‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de CuvierChapitre 131 sur 251 · II. — Sur la Jorme des continents · texte numérisé non relu

II. — Sur la Jorme des continents

Voici ce que dit sur la figure des continents l’ingénieux auteur * de l’ Histoire philosophique et politique des deux Indes :

« On croit être sûr aujourd’hui que le nouveau continent n’a pas la moitié de la sur- « face du nôtre-, leur figure, d’ailleurs, offre des ressemblances singulières... Ils « paraissent former comme deux bandes de terre qui partent du pôle arctique , et vont « se terminer au midi, séparées à l’est et à l’ouest par l’océan qui les environne. Quels « que soient et la structure de ces deux bandes, et le balancement ou la symétrie qui « règne dans leur figure, on voit bien que leur équilibre ne dépend pas de leur position :

« c’est l’inconstance de la mer qui fait la solidité de la terre. Pour fixer le globe sur « sa base, il fallait , ce me semble, un élément qui, flottant sans cesse autour de notre « planète, pût contre-balancer par sa pesanteur toutes les autres substances , et par sa « fluidité ramener cet équilibre que le combat et le choc des autres éléments auraient « pu renverser. L’eau, par la mobilité de sa nature et par sa gravité tout ensemble ,

« est inGniment propre à entretenir cette harmonie et ce balancement des parties du « globe autour de son centre...

« Si les eaux qui baignent encore les entrailles du nouvel hémisphère n’en avaient « pas inondé la surface, l’homme y aurait de bonne heure coupé les bois, desséché les « marais, consolidé un sol pâteux... , ouvert une issue aux vents et donné des digues

a. Lettres à un Américain.

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