‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de CuvierChapitre 17 sur 251 · T. III, p · texte numérisé non relu

T. III, p

NOTICE SUR BUFFON

le tableau du renard suit celui du loup : la pétulance est opposée à la timidité ; la ruse à la force ; « ce que le loup ne fait que par la force, dit Buffon, le renard le fait par adresse et réussit plus souvent. »

Il y a là un art qu’il fallait respecter, et que Vicq-d’Azyr avait trèsbien senti.

« Autour de l’homme, à des distances que le goût et le savoir « ont mesurées, il plaça, dit-il, les animaux dont l’homme a fait la « conquête; ceux qui le servent près de ses foyers ou dans les travaux « champêtres; ceux qu’il a subjugués et qui refusent de le servir....1. »

J’ai réuni, dans le troisième volume, toute la suite des animaux quadrupèdes, en y conservant, aux places marquées par Buffon : d’abord, sa distinction fondamentale des Animaux des deux continents , et ensuite ses deux Vues de la nature , où Buffon semble se délasser des détails, en donnant carrière à son style et se rapprochant de l’objet favori de ses méditations, les grands phénomènes de la nature.

Le quatrième volume commence par l'histoire des singes , : ici un ordre rigoureusement méthodique nous montre Buffon devenu tout à fait naturaliste, et classificateur si habile qu’il n’a point été dépassé.

Enfin, avant de quitter ce grand ensemble d’êtres qu’il vient de décrire, il jette un dernier regard sur toutes les causes modificatrices, la nourriture, le temps, le climat, la domesticité, etc., qui altèrent plus ou moins, à la longue, l’organisation et la vie; et, par ce beau discours sur la dégénération des animaux , il termine les quinze premiers volumes de son ouvrage.

A cette époque de sa vie, sentant par ce qu’il avait déjà produit et par ce qu’il méditait de produire encore, toute la puissance de sa pensée, il disait, ému d’un sentiment de bonheur qui l’ennoblissait : « Avec de la « patience et du travail, chaque jour on s’aperçoit du progrès et de la « vigueur de son intelligence. » — « Le plaisir de travailler, disait-il « encore, devient pour moi si grand que j’y consacre quatorze heures pat

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