Voyez la note 2 de la page 39 et la note 1 de la page
de gravier, etc. ; mais l’essentiel est demeuré, la forme ancienne se reconnaît encore, et je suis persuadé que tout le monde peut se convaincre par ses yeux de tout ce que nous avons dit à ce sujet, et que quiconque aura bien voulu suivre nos observations et nos preuves, ne doutera pas que la terre n’ait été autrefois sous les eaux de la mer, et que ce ne soient les courants de la mer qui aient donné à la surface de la terre la forme que nous voyons * .
Le mouvement principal des eaux de la mer est, comme nous l’avons dit, d’orient en occident : aussi il nous paraît que la mer a gagné sur les côtes orientales, tant de l’ancien que du nouveau continent, un espace d’environ 500 lieues2. On doit se souvenir des preuves que nous en avons données dans l’article xi, et nous pouvons y ajouter que tous les détroits qui joignent les mers sont dirigés d’orient en occident : le détroit de Magellan, les deux détroits de Frobisher, celui de Hudson, le détroit de l’île de Ceylan, ceux de la mer de Corée et de Kamtschatka ont tous cette direction et paraissent avoir été formés par l’irruption des eaux qui, étant poussées d’orient en occident , se sont ouvert ces passages dans la même direction dans laquelle elles éprouvent aussi un mouvement plus considérable que dans toutes les autres directions; car il y a dans tous ces détroits des marées très-violentes, au lieu que dans ceux qui sont situés sur les côtes occidentales, comme l’est celui de Gibraltar, celui du Sund, etc. , le mouvement des marées est presque insensible.
Les inégalités du fond de la mer changent la direction du mouvement des eaux; elles ont été produites successivement par les sédiments de l’eau et par les matières qu’elle a transportées, soit par son mouvement de flux et de reflux, soit par d’autres mouvements; car nous ne donnons pas pour cause unique de ces inégalités le mouvement du flux et du reflux, nous avons seulement donné cette cause comme la principale et la première, parce qu’elle est la plus constante et qu’elle agit sans interruption; mais on doit aussi admettre comme cause l’action des vents ; ils agissent même à la surface de l’eau avec une tout autre violence que les marées, et l’agitation qu’ils communiquent à la mer est bien plus considérable pour les effets extérieurs; elle s’étend même à des profondeurs considérables, comme on le voit par les matières qui se détachent, par la tempête, du fond des mers , et qui ne sont presque jamais rejetées sur les rivages que dans les temps d’orages.
Nous avons dit qu’entre les tropiques, et même à quelques degrés au delà, il règne continuellement un vent d’est : ce vent, qui contribue au mouvement général de la mer d’orient en occident, est aussi ancien que le flux et le reflux, puisqu’il dépend du cours du soleil et de la raréfaction