‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de CuvierChapitre 13 sur 251 · II · texte numérisé non relu

II

Après avoir exposé la marche des travaux de Buffon, je passe ; l’examen de l’ordre que j’ai suivi pour la distribution des matières, dans cette édition.

Le premier volume contient :

Le Discours sur la manière d'étudier et de traiter V histoire naturelle ;

NOTICE SUR BUFFON

La Théorie de la terre ;

Le système sur la formation des planètes ;

Et Y Histoire générale des animaux.

C’est en écrivant le Discours sur la manière d'étudier l'histoire naturelle que Buffon a fait, si je puis ainsi parler, son noviciat dans cette science ; c’est là qu’il se laisse aller à toutes ses préventions contre la méthode, et fait un reproche à Linné d’avoir placé le zèbre près du cheval; c’est là qu’il parle des plus expérimentés naturalistes, de Gessner, par exemple, avec une légèreté qui avait blessé le digne Malesherbes : « Enfin, quelqu’un a imaginé, et je crois que c’est Gessner1..... »

« Je sens que je ne pourrai jamais, dit, à cette occasion, M. de Malcs- « herbes, rendre aux yeux de ceux qui ne sont pas naturalistes combien « il est singulier que quelqu’un, qui se pique de l’être, dise : Je crois que « c'est Gessner. Que dirait-on d’un homme qui, donnant des réflexions « sur le Théâtre-Français, dirait : « En tel temps il parut une tragédie « intitulée le Cul , qui était, je crois , de Pierre Corneille2. »

C’est là que Buffon veut que l’on classe les animaux d’après leurs rapports, non pas de nature, mais de domesticité, de voisinage avec l’homme, et que, jouant sur le mot suivre, il écrit cette phrase étrange : « Ne vaut-il pas mieux faire suivre le cheval, qui est solipède, par le « chien, qui est fissipède, et qui a coutume de le suivre en effet, que par « un zèbre qui nous est peu connu, et qui n’a peut-être d’autre rapport « avec le cheval que d’être solipède 3? »

Pour ce qui est de la méthode en particulier, le Discours sur la manière d'étudier l'histoire naturelle marque le point de départ de Buffon ; et l’histoire des singes , et plus encore , celle des oiseaux , nous montrent le point jusqu’où s’éleva ce génie si développable et si perfectible.

La théorie de la terre a été le premier coup d’oeil de Buffon , comme je le disais tout à l’heure.

Dans ce premier essai, il avait interverti la marche de la nature ; il avait

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