin, les -pierres précieuses que Dufay mourant avait léguées, tout cela fut réuni, rangé avec ordre, et, s’il se peut ainsi dire, mis en valeur par cet ordre même : comme le local commençait à manquer, Buffon céda une partie de celui qui lui était destiné ; une gratification lui était allouée, il y renonça et se donna par là le droit de solliciter les secours du Gouvernement.
Ce Cabinet naissant fut ouvert aux hommes d’étude : en même temps le Jardin fut agrandi, planté de nouveau, et tout en en faisant une école