Voyez la note de la page
ET LES VOLCANS
« position... Ils sont recouverts d’une plus ou moins grande quantité de soufre qui se « sublime dans cette partie de la montagne, et dans celle du bassin qui en est proche.
« Le côté opposé... offre un meilleur terrain... aussi n’y voit-on pas de fourneaux « pareils à ceux dont nous allons parler, et qui se trouvent communément dans la « partie que l’on vient de décrire.
« Dans plusieurs endroits du fond du bassin ,' on voit des ouvertures , des fenêtres « ou des bouches d’où il sort de la fumée, accompagnée d’une chaleur qui brûlerait « vivement les mains , mais qui n’est pas assez grande pour allumer du papier...
« Les endroits voisins donnent une chaleur qui se fait sentir à travers les souliers, et « il s’en exhale une odeur de soufre désagréable... ; si l’on fait entrer dans le terrain un « morceau de bois pointu, il sort aussitôt une vapeur, une fumée pareille à celle qu’ex- « liaient les fentes naturelles...
« Il se sublime, par les ouvertures , du soufre en petite quantité , et un sel connu « sous le nom de sel ammoniac , et qui en a les caractères...
« On trouve, sur plusieurs des pierres qui environnent la solfatare , des filets d’alun « qui y a fleuri naturellement. . . Enfin on retire encore du soufre de la solfatare. . . : cette « substance est contenue dans des pierres de couleur grisâtre , parsemées de parties « brillantes, qui dénotent celles du soufre cristallisées entre celles de la pierre...; et ces « pierres sont aussi quelquefois chargées d’alun...
« En frappant du pied dans le milieu du bassin, on reconnaît aisément que le ter- « rain en est creux en-dessous.
« Si l’on traverse le côté de la montagne le plus garni de fourneaux et qu’on la des- « cende , on trouve des laves, des pierres ponces , des écumes de volcan , etc. ; enfin , « tout ce qui , par comparaison avec les matières que donne aujourd’hui le Vésuve, « peut démontrer que la solfatare a formé la bouche d’un volcan
« Le bassin delà solfatare a souvent changé de forme ; on peut conjecturer qu’il en « prendra encore d’autres, différentes de celle qu’il offre aujourd’hui : ce terrain se « mine et se creuse tous les jours ; il forme maintenant une voûte qui couvre un <■ abîme... ; si cette voûte venait à s’affaisser, il est probable que, se remplissant d’eau, « elle produirait un lac a. »
M. Fougeroux de Bondaroy a aussi fait plusieurs observations sur les solfatares de quelques autres endroits de l’Italie.
« J’ai été, dit-il, jusqu’à la source d’un ruisseau que l’on passe entre Rome et Tivoli, « et dont l’eau a une forte odeur de foie de soufre... ; elle forme deux petits lacs « d’environ 40 toises dans leur plus grande étendue
« L’un de ces lacs, suivant la corde que nous avons été obligé de filer, a, en certains
« endroits , jusqu’à 60, 70 ou 80 brasses On voit sur ces eaux plusieurs petites îles
« flottantes qui changent quelquefois de place...; elles sont produites par des plantes « réduites en une espèce de tourbe, sur lesquelles les eaux, quoique corrosives, n’ont « plus de prise
« J’ai trouvé la chaleur de ces eaux de 20 degrés, tandis que le thermomètre à l’air libre « était à 18 degrés; ainsi les observations que nous avons faites n’indiquent qu’une « très-faible chaleur dans ces eaux... ; elles exhalent une odeur fort désagréable... ; et « cette vapeur change la couleur des végétaux et celle du cuivre h. »
« La solfatare de Viterbe, dit M. l’abbé Mazéas, n’a une embouchure que de trqis à « quatre pieds; ses eaux bouillonnent et exhalent une odeur de foie de soufre et pétri- « fient aussi leurs canaux, comme celles de Tivoli... ; leur chaleur est au degré de l’eau
a. Mémoires de l’ Académie des Sciences, année 1765, p. 267 jusqu’à 283.
b. Mémoires de l’Académie des Sciences , année 1770 , p. 1 jusqu’à 7.
ADDITIONS SUR LES TREMBLEMENTS DE TERRE
« bouillante, quelquefois au-dessous...; des tourbillons de fumée qui s’en élèvent « quelquefois annoncent une chaleur plus grande ; et néanmoins le fond du bassin est « tapissé des mêmes plantes qui croissent au fond des lacs et des marais ; ces eaux « produisent du vitriol dans les terrains ferrugineux, etc. a.
« Dans plusieurs montagnes de l’Apennin, et principalement dans celles qui sont sur le « chemin de Bologne à Florence, on trouve des feux, ou simplement des vapeurs, qui « n’ont besoin que de l’approche d’une Ranime pour brûler elles-mêmes....
« Les feux de la montagne Cénida, proche Pietramala, sont placés à différentes « hauteurs de la montagne , sur laquelle on compte quatre bouches à feu qui jettent « des flammes... : un de ces feux est dans un espace circulaire entouré de buttes... ; la « terre y paraît brûlée, et les pierres sont plus noires que celles des environs; il en « sort çà et là une flamme bleue, vive, ardente, claire, qui s’élève à 3 ou 4 pieds de « hauteur... ; mais, au delà de l’espace circulaire, on ne voit aucun feu, quoique à plus « de 60 pieds du centre des flammes , on s’aperçoive encore de la chaleur que conserve <> le terrain
« Le long d’une fente ou crevasse voisine du feu, on entend un bruit sourd comme « serait celui d’un vent qui traverserait un souterrain... ; près de ce lieu, on trouve » deux sources d’eaux chaudes... Ce terrain , dans lequel le feu existe depuis du temps,
« n’est ni enfoncé ni relevé...; on ne voit près du foyer aucune pierre de volcan, ni « rien qui puisse annoncer que ce feu ait jeté ; cependant des monticules près de cet « endroit rassemblent tout ce qui peut prouver qu’ils ont été anciennement formés « ou au moins changés par les volcans... En 1767, on ressentit même des secousses « de tremblement de terre dans les environs, sans que le feu changeât, ni qu’il donnât « plus ou moins de fumée
« Environ à dix lieues de Modène , dans un endroit appelé Barigazzo , il y a encore « cinq ou six bouches où paraissent des flammes dans certains temps qui s’éteignent « par un vent violent : il y a aussi des vapeurs qui demandent l’approche d’un corps
« enflammé pour prendre feu Mais, malgré les restes non équivoques d’anciens vol-
« cans éteints , qui subsistent dans la plupart de ces montagnes , les feux qui s’y voient « aujourd’hui ne sont point de nouveaux volcans qui s’y forment, puisque ces feux ne « jettent aucune substance de volcans b. »
Les eaux thermales ’, ainsi que les fontaines de pétrole et des autres bitumes et huiles terrestres , doivent être regardées comme une autre nuance entre les volcans éteints et les volcans en action : lorsque les feux souterrains se trouvent voisins d’une mine de charbon , ils la mettent en distillation , et c’est là l’origine de la plupart des sources de bitume; ils causent de même la chaleur des eaux thermales qui coulent dans leur voisinage ; mais ces feux souterrains brûlent tranquillement aujourd’hui ; on ne reconnaît leurs anciennes explosions que par les matières qu’ils ont autrefois rejetées : ils ont cessé d’agir lorsque les mers s’en sont éloignées; et je ne crois pas, comme je l’ai dit, qu’on ait jamais à craindre le retour de ces funestes explosions , puisqu’il y a toute raison de penser que la mer se retirera toujours de plus en plus 4.
a. Mémoires des Savants étrangers, t. V, p. 325.
b. Mémoire sur le pétrole, par M. Fougeroux de Bondaioy, dans ceux de l’Académie des Sciences , année 1770 , p. 45 et suiv.
1. Les eaux thermales doivent, en effet, leur température aux feux souterrains. Cette température croit à mesure que l'on descend. (Voyez mes notes sur les Époques de la nature).